‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 138 sur 343 · JL -- · texte numérisé non relu

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FIg. It. — Tracé n* I. Fi6vre tranmatique limplo.

Au contraire, une plaie cavitaire crée une voie 6 l'absorption du principe infecUoux, soit (tans un milieu de culture absolument riche en germes p;rogènes (bouche, tube intestinal, rectum, etc.), soit dans un milieu de culture qui n'attend que les germes de l'air pour les Taire pulluler (vessie, péritoine, etc.); en tout cas, la fermeutalion putride est en puissance, sinon en Bctiritëi l'infection complète est brusque, presque instantanée ; elle débute et se parfait avec la blessure, à peu près comme la fièvre.

Ce n'est pas là une simplo vue de l'esprit; c'est UQ fait clinique dont on peut rournir la preuve, au moins par analogie. La fièvre cavitaire et la fièvre d'inoculation consécutive à toute plaie inlëreasant un Tayer pathologique suppurant et exposé à l'air ont une marche identique. Si les même» causes produisent les mè' mes effets, il est juste d'admettre que des elTels identiques doivent invoquer les mAmes causes c'est la de la logique toute pure. Or la Rèvri d'inoculation a des origines nettes et précises elle survient toutes les fois que l'opération rem plit les conditions d'une injection eipérimenlale de matière septique, c'est-à-dire toutes les fois qu'il y a blessure d'un fojer pathologique septique et par conséquent en communication avec l'air atmosphérique, qui y apporte ses germes putrides ; elle survii^nt encore dans le cas de blessure faite sur une partie saine avec un instrument chargé de matières ou de germes septique'.

Si donc la lièvre caviiaire el la fièvre d'inocu-

Kg. SS. — Tracé n* 11. Fièvre dluocalaùoD.

33) est celui d'un malade chei lequel on a fait le débridement de trajets Bstuleux, bien positivement putrides par conséquent; l'autre, te tracé

n* 1(1, (flg. 34J est celui d'uD homme ayant subi

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Fig. 36. — Tricô n* III, Fiàvro civ>Ulr«.

lu réfection du maxillaire supérieur pour une tumeur à myéloplaxes.Oo voit qu'entre les deux l'analogie est évidente.

L'ucle opératoire a clé elTectuô dans les deux cas sur Ai a surfaces recouvertes de poison septique; dans les deux cas, il y a eu intoxication ou moment même et par le fait même des iacisions ; dans les deux cas, il y a eu le soir méma

LA HËVRE TRAUMATIQUB OU FIËVRE PRIMITIVE DES BLESSÉS.

de l'opération, c'est-à-dire cinq ou six heures après, une ascension tbermométrique de deux degrés; et les précautions antiseptiques rigoureuses qui ont été prises ont seules empêché la continuation de l'intoxication et de la fièvre. Et, sH avait été possible d'opérer la désinfection préalable et complète du foyer opératoire, on peut affirmer sans crainte d'erreur que la fièvre eût été nulle. Cette désinfection préalable, quelque désirable qu'elle soit, est toujours difficile à obtenir; on y arrive cependant dans certains cas, et alors la fièvre cavitaire manque, et, si la désinfection est continuée, la fièvre trmnmatique fait aussi défaut. En effet dans les plaies cavitaires on observe à la fois d'abord une fièvre d'inoculation qui se traduit par l'élévation brusque delà température, puis une fièvre traumatique simple, qui, née à son heure habituelle, continue sans interruption la fièvre primitive.

On objectera peut->étre que la fièvre cavitaire est une fièvre inflammatoire résultant de la phiegmasie des muqueuses intéressées par le traumatisme opératoire? La réponse est facile : les signes physiques et les symptômes de celle prétendue phiegmasie n'existent pas ; et, quand par hasard ils existent, la fièvre prend une allure spéciale ; elle est moins précoce et atteint moint vivement son maximum.

Les preuves à l'appui de la théorie sepliccffllque de la fièvre traumatique sont d'ailleurs nombreuses et répondent catégoriquement à toutes les objections. Voici d'abord les ohjectiona et les réponses à y opposer.

Dire avec Rochard, ChaufTard, etc., que pour voir an empoisonnement dans la fièvre traumatique il faut faire abstraction de toutes les lois de la pathologie, est une faible défense. Quand nn« loi pathologique est devenue mauvaise par le développement de la science, on l'amende ou bien on l'abroge sans qu'il en résulte ancun cataclysme. — Famechon et Terrier prétendent tirer un argument vainqueur de ce que la réaction fébrilOy bien que plus légère, suit les traumatismes sous-cutanés et se développe avec les pansements antiseptiques. Mais ces auteurs, en convenant eux-mêmes que la fièvre est plus légère, avouent implicitement leur défaite. La fièvre inflammatoire qui suit quelquefois, non toujours, les plaies sous-cutanées irritées et les plaies pansées incomplètement ou trop tardivement par /a méthode antiseptique, n'est en

effet pas septicémique, aussi est-elle moins vive.

Voyei du reste une plaie d'amputation rigou-

leusement et heureusement pansée avec le

taoseineiil Lister; elle n'est ni enflammée ni

seplique; la fièvre est nulle. Un tel résultat est, en vérité, rare pour une plaie d'ampiltation traitée sous le Lister par la réunion immédiate; mais voyez une plaie d'amputation du sein traitée sans réunion par le pansement antiseptique ouvert de Verneuil : si le pansement est rigoureux, la fièvre sera nulle ; je l'ai quant à moi observé maintes fois et je crois pouvoir affirmer que l'argument tiré de l'existence de la fièvre sous les pansements antiseptiques n'est soutenable que par les partisans quand même de la réunion immédiate.

Terrier (I) objecte encore que les plaies faites avec des caustiques déterminent une fièvre intense et qu'il est difficile d'admettre dans ces conditions une résorption de matières scptiques, surtout quand le caustique se combine chiniquement avec les tisssus organisés. Je serai le dernier à refuser aux caustiques, surtout au fer rouge, une véritable action antiseptique sur les plaies qu'ils produisent, je considère au contraire la diérèse au fer rouge comme une méthode préventive de la septicémie; mais est-il bien juste d'affirmer que l'élimination des eschares s'accompagne toujours d'une fièvre traumatique intense? Je ne voudrais pas me borner à opposer une négation à une affirmation ; je n'ai pourtant jamais rien vu de semblable, et j'ai même entre les mains plusieurs observations d'opérations pratiquées au thermo-cautère dans des cavités, sans application consécutive de pansements antiseptiques, où la fièvre a toujours été absolument nulle. J'admets cependant la possibilité de cette fièvre intense que Terrier a sans aucun doute observée alors que l'élimination d'une eschare profonde s'accom- "pagne d'une vive réaction inflammatoire; mais cette réaction même n'était-elle pas comme la signature de la nature.de la fièvre, dans le cas spécial dont il s'agit?

En somme, l'accord se ferait, je creis, sans difficulté entre les partisans et les adversaires de la théorie septicémique de la fièvre traumatique si les uns et les autres voulaient bien ne pas considérer toute fièvre, atteignant un blessé récent, comme relevant d'une seule et unique cause, et distinguer entre la fièvre inflammatoire et la fièvre traumatique proprement dite. Nier l'une ou l'autre, c'est vouloir également nier l'évidence. La fièvre inflammatoire a des signes locaux et une marche propre. La fièvre traumatique septique n'a pas les mêmes signes,

(1) Terrier, Manuel de pathologie c/drurgicale, Paris, 1877.

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