‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 200 sur 343 · BLENNORRHAGIE IRRITATIVE OU ABORTIVE · texte numérisé non relu

BLENNORRHAGIE IRRITATIVE OU ABORTIVE

Il nous reste à considérer la troisième variété de blennorrhagie, Virntative ou abortive. Il arrive assez souvent qu'après des rapports suspects, au bout d'un intervalle variable, un malade Be présente se plaignant d'une légère sensation de piqûre en urinant, et d'un peu de démangeaison et de cuisson au niveau du méat. A l'examen on trouve une légère rougeur, peut-être an peu de gonflement au niveau des lèvres de cet orifice et une petite sécrétion transparente on très modérément trouble provenant de la partie antérieure de l'urèthre, et n'apparaissant que si on presse le canal d'arrière en avant. Ces symptômes sont très semblables à ceux de la première période de l'uréthrite aiguë, et ne peuvent s'en distinguer, fait important pour juger de la valeur du traitement aborlif. Cependant, au lieu d'augmenter d'intensité et de produire de la douleur pendant les mictions, le phénomène de la corde, de l'irritation vésicale, etc., ces phénomènes restent pendant quel-

ques jours dans le statu quo, puis, s'ils no sont pas aggravés par un traitement non approprié, cèdent entièrement, la maladie tout entière n'excédant pas en durée une semaine ou dix jours. Cette affection ne présente ni suites, ni complications ; c'est simplement un peu d'irritation muqueuse déterminant une légère hypersécrétion. Ce sont ces cas qui servent surtout aux charlatans à rapporter des cas de guérison en un temps extrêmement court; ils peuvent toujours se prévaloir de ces faits pour donner un semblant de vérité à leurs assertions.

Les trois variétés d'urétbrite que nous venons ie décrire peuvent être mises en parallèle de la manière suivante ; il est entendu que toutes ces différences cliniques ne se présentent pas invariablement, mais que, dans beaucoup de cas, les traits caractéristiques de ces différentes classes de blennorrhagie sont mélangés. Dans un tableau on pourra reconnaître au premier coup d'œil les principales différences.

URETHMTB INFLAMMATOIRE AIGUË.

Cest ordinairement une premicro attaque.

Commence par un peu de rougeur, de gonflement, de sensation de brûlure et de prurit ou de cuisson au aiveau du méat.

Apparition rapide d'un écoulement, d*ardeur en urinant, du phénomène de la corde, et d'autres symptômes.

Écoulement épais, jaune, verdâtrc ou sanguinolent.*

Eue) ci. de chii'ur^iOt

URETHIUT8 CATAnnHALE.

CRBTHBITE IRRITATIVS.

Ordinairement seconde attaque, ' N*est pas en relation avec une af-

i'cction uréthrale préalable.

Id. Mais ces symplOmcs sont moins marqués.

ou attaque consécutive à d'autre:*.

Id.

La plupart de ces symptômes manquent, à l'exception de l'écoulement.

Écoulement laiteux ou aqueux.

Tous ces symptômes manquent ; ne va pas plus loin.

Presque pas d*écoulement.

WILLIAM WHITE. - BLENiNORRHAGIE CHEZ L'HOMME.

rem

UB^THIim DCFLAMMATOnB AI6UB.

Complications habitaelles :

Prostatite.

Qystite.

Bubon, etc.

Traitement d'abord sédatif et antiphlogistique.

Cède souvent très rapidement.

Suites ordinaires : Blonnorrhagie

UnéTHRITB CATARRHALB.

Complications communes :

Rhumatisme .

Ophthalmie.

Traitement pouvant être rapidement antiblennotThagique: cubèbe, copahu, etc., injections.

Est assez souvent suivie d'une goutte, d'un suintement le matin.

Suintement dépendant d'une for-

uRiTBRrrB imRrrATivB.

Pas de complications.

chronique, dépendant d'une uré- ! mation sous-muqueuse de tissu

thrite granuleuse.

fibreux.

Aucun traitement nécessaire.

Ne dure que quelques Jours.

Pas de suites.

ÉooQlements nréthranx ohronlqaes.

Nous nous sommes occupés jusqu'ici des afTections aigiiês de Turèthre ; mais on observe comme continuation directe ou prolongation de ces affections, ou comme suites plus ou moins éloignées, un certain nombre d'écoulements uréthraux chroniques. Ces écoulements peuvent être, pour la commodité, divisés en trois classes ; ceux dus à un catarrhe urélhral^ qui survit souvent à une uréthrite aiguë ; ceux dus à une blennon'hagie chronique^ l'inflammation s'étant localisée en un point de l'urèthre, et produisant une surface granuleuse ou même superficiellement ulcérée; ceux enfin désignés communément sous le nom de goulte^ qui, dans presque tous les cas, sont associés à des rétrécissements, souvent à des rétrécissements de large calibre.

Presque tous ces écoulements chroniques peuvent être rangés sous l'un ou l'autre de ces chefs, et comme il est très important au point de vue thérapeutique de les distinguer, nous devons examiner rapidement leurs principaux caractères différentiels. 11 est naturellement entendu que les écoulements prostatiques, vésieaux ou autres, qui peuvent à certains moments se montrer au méat, ne sont pas mentionnés

CATARRHE URÉTHRAL.

Beaucoup de blennorrhagies, pendant quelque temps après la disparition des dernières gouttes de l'écoulement muco-purulent, laissent un état d'hypersécrétion, d'augmentation de l'humidité de l'urèthre qui devient souvent la source d'une anxiété bien inutile pour le malade et le médecin. Les symptômes liés à ce catarrhe muqueux varient depuis une simple sensation de mouillé au niveau du méat, jusqu'à la pos* sibilité de faire sourdre par pression une goutte

ou deux d'un liquide clair, albumlneux, légèrement tenace, et ressemblant à celui d'une prostatorrhée, avec lequel, du reste, il est souvent associé. Les bords du méat ne sont pas collés; il n'y a ni douleur ni autre symptôme subjectif, sauf celui dont nous avons parlé, une sensation d'humidité tout à fait à l'extrémité du pénis. Celte sensation est souyent assez marquée pour porter le malade à un examen fréquent et inutile de l'organe, ou pour lui faire croire qu'il existe un écoulement, mais qu'il est absorbé par les vêtements ou le linge. Le traitement, quel qu'il soit, sert seulement en général à aggraver ou au moins à perpétuer cet état, lequel, dans dix-neuf cas sur vingt, cède spontanément an bout de quelques jours ou de quelques semaines. Si cependant le chirurgien, pensant que l'uré* thrite est encore à l'état actif et qu'il a affaire à un suintement, continue le traitement, passe d'une injection à l'autre, et emploie les différents autiblennorrhagiques à tour de rôle, cet état peut se prolonger indéfiniment. Pour cette raison tout au moins, sans parler des autres, le dire des malades en ce qui concerne l'état de leur canal doit toujours être soumis à une inspection attentive à chaque visite par le chirurgien lui-même.

BLENNORRHAGIB CBRONIQOK

Dans d'autres cas, après que tous les symptd* mes importants sont éteints, il reste une goutte laiteuse, ou plutôt crémeuse, qu'on peut toujours faire sourdre du méat par la pression, quelques heures après chaque miction. Cette goutte peut provenir d'une partie quelconque de l'urèthre^ mais vient ordinairement de la fosse naviculaire ou de la portion membraneuse antérieure. En exerçant sur l'urèthre des pressions successives d avant en arrière, eu commençant chaque fois un pouce environ plus en arrière, ou en faisant un usage convenable d'une bougie à boule,

LENNORRHAGIE IRRITATIVE. — RÉTRÉCISSEMENTS DE GRAND CALIBRE. 563

is le dirons à propos du traitement, faire une idée bien nette du siège partie malade. On trouvera souvent peu rouge et gonflé, le malade resurinant une sensation anormale de môme une légère cuisson, les érecaccompagnées d'une douleur sourde, symptômes augmenteront sous rincés vénériens, alcooliques ou autres»

it d'excitations sexuelles prolongées (faites, et par l'usage immodéré de ie qualité inférieure. Il n'y a pas entre cet état et la dernière période, [a précédente période de l'uréthrite

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