TRAITEMENT DE L'HYDROPHOBIE
Immanitô après cautérisation un pou tardive
avec le fer rouge 1
Immunitô après au moins 24 heures 3
Immunité après au moins 3G heures 1
Immunité après cautérisation immédiate avec le muriate d'antimoine au bout de
3 heures. 1
Immunité sans avoir pris aucune précaution. 2
En résumé, il est permis de supposer que iaos la moitié de ces cas, l'immunité a été duc à ta cautérisalion immédiate^ dans les 3/8 à une cautérisation tardive, tandis que, dans le 1/8 restant, les blessés ont échappé aux accidents sans aucun traitement. Hugo parle de sept personnes qui furent mordues par un chien enragé ; trois se firent cautériser vingt-quatre heures après, et les quatre autres se cautérisèrent elles-mêmes avec deux tiges de fer rougies au feu ; toutes guérirent. Le môme chien se jeta sur un -enfant de douze ans, dont les blessures ne furent pas soignées, et qui mourut d'hydrophobie.
Vexcision est fortement préconisée par Foot, Fleming, Abernethy et autres. Foot possède huit observations d'excision. Dans un cas, elle fut pratiquée immédiatement; dans un autre, six heures après l'accident, mais, dans aucun des huit cas, elle ne fut pratiquée plus de soixantedouze heures après. Lorsque l'excision est jugée dangereuse à cause du voisinage de gros troncs vasculaires ou nerveux, l'emploi des caustiques est indiqué. Presque tous les caustiques en usage ont été recommandés par différents chirurgiens comme ayant donné de bons résultats dans leurs mairis. C'est le lieu de faire remarquer que l'immense majorité des morsures n'est pas suivie d'hydrophobie, et que, d'autre part, rhydrophobie peut se montrer après l'excision complète des parties atteintes. M. Youatt avait une grande confiance dans le nitrate d'argent, n avait été mordu sept fois, et chaque fois il se contenta de cautériser soigneusement la plaie avec du nitrate d'argent.
Duboué, de Pau, insiste sur l'emploi à l'intérieur de fortes doses de bromure de potassium, tous les jours, durant la période d'incubation.
TRAITEMENT COnATlP.
' Dès que le virus commence à manifester ses effets sur l'organisme, la seconde période ou période de développement se déroule. Il convient alors de placer le malade dans une chambre obscure, de le maintenir au repos, d'écarter
toutes les causes d'irritation et de soutenir ses forces.
Le D' Watson, de Jersey-City (1) rapporte un cas qui fut considéré par lui et par le professeur Austin Flint comme une manitestation non douteuse d'hydrophobie. Ils injectèrent sous la peau un seizième, puis un neuvième et enfin un sixième de grain de curare, et après cette dernière injection les symptômes défavorables disparurent et le malade recouvrit complètement la santé.
Oilcnburg et Polli mentionnent aussi des exemples de guérison de l'hydrophobie par l'emploi d'injections hypodermiques de curare.
Dolan cite le cas d'une femme de vingtquatre ans, qui fut mordue par un chien qu'on supposa être enragé et qui guérit après sept injections de chacune un tiers de grain de curare qui lui furent pratiquées en l'espace de 4 heures 35 minutes.
Dans un cas d'hydrophobie, pour lequel j'avais été appelé en consultation par le D** Carroll, et dont j'ai publié l'observation (2), nous atténuâmes les spasmes par l'inhalation de nitrate d'amyle.
« Il s'agissait d'un homme de trente ans qui avait été mordu à la face dorsale de son annulaire gauche, le !•' janvier 1877, par un chien terrier onragé. Le 20 mars suivant, 79 jours après laccidont, la cicatrice rougit et enfla, et, dans la matinée du jour suivant (21 mars), une éruption se déclara qui disparut le 2G. Dans la matinée du 28, l'homme présenta des signes d'excitation furieuse ; son pouls devint rapide et petit, à raison de 140 pulsations par minute; la peau était moite et froide, la contenance anxieuse. 11 essaya vainement de boire une tasse de lait; il lui fut impossible de saisir le bol avec la main et il nous supplia d'une manière étrange et convulsive d'éloigner le liquide. A ce moment, je lui fis inhaler 25 gouttes do nitrate d'amyle. Pendant le temps de l'cvaporation le malade dit : « Que m'avez- vous donné? cela me court tout autour de la tète. » Au bout de 2 ou 3 minutes, le pouls tomba à 88, et la respiration redevint presque naturelle ; un calme parfait sembla s'établir. Je lui demandai s'il croyait pouvoir boire du lait et il me répondit affirmativement. Le lait fut apporté, il en avala une pinte avec une grande facilité ; sur sa demande, on lui en redonna une demi-pinte avec deux onces d'eau-de-vie ; après avoir bu le tout, il pria encore l'un des assistants de lui verser un verre d'eau. On alla chercher la cruche à eau, et je remplis un verre devant lui. 11 le prit très posément, le but avec de grandes marques de satisfaction, et me le tendit
(1) Watson, American Journal of the médical scien^ ces, July 1876.
(2) American Journal of the médical sciences. N» d'avril 1878.