MORVE
La morve est une maladie contagieuse et infectieuse qui parait aussi se développer quelquefois spontanément chez le cheval, l'âne et le mulet et qui est propre à ces animaux . En même temps qu'elle est une maladie générale affectant tout l'organisme, elle porte ses princi-
pales manifestations et elle déploie sa plus grande virulence sur les revêtements muqueux du nez et des sinus frontaux, sur les glandes sous-maxillaires et sur les lymphatiques du cou et de l'oreille.
En 1821, M. Muscrofi décrivait un cas de celte
SYMPTOMATOLOGIE.
maladie chez un homme qui avait été inoculé par le cadavre d*un cheval morveux (1).
En 1840, un malade admis à l'hôpital Saint- Barthélémy de Londres mourut de la morve, et communiqua la maladie à riufirmière qui Ta- Tftit soigné et qui succomba également.
On a cité beaucoup d'autres Taits semblables qui démontrent que, si la maladie ne naît pas spontanément chez l'homme, elle peut lui être facilement transmise, et qu'une fois inoculée elle est contagieuse d'un homme à un autre.
On prétend que le principe virulent peut être contenu dans le sang, et Viborg croit même qu'il peut être contenu dans les sécrétions sali- ▼aire et urinaire et dans la sueur. C'est un fait bien connu, qu'on peut contracter la maladie en s'cssuyant les mains ou le visage avec des linges qui ont servi à un cheval morveux.
Henri Bouley (2) a inoculé des chevaux avec du pus de morve et, quoique les parties inoculées aient été excisées une minute après l'expérience, la maladie ne tarda pas à se déclarer.
En 1868, Villemin (3) a exposé cette opinion que la morve et le tubercule avaient des con- Deidons intimes et qu'ils devaient être considérés comme des espèces très rapprochées d'un môme genre.
Symptomatolofi^e.
La maladie se manifeste par une éruption de tubercules ou de nodules, et sous deux formes distinctes»
L'une d'elles porte son action sur la membrane muqueuse du nez et sur les glandes voisines : c'est la morve proprement dite qu'on nomme Rotz en Allemagne.
L'autre forme intéresse les lymphatiques superficiels du tronc ou des extrémités et se caractérise par le développement de tumeurs souseutanées dont le volume varie de celui d'un pois t celui d'une noix, qui sont dures, fixes et très douloureuses à la pression. La palpation fournit la sensation de cordons noueux, ce quia valu
(1) Ëdimburgh, Journal médical and cMruryicaL (Z) H. Bouley, Rapport sur la morve farcineuse chronique de l'homme. Bull, de l'Âead. de méd., 1S60-6I, tome XXVI, p. 854 et suiv. —On lira avec intérêt la discassion à laquelle ce rapport a donoô lieu et qui est reproduite in extenso dans le Bull, de FAcad. de méd,
3. Villemin, Etudes sur la Tuberculose, preuves rationnelles^ expérimentales de sa spévificité et de wn inoculaàiliU. XIII* Étude, la Morve est la maladie la plus voisine de la tuberculose. Paris, 1868, p. 431.
à la maladie le nom de Wurm en Allemagne, de farcin en France et de farcy bud$ en Angleterre.
Ces deux formes sont deux types différents d'une même uffection et peuvent se rencontrer chez le même sujet.
La période d'incubation ou d'état latent de la morve dure de trois jours à une semaine; au bout de ce temps, elle fait place à la période d'invasion.