‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 198 sur 343 · SYMPTOMES ET COMPLICATIONS DE LA TROISIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES ET COMPLICATIONS DE LA TROISIÈME PÉRIODE

d, celte douleur préliminaire est bientôt ie d'un sentiment de poids et de douleur de dans le testicule^ qui augmente de voi et forme rapidement une masse pourpre Bsivement douloureuse (i). Cette douleur

caractère tout parti culier, elle rappelle nauséeux, ce qui contribue grandement à •aver.

malade, surtout quand le testicule n'est >iitenu et tire sur le cordon, marche un ourbé, les jambes écartées, dans une atti-

contrainte, presque pathognomonique.

t mécanique delà tumeur sur les vaisseaux I «tiques gène le libre retour du sang du nie et augmente la tension, et la pression B exerce sur les nerfs augmente la douleur pielquefois, s'irradie aux aines, dans l'ab- Ki, sur les cuisses, et jusqu'à la région cique, et est presque insupportable. Il y a Bîremenl plus ou moins de Qèvre, et une le anxiété et dépression mentale, ^ous l'ince d'un traitement approprié, les sym- Bt cèdent en quelques jours, mais le gonmt ne disparait que peu à peu; une petite 3n de la queue de Tépididynie reste souvent e indurée toute la vie. Dans les cas où etion a été négligée, le testicule lui-même lamme, ce qu'on reconnaît à un accroisse- ^ de volume de la tumeur, à la diffusion orme du gonflement qu'on ne peut plus ir derrière le scrotum, à la sensibilité à la

pression et à la persistance de la douleur, des nausées, etc., en dépit du traitement qui soulage ordinairement (2).

Dans un plus petit nombre de cas encore, il se fait de la suppuration dans le tissu cellulaire sous-cutané, sur une large étendue du scrotum. Cette terminaison de l'épididymite résulte ordinairement d'un traitement mal entendu ; on l'observe chez les individus épuisés et alcooliques de l'hôpital ou des dispensaires. Je n'ai vu que très peu d'exemples des nombreuses suites qu'on attribue à l'épididymite. Une sensibilité persistante dans la région de l'épididyme est très commune, mais une véritable névralgie du testicule, présentant cette atroce douleur qui lui est propre, doit être bien rare, car je n'ai jamais vu d'exemples de névralgie testiculaire qui puisse être rapportée à l'épididymite. 11 est certain que l'induration persistante de la queue de l'épididyme, laquelle consiste en un simple canal pour le passage du sperme, peut gêner ou complètement entraver l'exercice de la fonction, et que, si les deux testicules sont atteints, il peut en résulter une stérilité plus ou moins durable. Pourtant toutes les apparences de la virilité peuvent rester et restent habituellement ; il n'y a pas de diminution dans les désirs vénériens, ni dans la faculté d'accomplir l'acte sexuel, lequel détermine une émission de fluide provenant principalement de la prostate et des vésicules séminales, et accompagné des sensations

Dans des cas exceptionnels, un malade qui a la torrhagie peut présenter une hernie inguinale lète, ou peut voir se développer, après un coup accidentellement sur le scrotum, une tumeur nreuse, dont le diagnostic offrira quelques diffi-

cultés. Le tableau suivant de M. Christophe Heath représente parfaitement les différences qu'on observe entre la complication de la blennorrhagie et les autres affections avec lesquelles elle peut être confondue :

■SKNIB ■TBARGLIB.

Boudaincment, ou soudaineétrtnglée, quand elle existait aupa-

•iir dans l'aine et dans Tabdomon,

al de déprfl!»8ion f^énéral considé-

^ ftOKiété du visage.

iltr tendue et donnant la sensation

k%tin an toacher : peau normale.

tmion déterminée par la toux per-

line, plus remplie que d'habitude,

tsant brusquement au niveau de la

Imtion.

frrcussion de la tumeur donne un

ir, suuf dans les hernies épiploï-

^seracuts probables, continuels, et t être fécaloïdes.

UBMATOCBUt.

Produite soudainement par une violence extérieure.

Douleur dans le scrotum ; dépression générale légère après les premières minutes.

Tumeur tendue et lourde, globuleuse, non tran<(parente ; peau souvent lésée.

Pas d'impulsion à l'aine, laquelle est dans un état parfaitement normal.

Matité à la percussion.

Vomissements immédiatement après Tarcident, mais ne durant pas.

oBcniTB ou BriPIOnilTB.

Développée peu d'heures après un coup, ou consécutive à une blennorrhagie.

Douleur dans le scrotum et le long du ' cordon jusqu'aux lombes : fièvre.

' Tumeur excessivement sensible au tou- ' cher ; cordon épaissi ; peau rougo.

Pas d'impiUsion par la toox.

Ualitê à la percussion.

Nausées et faiblesses, mais vomissements rares.

ligmond (cité par Hill) a trouvé, sur 1,342 cas, Dans les 726 cas de Dron, le corps du testicule n'a été

dyme seul malade 61 fois; l'épididyme et le ), 108 fois ; l'épididyme et la tunique vaginale, is; ces trois organes en môme temps. 317 fois.

atteint que 10 fois ; et dans les 226 cas de Hardy, il n'a été atteint que 9 fois.

WILLIAM WHITE. — BLENNORBHAGIE CHEZ L'HOMME

normales. En d'autres termes, le malade, quoique stérile par le fait de Tabsence de spermatozoïdes dans le sperme, n'est nullement impuissant. Le temps et des médicaments appropriés font souvent disparaître cette induration, au moins dans une mesure qui permet la réapparition dans le sperme d'un petit nombre de spermatozoïdes, et par conséquent rend Tindividu de nouveau propre à avoir des enfants. Le pronostic sous ce rapport doit être réservé (1). Le fait que le testicule gauclie est atteint deux fois plus souvent que le droit est attribué à sa situation ordinairement plus déclive, et à ce que par conséquent il est moins bien soutenu par le scrotum. C'est cependant plutôt l'effet de la position de la veine spermatique gauche derrière rs iliaque, point où elle est spécialement exposée à la compression, et aussi de sa communication indirecte avec la veine cave, par l'intermédiaire de la veine rénale, avec laquelle elle s'abouche à angle droit, la veine spermatique droite se jetant dans la veine cave sous un angle aigu. La veine spermatique gauche de plus est dépourvue de valvule à son point d'entrée dans la veine rénale. Ces dispositions anatomiques sont suffisantes pour produire une congestion locale, cause prédisposante puissante à des attaques inflammatoires. On peut voir et on voit souvent, comme résultat de la pression exercée sur les vaisseaux afférents par les produits inflammatoires, ou comme conséquence de rextensiot^ de Taclion inflammatoire elle-même, une kydrocèle aigui venir compliquer l'épididymite, ajoutant encore au volume de l'organe déjà tuméfiô, cl augmentant le sentiment de tension tant pour le malade que pour le chirurgien. Celle hydrocèle ne réclame pas de traitement spécial, et disparait ordinairement quand la période de déclin est atteinte.

FYBMIB BT CELLULITE PELVIENNE.

La pyémie, suite de la blennorrhagie, et la cellulite pelvienne^ due à l'extravasation de Turine par rupture d'un abcès blennorrhagique périurélhral, sont des accidents possibles, et en

[\) (jossuliii, Curling, Liégeois, Godard et Terrilloo, Hill, Bumstcad, Lcbert et d'autres sont tous d'avis que répididymite double, dans la grande majorité des cas, est suivie de stérilité par absence de spermatozoïdes daus le sperme, et présente très peu de chance de guérison complète. Dans 117 cas de cette espèce, que j'ai pu réunir de différentes sources, 13 seulement sont notes comme ayant éprouvé quelque amélioration du fait du traitement.

dépit de leur extrême rareté, doivent être présents à l'esprit. La péritonite est également très exceptionnelle. J'ai vu cette complication dans un seul cas dont voici le résumé (I):

R. K., âgé de 28 ans, souffrant d'aoe première attaque de blennorrhagie, était dans la seconde de la maladie, et tout marchait bien, quand il tout d*un coup une douleur dans l'aine et le long da trajet du cordon ; cette douleur me fit penser qa*il allait avoir une épididymite. Mais, au lieu de voir lo testicule gonfler, le malade sentit la douleur s*inradier de Taine à toute la surface de l'abdomen, qui deriot bientôt tendu, presque tympanitique et sensible ti toucher. A partir de rc moment, il présenti to«s ïn symptômes de la péritonite aiguë, qui mit sa vie ea danger pendant quelques Jours et fat aoomise aa traitement ordinaire. Le D' Wood le vit avec moi à et moment. Pendant la décroissance de la péritonite survint un léger degré d'épididymite. Le point le phu intéressant de cette observation fut la découverte d'une petite hydrocèle congénitale, qui, étant réductible, avait été prise pour une hernie, un t>andage ayant été appliqué sur l'ordre d*an médecin. Cette particiilarité expliquait très clairement Tétiologie de la péritoiiite, la communication entre la cavité péritonéale et ia tunique vaginale étant restée ouverte, et permettant une extension facile de l'inflammation du canal déférent au péritoine par le tissu cellulaire enviroanaot. Quelques semaines après la guériaon complète, il n j avait plus trace de l'afl'ection (}).

Ces complications se rencontrent surtoot, quoique d'une manière exclusive, dans les biennorrhagies de la première variété, les blennorrhagies inflammatoires aiguës.

Nous pouvons examiner maintenant cette forme de blennorrhagie désignée sous le nom de blennorrhagie subaigué ou catarrkale.

(1) Hill et Cooper citent {Op. et/., p. 546) trois ras do pyémie terminés par la mort; dans ces trois cas. il y avait de la phlébite du plexus prostatique, et la membrane muqueuse uréthrale était intacte. Âgnov rapporte un cas de mort {Principles and praUice of surgen/, vol. II, p. 468), chez un homme exceplioonellement robuste.

(t) On a rapporté quelques cas de péritonite compliquant répididymite. Dans la majorité de ces cas, le rapport entre les deux maladies n est pas démontré d'une manière satisfaisante. Dolbcau et TerriUoo o.it chacun rapporté un cas, dans lequel une péritooiie mortelle suivit une épididymite blennorrhagique ayant atteint un testicule non descendu. MM. Godard, VtUr et Gossolin ont publié des cas, dans lesquels rexamcn nécroscopique démontra l'extension de l'inflammation le long du cordon spermatique à rabdomen et aa péritoine.

DLENNORRHAGIE SUBAIGUE OU GATARRHALE.

DI.ENNORRHAGIE SUBAIGUE OU GATARRHALE.

Cette forme se présente le plus communément chez les individus qui ont déjà eu des blennorrh^gies ; c'est un exemple de la tendance manifestée par toutes les muqueuses à 8*enflammer sous Finfluence d'une provocation légère, quand elles se sont enflammées une fois. Ce fait se remarque particulièrement dans Forèthre pour différentes raisons: le canal livre périodiquement passage à l'urine qui est particalièrement susceptible, par les changements de sa composition, de devenir un irritant : il est exposé^ pendant l'érection, à une congestion intense de tous ses vaisseaux, et llnverse est également vrai, une irritation ou une congestion de l'arèthre le prédisposant aux érections; la pesanteur, la richesse vasculaire relativement eicessive de la région, et Tabsence de résistance eitra-Tasculaire due à la mollesse du tissu spongieux, tout favorise la persistance des dilatations et congestions yasculaires laissées après une première attaque de blennorrhagie. Le rapprochement des surfaces muqueuses, pendant les intervalles des mictions, n'est pas favorable à la disparition des granulations ou des autres reliquats inflammatoires. Pour ces raisons et d'antres, il y a comparativement peu de jeunes gens dans le nombre immense de ceux qui ont eu la hlennorrhagie, qui échappent à de nouvelles attaques; les causes prédisposantes persistent en effet, bien que généralement de nouvelles causes d'irritation, comme le contact du fluide menstruel ou leucorrhéique, soient nécessaires pour déterminer l'apparition de symptômes un peu marqués.

Un malade avec celte variété d'uréthrite se préfente au chirurgien, un temps variable après des rapports suspects ou inhabituels, avec un écoulement muco-purulent ou purulent. 11 se plaint d'one douleur très légère, quelquefois même seulement d'une sensation de chaleur pendant la miction ; il peut même ne pas y avoir de douleur du tout. Le phénomène de la corde ne se produit pas ou est très peu marqué, il n'y a pas d'irritation de la vessie, et les complications que nous connaissons sont excessivement rares. La seule affection avec laquelle cette forme pent être confondue, est le chancre uréthral, dont il ne faut jamais perdre de vue la possibilité.

L.e diagnostic entre le chancre infectant de l'orèthre et la blennorrhagie peut être fait en tenant compte des points suivants:

CBANCBE UnETURAL.

Les symptômes apparaissent après une période d'iocubatioD rarement moindre de dix Jonrs, souvent de deux ou trois semaines.

Les symptômes sont confinés au méat ou à son voisinage immédiat.

Ardeur dans la miction sentie seulement aux lèvres du méat ; pas de corde.

Écoulement modéré, jamais purulent , souvent sanguinolent.

Induration perceptible tu toucher, intéressant ordinairement une seule lè- Tre du méat.

Gonflement constant du chapelet des ganglions inguinaux, qui sont indolents, mobiles, et ne suppurent presque jamais.

Presque toujours, on aperçoit une ulcération de la muqueuse.

Symptômes généraux après six à huit semaines.

Emploi de la seringue douloureux au méat.

UnÉTBRITB.

Les symptômes apparaissent au bout de vingtquatre heures à une semaine, rarement après un intervalle plus long.

Ds commencent au méat, mais s'étendent un peu en arrière.

Ardeur dans la miction sentie le long de Turèthre ; souvent corde.

Écoulement plus abondant , nettement purulent (1) , moins souvent sanguinolent.

Pas d'induration.

11 n'y a jamais qu'un ganglion de pris, quand iT y en a ; il suppure souvent.

Pas d'ulcération appréciable.

Pas de symptômes constitutionnels.

Emploi de la seringue non douloureux ordinairement.

Sous l'influence du traitement, l'écoulement diminue rapidement, jusqu'à ce qu'on ne constate plus qu'une goutte ou deux de muco-pus, et cela principalement le matin. Ce symptôme peut persister en dépit de tous les efforts pour le faire cesser, et est peut-être la conséquence la plus tenace et la plus désagréable, en raison de cette persistance, de cette forme de blennorrhagie.

Il y a pourtant quelques complications qui, bien qu'elles puissent apparaître également pen-

(1) Lo D' J. Nevius Hydo éublit positivement que « quand un individu présente un écoulement nettement 4>urnlent, sans symptômes coïncidents de syphilis, on peut le déclarer à l'abri de tout danger de ce côté, quand la période d'incubation du chancre syphilitique est déjà dépassée. Le chancre intrv^réthral ne peut jamais être pris pour une blennorrhagie; les deux affections sont si distinctes que le diagnostic pent être parfaitement établi sans l'aide de l'endoscope. » {Chicago meâ,joum.^ août 1880.)

WILLIAM WniTE. — BLENNORRHAGIE CHEZ L'HOMME.

dant une attaque aiguë, s'associent souvent à cette uréthrite catarrhale, et sont d'une gravité considérable. C'est le rhumatisme blennorrhagique, rophthalmie et la conjonctivite.

Complications de la blennorrhagie catarrhale.

RHUMATISME BLENNGRBHAGIQUE OU SYNOVITE

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