‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 157 sur 343 · III. — Doctrine miasmatliiae · texte numérisé non relu

III. — Doctrine miasmatliiae

Les partisans de cette doctrine considèrent l'intoxication pyohémique comme d'origine miasmatique. Ils comparent la pyohémie à une fièvre infectieuse, telle que le typhus ou la

(1) Chauvel, art. Septigâmib in Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales; 8"« série, tome VIfl, 2«nc partie, p. 776.

DOCTRIiNES RELATIVES A LINPECTION OU DOCTRINES TOXÉMIQUËS.

sorption du pus altéré, putréfié ou intoxiqué par UQ contact prolongé avec Tair, chargé de ferments, fait naître les intoxications purulentes composées ou pyohémies.

Pour M. J. Guérin,la fièfre traumatique n'était donc pas une septicémie ; mais la pyohémie en était une engendrée par Faction combinée des ferments atmosphériques et des ferments de l'organisme, c'est-à-dire « des différents états héréditaires ou acquis de diathèse, de cachexie, etc. M

M. J. Guérîn insista sur ce point, qu'il n'admettait aucune interruption dans l'absorption des liquides de la plaie, et qu'il ne faisait dépendre les accidents variables que des altérations également variables de ces liquides et de rétat pathologique antérieur de l'organisme absorbant. J'ai exposé plus haut les idées de M. J. Guérin sur l'absorption du pus ; je n'y reviendrai pas. L'Académie resta d'ailleurs asset indifférente devant la longue exposition de M. J. Guérin, qui rappelait en somme presque point pour point la théorie de Billroth et celle de Hueter.

Chauffard, au contraire, eut le talent de captiver l'attention, rachetant par le charme de sa parole la longueur et le mal fondé de sti réfutation à la théorie éditée par M. Verneuil. Celte réfutation était basée sur les points suivants. Quant à la fièvre traumatique. Chauffard (i) (i87i) protestait que la clinique lui ayant jusqu'à ce jour redise des earactères infectieux, rexpérimentation devait rester impuissante à lui attribuer ces caractères. Que l'injection brutale de substance putride dans les veines d'un chien l'empoisonne et provoque en même temps de la fièvre, c'est possible; mais on n'est nullement pour cela autorisé à conclure à l'origine toxémique de la fièvre traumatique. La fièvre traumatique, clinique* ment et thermométriquement, n'a d'autre analogue que la fièvre éphémère I Elle n'est pas constante ; or toutes les plaies sécrètent des liquides putréfiables et tous les chiens injectés sont atteints de fièvres. D'ailleurs l'absorption par les plaies est constante et uniforme, et il répugne d'admettre la variabilité dans la production du poison. On peut d'ailleurs aussi bien soutenir que les matières dites pyrogènes et la sepsine, loin d*étre cause de la combus t i fébrile, en sont le résultat et le témoignage,et proviennent de la désassimilation des tissus.

(1) Chauffard, Bulletin de l'Académie de médecine, juillet 1871.

Ëncycl. de chirurgie.

Quant à la pyohémie, les mêmes objections s'opposent à ce qu'on la considère comme d'origine toxémique et comme une simple conyilication de la prétendue septicémie. Si l'absorption des liquides altérés ou putréfiés de la plaie est incapable d'engendrer la fièvre traumatique ou la septicémie aiguë, si par conséquent la septicémie aiguë n'existe pas, la pyohémie ne saurait être regardée comme une septicémie embolique. A rencontre de M. Verneuil, Chauffard voyait dans la pyohémie une maladie à contours nets, à évolution précise, commençant par le frisson et se terminant par la mort avec abcès viscéraux.

Nous avons vu plus haut quelle doctrine Chauffard essaya de substituer à la théorie septi*^ cémique. Il est vrai d'ailleurs que cette dernière théorie se trouvait fort peu ébranlée par ses attaques. 11 n'est guère possible en effet de faire aussi bon marché de l'analogie, pour ne pas dire de l'identité, existant entre les animaux injectés avec des liquides putrides et les blessés porteurs d'une plaie absorbante et baignée de liquides putrides. Quant à l'argument de l'inconstance de la fièvre traumatique et de la constance de l'absorption par la plaie; s'il est juste de dire que toutes les plaies sécrètent des liquides putréfiables, c'est une pétition de principes que d'en induire que ces liquides se putréfient toujours. N'est-ce pas en effet en empêchant cette putréfaction que les procédés de la méthode antiseptique réussissent à prévenir ou à modérer la fièvre traumatique ? En outre, cet argument tiendrait tout au plus à prouver que la plaie doit être dans certaines conditions pour absorber le poison septique. Si quelques esprits furent d'ailleurs séduits par l'argumentation de Chauffard et hésitèrent à se convertir à la théorie nouvelle, M. Gosselin (i) (i871) vint dissiper leurs doutes en leur montrant les résultats thérapeutiques des pansements antiseptiques, et réduisit par là l'argumentation de Chauffard à la valeur d'une opposition sentimentale.

Cependant M. Hayem (2) (1874), sans nier la nature infectieuse et septique de la pyohémie^ combattit en partie la théorie de M. VerneuiL n se refusa à voir, dans les observations d'infection purulente sans abcès métastatlques à lautopsie, une preuve de la non-entité morbide

(1) Godselin, Bulletin de tAeadémie âe médêûtnef 16 aoàt 1871.

(2) Htyem, Des EmMies eûpUUdtH dam la pyoké» mie {Gazette hebdomadaire 9 Juin 1871, n' 19, p. !t91

et suiv.).

MAURICE JEANNELu — DE LA PYOHËMIE.

Page 1