‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 168 sur 343 · MAURICE JEANNEL. — DK LA POURRITURE D'HOPITAL · texte numérisé non relu

MAURICE JEANNEL. — DK LA POURRITURE D'HOPITAL

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nue comme entité morbide, avec ses caractères épidémiques et contagieux. Enfin une troisième phase où certains chirurgiens s'efforcent d'identifier la pourriture à la diphthérie.

Ëtiologie.

J'ai déjà signalé le rôle de l'encombrement surtout dans les hôpitaux malsains. La pourriture d'hôpital est en effet l'hôte des ambulances surchargées de blessés et des hôpitaux mal construits. En temps de guerre, elle naît partout où des blessés sont accumulés, môme sous latente, surtout si la disette de linge et de chirurgiens oblige à pratiquer des pansements rares et insuffisants. Elle rayonne alors et se propage, grâce aux évacuations, dans tous les hôpitaux, môme les plus sains, qui reçoivent des blessés déjà atteints. Donc la pourriture a besoin de certaines conditions de milieu pour naître, mais ces conditions ne sont pas indispensables à sa propagation. En temps de paix, elle habitait autrefois certains hôpitaux et en particulier certaines salles et même certaines rangées de lits dans la même salle. Dans l'ancien Dôtel-Dieu de Paris, la grande salle de chirurgie possédait, du temps de Percy, un certain nombre de lits placés dans un coin obscur, contre un mur humide où les malheureux qui y étaient couchés, étaient sûrs de la trouver.

L'influence des conditions morales et bygiéniques et celle des pansements est évidente. A Strasbourg, en 4870, je l'ai vue naître à Tanibulancedu chdteau, non pas pendant la durée du siège époque à laquelle nos blessés recevaient des soins suffisants et dévoués, mais juste à l'époque de la capitulation alors que le désarroi des services eut un retentissement inévitable sur rhygiène des blessés et la régularité de leurs pansements.

Je note qu'à cette époque les maladies régnantes étaient la variole et la fièvre typhoïde et non pas la diphihérie.

La pourriture d'hôpital s'observe sous tous les climats et à toutes les températures ; on Ta vue à Metz, en 4 81 3-1 4, pendant l'hiver; en Andalousie, en 1810, pendantTcté. Elle peut envahir les plaies les plus minimes, telle qu'une piqûre d'épingle, et les plaies les plus vastes, telles que celles que déterminent les gros éclats d'obus.

Un fait important c'est qu'elle exige toujours un traumatisme récent et qu'une membrane granuleuse bien organisée constitue un rempart qu'elle ne saurait abattre ni franchir. Le fait de Dussaussoy est à cet égard très instructif. Cher-

chant à inoculer la pourriture, dans un but thérapeutique, sur un cancer ulcéré, il avait pansé la plaie pendant plusieurs jours avec de lacha^ pie imbibée de sanie putrilagineuse ; il n'obtint rien. Il fit alors saigner l'ulcère en le blessant avec un bistouri, et appliqua le même pansement; il réussit alors au delà même de ses vœux. C'est assez dire que la maladie ne saurait envahir une muqueuse ou une peau intactes, malgré l'opinion de Delpech| Pitha et Fischer; s'il en est ainsi, si la membrane granuleuse, Tépithélium et l'épiderme ne se laissent pas pénétrer par les virus de la pourriture, on conçoit qoe la nature contagieuse de cette maladie ait été contestée par des chirurgiens de haut mérilo tels que Hautson, Richerand,et surtout Peicyet Willaumé et encore par Hirch, Pitha, Bourot el Marmy. Cependant, et sans parler des expériences d'inoculations à la lancette faites avec succès par Ollivier sur lui-même, les allures et le mode de propagation de la pourriture d'hôpital en démontrent jusqu'à l'évidence la conta* gion. Apportée dans une salle par un blessé, elle se répand bientôt soit en marchant de lit en lit, soit par des contacts médiats ou imnié* diats. Au surplus, la science moderne ne lait plus la différence que l'on faisait naguère entre les maladies contagieuses et les maladies éfi* dermiques. Elle reconnaît bien des maladies contagieuses non épidermiques, c'est-à-dire qui ne se propagent que par l'inoculation, ainsi la vaccine et la syphilis, mais elle ne connaît plus de maladies épidermiques qui ne soient pas contagieuses. Or, si les expériences d'inoculation de Dussausoy, et d'OUivier ont démontré la propriété contagieuse de la pourriture d'hôpital, il n'est personne qui puisse en contester le carac' tère épidermique. Les faits sont là, nombrens et indiscutables, pour prouver que le contage peut être transporté par l'air, l'eau, le linge, les rideaux, etc.

Quant à la nature du contage, tout porte à croire que c'est un microbe ; mais il n'a pas été fait d'expérience probante d'isolement paf le procédé des cultures et ce n'est que par ana* logie que Ton peut légitimer cette conclusior* Mais c'est un terrain absolument inculte sur lequel je ne veux pas m'engager. Qu'il suffire de constater que la chirurgie antiseptique et l'hygiène hospitalière, cette branche capitale de la chirurgie antiseptique sont des armes égale* ment bonnes contre la pourriture d'hôpital et contre la septicémie et la pyohômie.

D'ailleurs, dans la pourriture d'hôpital, il faati comme nous allons le voir, distinguer Tagei^t

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