WILLIAM S. FORBES. — MORVE
pour que Je le remplisse. Il le Tida de nouveau en s'écriant : « Que c'est donc bon. n Je restai pi*ès de lui doux heures, et, pendant tout ce temps, il continua à être parfaitement calme et prit môme quelque sommeil. Au bout de ce temps, son pouls devint plus rapide et sa respiration plus fréquente. Je l'interrogeai s'il désirait un peu d*cau-do-vie et d'eau. Cette simple demande provoqua chez lui une grande excitation, qui se changea en crainte lorsqu'on lui présenta le liquide et il s'écria spontanément. « Non I non 1 pas avant d'avoir respiré cette drogue », comme il appelait Ta. myle. On lui en fit respirer immédiatement et on assista aux mftmes phénomènes favorables que la première fois ; son pouls tomba, sa respiration s'apaisa, il avala une demi-pinte de lait, trois œufs crus, une demionce d'cau-de-vle, tout cela sans aucune difficulté et avec un grand plaisir: Puis il s'endormit et je le quittai.
J'y retournai le lendemain à 9 heures du matin après avoir obtenu du D' John Ashburst qu'il se joignit à «uoi et au D' Carroll en consultation. Nous apprîmes que notre malade avait dormi un peu, mais que, depuis une heure et plus, il était très surexcité. Il ne pouvait pas supporter qu'on approcha près de lui un verre d'eau, et lorsqu'on essayait de le faire il se mettait à trembler convulsivement. Nous lui administrâmes près d'une cuillerée à café de nitrate d'amyle; il recouvrit un calme presque complet, put boire près d'une pinte d'eau et aussitôt après avala du lait et des œufs. Toutefois, à 3 heures de l'après midi, les spasmes revinrent, et pendant qu'on s'efforçait de lui faire respirer de l'amyle, il s'écria qu'il suffoquait, et aussitôt il fut pris de convulsions qui se terminèrent par la mort. L'autopsie no fut pas permise.
Mon ami le D' SoUtday, de Tamaqua, a employé le nitrate d'amyle dans un cas d'hydrophobie chez une jeune fille de dix-sept ans qui avait été mordue par un chien enragé.
u La blessure, qui datait du 2G nov. 1877, siégeait à la lèvre inférieure, elle était très légère et elle se cicatrisa rapidement. L'hydrophobie se déclara lc20décembre, trois semaines et trois jours après l'accident. Les spasmes se succédaient tous les quarts d'heure, la maladie était nettement caractérisée. Le soir, on lui fit inhaler vingt-quatre gouttes de nitrate d'amyle. Elle se plaignit alors d'engourdissement des extrémités, puis devint très calme, et fit remarquer que si la chambre
était silencieuse, elle dormirait. A ce moment, un vern; d'eau lui fut offert et elle le but sans difficulté. En moins de 1 5 minutes, elle s'endormit tranquillement ci son sommeil dura quatre heures et demie. Elle fut réveillée par un violent orage de pluie qui tombait arvc grand fracas sur le toit et l'appentis de la maisoii qu'elle habitait. Les spasmes réapparurent immédiat'*ment, plus violents qu'auparavant, et ne cessèrent qu'avec la vie dans l'après-midi du 21. L'autopsie De put être faite. »
Dans Tun et l'autre cas, rinhalation du nitrate d'amyle fut suivie d'une détente très nelle qui apporta un grand soulagement. Dans l'un et l'autre cas, elle atténua à tel point les spasmes que les malades purent boire de Teau et du lait à satiété. Mais dans aucun des deux cas Tamyle ne parait avoir retardé la morL
Le Lyon médical rapporte un cas d'hydrophobie qui a guéri par des inhalations d'oxygène d'après la méthode des D" Schmidt et Zehenden.
tt II s'agissait d'une petite fille qui avait été mordne à la main par un chien enragé. La plaie fut cautérisée et 80 cicatrisa en quelques jours ; mais quinze jours après, des signes d'hydrophobie se manifestèrent. Trois pieds cubes d'oxygène furent donnés à respirer h. la malade, et, dans l'espace d'une heure et demie, les symptômes f&cheux disparurent et l'enfant recouvra sa tranquillité. Deux jours après, les mêmes symptômes se représentèrent avec de la difficulté pour respirer et pour avaler, et des convulsions ; on pratiqua de nouveau l'inhalation de l'oxygène et en 45 minutes l'accès disparut entièrement et pour toujours. »
Parmi les autres méthodes de traitement qui ont été préconisées, citons les inhalations d'éther et de chloroforme ; l'application de glace au niveau de la colonne vertébrale (Todd, Erichsen) ; l'emploi persistant d'un courant galvanique (Hammond) ; la transfusion du sang (Shiiikwin) ; l'injection dans les veines de solutions salines (Giilver), et particulièrement de bromure de potassium (Duboué). f.e monobromale de camphre passe aussi pour avoir ameuc quelques guérisons.