‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 167 sur 343 · HISTOIRE DE LA POURRITURE D'HOPITAL · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA POURRITURE D'HOPITAL

Riberi croit à la propagation par le contact et décrit les propriétés très virulentes du contage qu'il identifie avec les produits d'où naissent la fièvre nosocomiale, le typhus et môme le scorbut.

Siedmogrodzki et Allé concluent d'après leur expérience et leur pratique dans de grands hôpitaux à la propagation par l'entremise de l'air.

Enfin Ollîvier et après lui Robert sont les premiers qui désignent ouvertement et catégoriquement la pourriture d'hôpital sous le nom de diphthérite des plaies. Robert (1) décrit trois variétés de diphthérite des plaies : i** La diphthérite simple ; 2® la diphthérite pulpeuse ou gangreneuse; 3® la diphthérite ulcéreuse. La première naît d'ordinaire par la viciation de l'air et rarement par contagion; les deux autres au contraire sont éminemment contagieuses.

D'ailleurs entre la diphthérie buccale et la diphthérite des plaies, OUivier et Robert reconnaissent une analogie, mais non pas une identité.

En 4851, Pitha (2) publia un mémoire très étudié où il assimila la pourriture d'hôpital, qu'il qualifie de processus d'exsudation diphthéritique*phagédénique| à une espèce de choléra des ^es. En réalité c'est plulôt la singularité delà théorie et l'habileté avec laquelle elle fut soutenue, qui firent le succès du mémoire ; car c'était là en somme tout ce que Pitha ajoutait à la monographie de Delpech.

Quelques années plus tard, Marmy (1857) (3) revient sur la comparaison à établir entre le typhus et la pourriture d'hôpital insistant sur le caractère et les allures épidémiques de la maladie.

Groh (1858) (4) voit plutôt du phagédénisme que de la gangrène dans la pourriture*

Maupin et surtout Salleron (1859) (5) publient

(1) Robert, Considérations nouvelles sur Véliologie et le traitement de la diphthérite des plaies {Bulletin de thérapeutique et Gazette des hôpitaux, 1847). — Voj. aussi Heine, Handbuchy etc., oCi cet historique est si complet.

()) Franx Ritter von Pitha, Beitrage zur Beleuchtung der Hospitalàrandes {Prager Vierteljahrschrift, fmrprakt. Heilkunde, 1851. B. II).

{%) Mamiy, Étude clinique sur la pourriture cthôpit^leu typhus des plaies (Gazette médicale de Strasbourg, 1857, n«« 2, a. S, 6).

(4) Groh, Wiener med. Wochenschrift, 1858, N' 85, ^. 96.

(5) Silleron, Mémoire sur remploi du perchlorure ^ fer dans le traitement de la pourriture d'hôpital (leoiejj de mémoires de médecine et de chv*urgie miiitetre, 1859, t. U, 3* série).

Encjrd. de chirurgie.

des travaux de valeur surtout consacrés à la thérapeutique.

Boussuge (1860) (1) revient sur l'idée de Rodert et rapproche la pourriture d'hôpital de la diphthérie buccale.

Demme, (1863) (2) adopte les idées de Pitha sur la nature diphlhéritique de la maladie qu'il considère comme à la fois épidémique et con* tagieuse.

Plusieurs mémoires, d'un intérêt médiocre» sont consacrés à cette question. Kônig (1872) (3) publie une courte revue de tous ces travaux. Mais en réalité aucun ouvrage important et capable de faire école, n'avait paru depuis Delpech jusqu'en 1874, époque à laquelle le Compendium de Pitha et BiUroth publia le travail de Heine qui présenta la question sur un jour nouveau et se fît le champion de la doctrine diphthériti«> que.

Peu après d'ailleurs parurent encore quatre travaux considérables sur le môme siget; la thèse de Wolff (4), un mémoire de Nussbaum (5)| une revue de P. Berger (6), en 1875, enfini en 1880, l'article de J. Rochard (7).

Tels sont les principaux mémoires consacrés à la pourriture d'hôpital.

Je ne prétends nullement n'en avoir omis au* cun, mais j'ai cité les plus importants et je m'en suis tenu à dessein à ceux qui marquaient un progrès dans la connaissance de la maladie.

En somme il faut reconnaître trois phases ou trois doctrines dans l'histoire de la pourriture d'hôpital. Une phase d'enfantement où les chirurgiens la différencient de la gangrène véritable, mais ne sont cependant pas éloignés de la considérer comme une variété de gangrène. Une deuxième phase où la maladie est recon-

(1) Boussuge, De la diphthérotde ou de Vinflammation ulcéro' membraneuse considérée à la bouche, à^ la vulve^ à la peau, sur les plaies (Thèse do Paris, isiso, n* 184).

(2) Demme, Militarchirurgische Studien, Wurzburg, 1863, s. 180.

(3) F. Kônig, Sammlung Klinischer Vortiâge^ von R, Volkmann, 1872.

(4) E. Woff, Recherches sur la pourriture d'hâpitai (Thèse de Paris, 1875).

(5) V. Nussbaum, Eine Mittheilung ûber den Bospi" talbrand {Langenbevk*s Archiv. fur Kliniiche Chirurgie, vol. XVIII, fasc. 4, s. 706.

(6) P. Berger, La pourriture (Thôpital, Revue géniraie (Revue des sciences médicales, 1875, 15 octobre^ p. 613).

(7) J. Rochard, art. Pocrriturb t'ûàfrrhh du Diction^ naire de médecine et de chirurgie pratiques, t. XXIX,p. 481. 1880.

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