‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 173 sur 343 · HYDROPHOBIE ET RAGE · texte numérisé non relu

HYDROPHOBIE ET RAGE

L*hydrôphobie est une maladie générale qui se manireste principalement par des troubles profonds du système nerveux.

Le terme hydrophobie (C^op, eau et 9060c, crainte) signifie peur de Veau et a été suggéré par Timpossibilité d'avaler des liquides qui constitue un des traits les plus marqués et les plus saillants de la maladie chez l'homme. On a objecté à cette dénomination que le symptôme si frappant qu'elle indique peut exceptionnellement manquer et quHl peut aussi exceptionnellement se présenter dans d'autres affections ; aussi lui a-t-on quelquefois substitué Texpression rage qui est employée pour désigner l'affection correspondante chez les animaux. Je crois préférable cependant de garder quant à présent le terme hydi*ophobie comme étant celui sous lequel la maladie est le plus généralement connue.

Ganses de FHydrophobie.

n est permis d'avancer que la cause première ou déterminante de l'hydrophobie est l'inoculatioD dans l'organisme d'un poison spécifique qui se développe ou qui tout au moins est contenu dans la salive et dans les sécrétions de la muqueuse buccale de l'animal enragé, ses dents et peut-être ses lèvres ou sa langue servant d'introducteur au virus. Pour que l'inoculation

(1) Traduit par M. Hillemand.

s'effectue il n'est pas nécessaire qu'il y ait eu morsure, l'existence d'une surface dénudée suffit. L'hydrophobie résulte probablement de l'action de ce poison particulier sur les centres respiratoires du système nerveux, entraînant une irritabilité morbide de la moelle allongée et de la huitième paire nerveuse de la classification de WiUis.

La rage prend naissance spontanément chez certains animaux, le chien, le loup, le renard, le putois, le chacal, le chat et le blaireau ; elle ne prend pas naissance spontanément chez l'homme et il n'est pas même certain qu'elle puisse se transmettre d'un homme à un autre. Toutefois, les animaux chez lesquels le virus ne se développe pas primitivement sont susceptibles de contracter l'hydrophobie et probablement de la communiquer une fois contagionnés. Magendie a inoculé deux chiens avec la salive d'un homme hydrophobe; un de ces chiens tomba malade et eu mordit deux autres dont l'un tomba malade aussi et mourut. La maladie a été également provoquée chez des chiens en leur inoculant la salive de chevaux et d'ftnes enragés, et on a cité des cas d'hommes devenus hydrophobes à la suite de morsures de chevaux ou de pourceaux enragés. Des lapins et d'autres animaux de même espèce, des poules, ont succombé rapidement à l'inoculation, sans présenter les symptômes ordinaires de la rage.

On sait depuis longtemps que beaucoup de

WILUAM S. FORDES. - HVDROPHOBÎE ET RAGE.

personnes mordues par des animaux enragés ne contractent pas Thydrophobic, et cela tient probablement à ce que les dents se dépouillent du virus q;:*elles portent en pénétrant à travers les vêtements. A ce point de vue, les morsures des loups enragés sont beaucoup plus dangereuses que celles des chiens enragés, ce qui est vraisemblablement explicable par ce fait que les loups attaquent généralement les parties du corps qui sont à découvert, tandis que les chiens saisissent plutôt avec leurs dents les parties vêtues. Sir Thomas Watson écrit que sur 114 personnes mordues par des loups enragés, 67 moururent d'hydrophobie.

H. Bouley (1) donne le tableau suivant tiré d'un rapport présenté par le Comité consultatif d'hygiène publique en France :

« 1* Il résulte des documents recueillis par l'enquèto, do 1863 à 1868, que dans les 49 départements où la rage a été dénoncée par 108 rapports, 330 personnes ont été mordues par des animaux enragés.

Ces 320 cas de morsures le répartissent ainsi :

En 1863..

49 p«rtonnes mordues dans 18 départements. M — îi

Total. . 3iO porionnes mordues dans lu7 départements.

Ce chiffre quoique énorme est bien au-dessous de la réalité si on songe qu'il y a des déparlements où la maladie est très commune et n*est le sujet d aucune communication.

tt 2* Sur les 330 personnes mordues pendant les six années de Tenquôte, les morsures ont donné lieu à des accidents rabiques dans 139 cas, qui se répartissent (le la manière suivante :

Eu 1803...

en 8

de rage

sur

personnes mordues.

IKCS...

Total. .

ii;>

ras

de

raee

sur

3fUi

[>er9onnes mordues.

« D'où il résulte que la mortalité consécutive aux morsures infligées par des animaux enragés a été dans la proportion de 40,31 p. 100.

u 3* Sur les 320 personnes mordues, les morsures n'ont pas été suivies d'accidents rabiques dans 123 cas connus et spéciflés dans les documents de Tenquète.

(1) Bouley, Rapport sur des cas de rage observés en France pendant les années 1863 à 1868 (Reetieil des travaux du comité consultatif d'hygvhne publique de France, Paris, 1872^ tome I, p. 427).

En 1863...

a Ces 123 cas se répartissent de la minière iu<

vante :

30 cas d'immunités connues sur 49

— — Jî Total... 123 cas d'immunités connues sur 3fO

L'innocuité constatée des morsures a donc éié de 38 p. 100 environ.

Mais il faut considérer qu'il y a 68 cas dont les te^ mipaisons ne paraissent pas avoir été connues, ccqai permet de supposer que, pour le plus grand nombre des personnes dont il s'agit dans ces C8 cas, les mor sures qu'elles ont subies n'ont pas eu de résultats fa* ncstes, car une terminaison mortelle d'une morave rabique a toujours beaucoup plus de retentissemeot que ne peut l'avoir un accident do cette nature saifi d'une complète immunité.

D'où il résulterait qu'on pourrait considérer comme acquis à l'immunité la plupart des cas de morsures spéciflés dans l'enquête, desquels il n'est pas dit que la mort s'en est suivie.

4* La répartition, d'après leur sexe, des personnes qui ont subi des morsoroi rabiquei donne les lésaltats suivants :

Masculin.

Féminin.

Ineonanf.

En 1863.. 31

sur 49

1865.. il

1867. . îi.i

1868.. ni Totaux . 200

sur iU

Sur 320 personnes mordues, 206 apparticDOCDt ao sexe masculin; 81 au sexe féminin et pour 33, le sexe n'a pas été déterminé dans l'enquête.

Ce résultat est parfaitement concordant avec ceai qu'ont donnés les enquêtes précédentes (1) : toujours le nombre des femmes mordues est de beaucoup inférieur à celui des hommes, ce qui ne peut s'expliquer que par les chances moindres que courent les fetnmes, en raison do leurs habitudes et de leurs travaux, d'être rencontrées par des animaux enragés et de subir leurs atteintes. Peut-être aussi que l'ampleur plos grande de leurs vêtements est pour elles une condition do préservation, l'animal enragé assouvissant » fureur sur ce qui se rencontre immédiatement soas si dent.

(1) Tardieu, Rapport sur les cas de rage observa e» France pendant les années 18S0, 1851 e/ 1852 — Akub^ d'hygiène, 1854, 2« série, tome I, p. 117; — IW®' 2« série, tome XIII, p. 194 ; — 1863, 2* série, tome XX, p. 449. — Voyos aussi pour les enquêtes oltérieiires : Proust, Rapport sur tes cas de rage observés en Fnfff^ pendant les années 1869 à 1876 (ilim. 4fByg* l^ tome I, p. 543).

CAL SES DE L'HYDROPHOBli:,

Quoi qa*ll en paisse être des interprétations, constons cette fois encore le fl&it, puisqu'il résulte des comcnts dont nous faisons le dépouillement. S* Voici maintenant comment dans chaque sexe se )artissent les accidents mortels :

1863 Masculin i4 ) ..

. . . , 2 17 morts.

— Féminin 3 )

1864 Masculin 19 ) «,

. . . - î 25 morts.

— Féminin 6 )

1865 Masculin 10)

- Féminin ^ | 16 morts.

1866 Masculin 25 )

^ Féminin 5 j 30 morts.

1S67 Masculin 8^ ^

Féminin ij » '»°'*'-

1M8 Htsrulin Si)

- Féminin , j 3Î mort..

Misx 100 morts du lese masculin «t 29 du sexe féminin.

Lind, sur les 206 personnes mordues du sexe masla, la mortalité s'est élevée à 100, c'est-à-dire à un Knoins de la moitié, et sur les 81 personnes mor- H, du sexe féminin, la mortalité n a été que do 39, 'pfn plus du tiers : 49 p. 100, dans le premier cas, ^ p. 100 dans le second.

^*9h Tient cette immunité relative? A cette ques- ^ pas de réponse possible aujourd'hui, et il n'y a A en chercher; et l'on doit d'autant moins s'en déter que ces chiffres peuvent bien n'être qu'un Bs accidents de statistique, portant sur des petits tkl^es^ et qui n'ont aucune signification réelle. Bor- -oous donc à les enregistrer.

Oonsidcrés dans leur rapport avec Vâge des pores mordues, les cas fournis par l'enquête se rossent de la manière suivante.

des personnes mordues est indiqué dans

Au-dc.«<:ous do 5 ans. 16 cas de morsures

do 5

lO

Total .... 'il4 cas de morsurot.

I» tableau fait ressortir ce fait que le plus grand Are des cas de morsures correspond à l'&ge do piévoyance, de l'imprudence, de la faiblesse et surà l'âge des jeux et de la taquinerie. Bien des ■n, sous le coup de la rage, épargneraient les en- 9aiixquel8 ils sont familiers, s'ils n'étaient poussés Bi par des harcellements continuels auxquels les iPH se livrent d'autant plus volontiers que, ne lUtlssant pas dans le chien avec lequel ils jouent f^tncfor habituelle, au moment dos premières ma- Altioiis de l'état rabique, ils sont déterminés, par '' rexdter davantage. D'an autre côté, cette si

I grande proportion d'enfants mordus s'explique par le nombre plus grand des chances qu'ils courent d'être atteints par des chiens errants dans les rues des villes ou des villages où ces enfants se trouvent si communément réunis en groupes pour se livrer à leurs Jeux.

70 Voyons maintenant comment les accidents mor* tels se répartissent suivant l'âge des personnes mordues.

Sur les 129 cas d'accidents mortels que l'enquête fait connaître, il y en a 131 où l'âge est spécifié :

Au*dessous de

5 ans.

5 cas de mort sur. .... .

. . 16 mordoêfl.

de 5&

26 dont 14 ayant dix ans sur 97

si:r

CO

CO

80 90 Total...

I2I cas de mort sur. ...

274 mordues.

d'où il suit que la mortalité a été pour les séries de ce tableau dans les proportions suivantes :

Au-dessous de

5 ans. . . •

pour 100.

de 5 ù

CO

n ressort de ces chiffres deux résultats principaux

Le premier, c'est que l'âge le plus tondre ne mot pas à l'abri de la contagion de la rage, ce qui a, du reste, été déjà démontré par les enquêtes antérieures ;

Et le second, c'est que si les enfants sont plus exposés aux morsures rabiques, il so pourrait faire qu'ils fussent moins prédisposés à contracter la rage, peutêtro par le privilège de leur insouciance naturelle et conséquemmont de leur parfaite quiétude morale.

8* Les morsures de nature rabiquo ont été infligées, d'après les renseignements fournis par l'enquête, dans Ifl plus grand nombre des cas, par des chiens et surtout par dos chiens mâles :

Sur les 320 cas de morsures, l'enquête fait connaître, en effet, qu'elles ont été faites :

28 i fois par des chiens mâles; 26 fois par des chiennes ; 5 fois par des chats ou chattes 5 fois par dos louves.

Quant aux races auxquelles appartenaient les animaux enragés de l'espèce canine, les documents que nous avons consultés, ou bien se taisent sur ce point, malgré les recommandations des circulaires ministérielles, ou bien ne donnent que des renseignements sans valeur.

11 n'est question, dans ces documents, d'aucune morsure faite à l'homme ou à des animaux par des

tn

WILLIAH S. FORBES. — UVDROPHOBIE ET IIAGS,

berblTOrei, bœnrs, moutona on elièTres, bien qa'un cerUm nombro de eut inimiui liout élé mordni eai- ■nPrnej.

8* Au point de too dci saisons, Ii suilslique toatnle pu tontes les périodes de l'enqofite dOQQO les ténillats suivants ;

' Dtcembrc,. 18 Septiadm. . .

Bajoln... 3» Ilarl...

Juill*!. 10 iihl.. » Jutior U Oclabrs 13

&adl..Ji« llil....4a Féirier Jl ItDnmbre... S

ToUI.. 74 TnUI. 89 ToUI... 75 Total. ...'ci

D'où 11 ressort : I* qu'il n'y ■ pas en one Irè* grande dilTéreace entre tn« saiaons, sodi le rapport des cbiFfrcs des ut do rago ; S* qae la siison d'hiver est, à naennlié près, équiTalenio, su point de vue des accidenta rabiqnes ï la silson des grandes chaleurs j 8* quo c'est an printemps que ces accidenta ont éli 1g plus nombreux, et en automne le moins ; 4* ot, en résultat dernier, que l'opiolon qui amnistie l'hiver k l'endroit de la rage et incrimine l'âté n'est pat absolument fondée.

Ce qui conduit k celte conclusion d'une importance inpôrienre sa point do vue de ta police sanitaire et de la prAservatiOD fndividuollo, qu'en Uiuttempt etdaua toutes les saisons, il faut se méfier de la rage et prendre, k l'égard du chien, des mesures de précautions Identiques.

Hiintenant, nous devons falro observer que si la sla> tittique donnée par coite enquête fournit des chiffres presque égaux d'accidents rabiques pour la saison det grandes chaleurs et pour cqUd des grands froids, il se pourrait que celle équivalonco eût sa cause dans la plus grande rigueur avec laquelle les prescriptions de la police sanitaire sont observées, ou élâ, b l'égard des chiens, tandis qu'en bivcr elles soutk peu près lellm morte. Hais quoi qu'il en puisse être do la valeur do cette Interprétai ion, il demeure certain que la rage canine est une maladie do toulos les saisons et que, cooséquemmeot, il faut toujours se tenir en garde

10° A l'égard de It durée de la période d'incubation, l'enqnble donne det résultats d'une grande Importance par eui-mCmos ot par leur concordance avec les résultats que les enquêtes antérieures ont déjk fait con-

Sur lea lîO cas od les morsures rabiques ont été auivies d'accidents mortels ta durée de la période d'incubation a été constatée lOCfois.

Voici comment so répartissent ces cas dont ta constatation est donnée par lea documents do l'enquCte ;

Au-doss

JalSjoDi

Il ressort de cet lUIt que c'est pendant 1m M pnmlers Jours eonsjcntih h la moraure que lei nuaifettations de la rage ont été le plus nombreoso*: 71 cas sur les 100 ob la période d'incubation a été eonitatée.

Les 33 sutres cas so dispersent aur les Jeun soivtnts Jusqu'au ttO*, c'est-k-dire embrassant une période de huit mois exactement ; maïs Ut derieniKni, graduellement, de moins en motnt nombreiu, detcllo sorte que audelk du 100* Jour, les accidents rabittoei ne sa comptent plus que par les chiffres I on 1 ia huitième mois, il n'y en a plus qu'un senl.

D'oii cette conclusion qu'aprùs une moraue sabis les chances de ne pat contracter la rage augSMnttol censidérablement, lorsque deux mois ae «ont écoal» sans qu'aucune manifettation rabiqne se toit predaita; et qu'au delk dn 90< Jour la grande somme dw probt' bilités est en faveur de l'immunité complète.

Sans doute que patte cotte époque lei menacea ik ta rage n'ont pat encore complètement dûpani et il n'y a pas encore lieu d'être tout k fait rassuré pour lu peraonnes qui ont subi det monurea; inais le* penpoctivei de l'avenir deviennent de maint en motu sombres, et de plus grandes etpéiances sont ptfmiwa aux victimes de ces morsures et aux personnel taiquelles elles sont cbèret.

A. Tardieu (1) a déjk signalé cette particnlarilé la. téressante que la durée de la période d'incnbalû» paraissait être d'autant plus courte qne les sqjelt atteints par des morsures rabiques étaient plus Jeanes. {

Let renseignemenlt fonrois par l'enquête aetnelh | sont confirmatifs de ceui qui ont été donnés pu la enquêtes précédentes. ,

11* La durée de la maladie a été constatée dant < 90 cas, qui se répartissent dans l'ordre indiqué d-d» |

11 résulte de co tableau qne sur cet 90 cas, la pwn est arrivée 74 fois dant le délai de 4 joun, et qne h vie ne s'ott prolongée que 16 fois au delà de ce tcnos.

La durée de la maladie pendant IS Joun est ai f^' tout k bit exceptionnel, et il eat permis de csbcmik quelques doutos & l'endroit de aon exactitude.

Cette fols, comme toujonn, l'enquête établit qatl* mort a été la terminaison inévitée des accidents n'»' ques, et que les malheureux qui en ont été les fi't'' mes ont passé par d'épouvantables tortures mntMn physiques qui expliquent et Justifient lea l'idée seule de la rage Inspire partout au dans tous les rangs de la société.

11° Les documents de l'enquête actuelle rooroU*^

(l)Tardieu, /oc. ei(.

CAUSES DE L'HYDROPHOBIÎÎ.

idicatioQS pleines d*intérôt sur le plus ou moins icuité ou (l'innocuité des morsures rabiques, cou- Ses dans leurs rapports avec les régions où elles té faites.

isi dans les 129 cas où les morsures rabiques ont uivies d'accidents mortels, il a été constaté qu*clraient leur siège :

aa visage 29 fois,

sur les mains 46 —

aux membres supérieurs 8 —

aux membres inférieurs 7 —

et dans des régions multiples. . 12 —

ms 27 cas le siôge est resté inconnu ou tout au 18 n'a pas été déterminé.

on autre côté, sur les 123 cas où il a été constaté les morsures rabiques étaient restées inoflTonsives xiint de vue de la rage, le siège de ces morsures indiqué 71 fois, et elles se répartissent de la mae suivante :

Morsures faites au tisagc 3 fois,

— aux mains 27 —

— aux membres supérieurs.. 20 —

— aux membres inférieurs... 17 —

— sur le corps 7

Total 74 fois.

nous comparons, maintenant, ensemble les blési mortelles et les inoffensives, occupant le même , nous trouvons que sur les 32 cas où les blessunt été faites an visage, elles ont été suivies d'acts mortels 29 fois et ne sont restées inoffensives fois seulement ; ce qui, pour ces sortes de blés- , donne, d'après la statistique actuelle, une morde 90 p. 100, tandis que leur, innocuité ne se- [ue de 9 et une fraction.

Qs les 73 cas où les blessures rabiques ont été atéos sur les mains, la statistique actuelle dére qu'elles ont été mortelles 46 fois et qu'elles restées inoffensives 27 fois : soit une mortalité de 100 et une innocuité de 36 p. 100.

or les blessures des membres supérietirs et inirs comparées à celles du visage et des mains, les )rts sont inverses :

1 28 blessures constatées aux membres supérieurs Hé suivies d'accidents mortels 7 fois et sont resinoffensives 20 fois ;

s 24 blessures constatées aux membres inférieurs i(é suivies d'accidents mortels 7 fois et sont restées énsives 17 fois.

) qui donne pour les blessures des membres supers une mortalité de 28 p. 100 et une innocuité de

ipour les blessures des membres inférieurs, une

tilité de 29 p. 100 et une innocuité de 70 p. 100.

tfln pour les blessures du corps, généralement

iples, c'est le chiffre do la mortalité qui prédomine

imreau :

f 19 blessures du corps constatées, 12 ont été

BU68 et 7 sont restées inoffensives.

t fkits, qui sont conAnnatifs de ceux que les en-

quêtes antérieures ont déjà fournis, donnent de nouveau la démonstration que les blessures rabiques, faites sur des parties découvertes, conmie le visage et les mains, ouvrent à la contagion une voie bien plus sûre que celles qui ont leur siège sur les bras et les Jambes, que d'ordinaire la dent de l'animal enragé ne peut atteindre sans traverser un vêtement qui l'essuie et peut la dépouiller de son humidité virulente. Il est vrai que les conséquences des morsures faites sur le corps semblent contredire cette proposition ; mais il faut faire observer que, généralement, ces blessures sont multiples, ce qui augmente les chances de l'inoculation ; que, parmi ces blessures, il en est qui ont leur siège sur des parties dénudées, comme le cou et la poitrine, chez les ouvriers, surtout ceux qui sont à leur travail dans les champs ; qu'enfin, la plupart du temps, quand un homme est attaqué par un animal enragé, s'il est mordu sur le corps, il l'est aussi sur les mains qui sont ses instruments naturels de défense.

Nous croyons donc, jusqu'à nouvel informé, que les chiffres que nous venons de produire, d'après les documents de l'enquête actuelle, sont très démonstratifs de l'innocuité relative des blessures qui ont leur siège sur des parties recouvertes de vêtements, comparées k celles des parties découvertes.

L'hydrophobie sévit dans tous les pays, sous tous les climats. Il est possible que l'idiosyncrasie exerce une Influence importante sur la production des accidents, comme dans les autres maladies zymotiques.

Cette influence de Tidiosyncrasie a été mise en lumière par Texpérience du D' Hertnîch, de Berlin, qui inocula cinq chiens avec la salive d*un autre chien enragé sans qu'aucun des cinq animaux tombât malade.

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