‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 229 sur 343 · PATHOLOGIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE GÉNÉRALE

à U lèvre inféri6nr6».a?6Ciin6 induration de ladimen- ■ion d'ane noisette et accompagné de glandes sousmaxillaires hypertrophiées, ç En m*enqaérant de la saDté de la famille, ]*appris que sa sœur, on toat Jennn enfant qne ma malade aimait beaucoup, a?ait en quelque temps auparavant des boutons de fièvre à la commissure des lèvres; yallal dans cette maison et Je vis l'enfant, qui présentait un petit chancre de la commissure, et une éruption maculo-papuleuse généralisée. Je mis immédiatement en quarantaine ces victimes de la maladie, mais trop tard ; la mère et deux entres enfants eurent plus tard des éruptions syphilitiques. La famille resta en observation pendant plusieurs années ; Je constatai sur ces membres de temps en temps des manifestations syphilitiques généralisées.

On a dit aussi, eo s*appuyant sur des preuves indirectes, que la syphilis avait été transmise par la circoncision rituelle, telle que la pratiquent les Juifs ; Topérateur, en effet, met quelquefois, après l'opération, le pénis de l'enfant dans sa bouche, remplie au préalable d'un liquide astringent, en vue d'arrêter l'hémorrhagie (i).

La contagion immédiate se produit aussi d'autres manières : par la succion du sein ou i*ane plaie, dans un but thérapeutique, Texaaien ou les manipulations d'une sage-femme ou d'un accoucheur (2), ou môme le simple contact d'un point du corps : c'est ainsi que des nourrices ont contracté des chancres en portant sur leurs bras des enfants atleinls de plaques muqueuses anales. On rapporte également le cas d'un jeune homme ayant contracté un chancre de la cuisse, qu'il ne savait à quoi attribuer ; il se souvenait seulement d'avoir fait asseoir sur ses genoux une danseuse atteinte de lésions syphilitiques, et proiMblement très légèrement vêtue. La syphilis se transmet quelquefois par les morsures. On a publié l'observation d'un homme qui, dans une rixe, avait été mordu par son adversaire, lequel avait des plaques muqueuses buccales ; on chapcre apparut au niveau de la plaie, et des symptômes syphilitiques généraux se développèrent par la suite. J'ai observé deux cas de chancres suite de morsures; dans un de ces

(1) Voir un travail de Taylor, Sur la transmission de la contagion syphilitique dans la circoncision, in New-York med, Joum, Dec. 1873.

(2) Bardinet {Syphilis communiquée par le doigt if une Mage- femme in Ânn. d* hygiène publique et de mid. légale, 1874, t. XLII, p. 134) rapporte Tobsorvation d'une sage-femme atteinte d'une lésion syphiliti que du doigt, qui donna la mabdie à plus de cent personnes.

cas une femme avait été mordue au mamelon par son amant au milieu de caresses qui n'étaient pas allées jusqu'au coït, dans l'autre un homme avait été mordu au scrotum par une prostituée. Dans ces deux cas je vis la lésion initiale de bonne heure, et pus suivre la maladie. On a publié des cas semblables. L'opération de la greffe cutanée peut communiquer la syphilis (I).

2. Contagion médiate. — Elle peut se faire par l'intermédiaire d'un cigare (2) ou d'une pipe passant d'une bouche à une autre, de divers ustensiles communs (3), par le fait de coucher dans le même lit, ou de se servir des mêmes instruments, comme font les souffleurs de verre (4). La contagion peut être transmise par des instruments de chirurgie (5). Le tatouage a quelquefois été l'intermédiaire de la transmission de la syphilis, comme dans une série intéressante de quinze cas, rapportés par Maury et Dulles (6). Les accoucheurs et les sagefemmes peuvent devenir la source d'une contagion médiate aussi bien qu'immédiate. On a rapporté un cas dans lequel les sécrétions des organes génitaux d'une femme ont été l'intermédiaire de la contagion. Cette femme avait eu des rapports avec un homme porteur d'une lésion infectante du pénis, et quelques heures après avec un autre homme n'ayant jamais eu auparavant d'affection syphilitique. Le second amant contracta de ce coït un chancre, tandis que la femme, dont les sécrétions vaginales avaient transmis la contagion, resta indemne. A l'époque où l'on commençait à observer la syphilis, on imaginait que la contagion pouvait être transmise par l'air comme l'est la pe« titc vérole, et on a rapporté des cas dans lesquels des individus avaient été accusés d'avoir transmis la syphilis à d'autres en leur parlant

(1) Voir le cas de Deubel, Gax. méd. de Paris, 8 nov. 1881, p. 628.

(2) Detuc cas de chancres de la lèvre, probablement dus à des cigares. Transactions of the American dermatological Association» Archives of Dermatology, oci,

(3) Voir un cas d'inoculation syphilitique par une brosse à dents, par Baxter. Lancet,Z\ mai 1879.

(i) Rollet, Arch. g en. de Méd,, 1859; Gaz, méd, de Lyon y 16 nov et !•' déc. 1862. — Dechaox, Epidémie syphilitique à la ven^erie de Montluçon, Gaz, méd, de Lyon,n'* 15 et IG, 1867.

(5) Dans le cathétérisme de la trompe d*Eustache par exemple. Voir Laillor et autres, Bull, et Mém. de la Soc. méd, des Hôpit, de Paris, 1864, p. 299, 313 et

((i)\laury ciD\i\' es, Am. Joum. méd, se, làiwlcr iS' 3.

CiO

ARTHUR VAN HARLINGEN. — SYPHILIS

à l'oreille. Nous savons maintenant que cette théorie ne repose sur aucun fondement, et qu'un contact direct est indispensable. Une autre idée régnait jusqu'à ces dernières années; on admettait qu'un enfant pouvait contracter la syphilis de sa mère pendant l'accouchement, au moment du passage à travers les organes maternels. Il est difficile de dire pourquoi cette théorie s'est propagée. Je crois qu'elle n'a jamais été sérieusement établie par aucun des faits publics.

Bien d'autres modes de contagion ont été rapportés par différents auteurs, qu'il n'est pas nécessaire d'énumérer, mais il faut dans les cas obscurs se souvenir de la possibilité d'une contagion médiate, et on ne doit pas se hâter d'admettre l'immoralité des gens, quand les circonstances extérieures sont contraires à cette opinion, surtout s'il existe une possibilité de contagion médiate. Citons comme exemple le cas suivant. Clerc, qui certes n'était pas crédule, montra à ses élèves un vieillard de soixantedix ans, qui depuis bien des années n'avait pas eu de rapports sexuels. Cet homme présentait un chancre du pénis, qui provenait du frottement de l'organe sur le devant d'un pantalon suspect qu'il portait depuis environ deux mois (I).

SYPUILIS VACCINAÎ.E.

La question de la transmission de la syphilis par la vaccination a une grande importance pratique (2). La possibilité de ce mode de transmission était admise dès le commencement de ce siècle, mais ce n'est que tout récemment, en i^2, que l'attention générale fut attirée sur ce sujet, à propos do la condamnation à une amende et à rcmprisonnemcnt d'un chirurgien vétérinaire de Berlin reconnu coupable d'avoir inoculé la syphilis par la vaccination à dix-neuf individus. Le virus provenait d'un enfant, parfaitement sain en apparence jusqu'au jour de la vaccination, mais qui, sept jours après, eut une syphilide érythéniateuse généralisée! En 4864 apparut la fameuse épidémie de Rivalta,

(1) Voir égaloniont Hyde, Sur quelcjues sources de Vinfection syphilitique {American Journal ofthe med. *c., janvier 1874), et Rohô, Deux cas de syphilis, dans If^squeU l'infection se produisit dans des circonstances extraordinaires {Chicago med, Joum. and Examiner, juillet 1878).

(*i) Voyez De in Syphilis vaccijiale, communications à l'Académie de médecine, par MM. Dcpaiil, Ricorcl, Clôt, Jules Gucrin,Troui>scau. Taris, 18GS. 1vol. in-8.

petit village italien de 2,000 habitants. Deux séries de vaccinations furent faites à un infer valle de dix jours. Quelque temps après U première, trente-huit enfants présentèrent des signes manifestes de syphilis ; dans la seconde, un de ces trente-huit enfants transmit la maladie à sept personnes. Ces faits, ainsi que d'autres publiés plus tard, frappèrent Tatteation, et dans ces dernières années le sujet t été étudié avec soin ; on connaît anjoard'hid les symptômes et la marche de la maladie beaucoup mieux qu'autrefois.

Fait remarquable, dans un grand nombre des endémies dont L'histoire a été publiée, les manifestations syphilitiques ont apparu à différentes époques et sous des formes différentes sur les différents individus infectés. Les ans présentaient de bonne heure des éruptrôm muqueuses et cutanées caractéristiques, chei d'autres la maladie apparaissait à une date plus éloignée sous forme d'une lésion limitée au point d'inoculation, les accidents généraoi ne se montrant qu'au bout de quatre à cinq semaines. Une autre cause de confusion, c'est que beaucoup de sujets ayant été inoculés avec le même liquide, les uns eurent la vaccine oa la syphilis seulement, tandis que d'autres présentèrent les deux maladies simultanément Dans certains cas rares le vaccinifère fut trouvé sain. Viennois expliqua ces contradictions apparentes, en montrant que, lorsque la syphilis est transmise par la vaccination, la première lésion est un chancre au point d'inoculation, apparaissant après la période d'incubation habituelle, et suivie après l'intervalle accoutumé de symptômes généraux. Quand cependant les symptômes apparaissent tout d'un coup quelques jours après l'inoculation, ils ne peuvent être mis sur le compte de cette opération. L'observation clinique a montré que la modification imprimée à l'organisme par la vaccination peut précipiter l'apparition de l'éruption chex les individus qui se trouvent sous l'influence de la syphilis.

Il reste à déterminer l'agent de la contagion. On ne peut en rendre responsable le liquide des vésico-pustules vaccinales, puisque chex un grand nombre des enfants vaccinés pendant les différentes épidémies, aucun signe de syphilis n'apparut. Mais nous savons que le sang des syphilitiques est contagieux ; il est doue probable que du sang fut inoculé dans les cas publiés. Ce qui rend la chose plus probable, c'est que dans certaines séries de vaccinations de bras à bras, les premiers vaccinés restèrent

PATHOLOGIE GÉNËBA[.£.

lis que, au contraire, les derniers avaient été inociïfés avec les tes du fluide vaccinal obtenues raclage des vésico-pustules, fu- . faut dire pourtant que tous les ettent pas que le sang soit le dieux dans ces cas. Des écailles les leucocytes, de la lymphe, is observateurs, peuvent être ules de la contagion. On s'esi iang d'un individu ayant reçu la ion de la vaccine et de la sy- 3nt dès le moment du développeles vaccinales, c'est-à-dire, vers )ur et conséquemment avant chancre. Le fait est encore dou- Tobservation suivante semble mative : pendant l'épidémie de rtaine malade, qui avait servi à juin, dix-sept enfants, dont sept itteints par la syphilis, vit ses aies se changer en ulcères init, la peau de la malade se couiide érylhémateuse.

a syphilis vaccinale peut dériver s, du vaccinifère et du vacciné, pour intermédiaire le sang, et vailles épidémiques et leg gloie peut atteindre le vaccinifère

dit que pour distinguer entre la

lie (celle où l'infection et la

it simultanées) et la syphilis

celle qui se déclare après la vac-

infant congénitalement syphili-

î souvenir :

la syphilis vaccinale on trouve

point d'inoculation avec l'adé-

Disinage caractéristique, tandis

)hilis infantile il n'y a pas de

des lésions cutanées, glandu-

s, osseuses et autres.

ution de la syphilis vaccinale

quatre temps : a, vingt jours

chancre ; c, quarante-cinq jours

explosion des symptômes géné-

ité pratique des maladies vénérien"

l'excellents articles du D' Frank P.

ork {Am. Jowm. Syph, and Derm., 89, 293 ; vol. Il, 1871, p. 38 ; vol. III, ); vol, IV, 1878, p. 201) donne une la question de la syphilis vaccinale, ivue du D' Murray, dans le même

de chirurgie.

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