‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 273 sur 343 · APPAREIL OLFACTIF · texte numérisé non relu

APPAREIL OLFACTIF

La membrane muqueuse, les cartilages, les os et les nerfs de rolfaction peuvent être atteints par la syphilis à une période quelconque de son évolution. La membrane pituitaire peut, dans les premiers temps de la maladie, être le siège d'éry thème, de plaques muqueuses ou d'ulcérations superficielles, en un mot, de lésions identiques à celles de la bouche. Quelquefois on peut apercevoir en dedans de l'orifice nasal une érosion ou une ulcération superficielle entourée par une muqueuse tuméfiée; les ailes du nez sont douloureuses à la pression. Des bouchons de mucus desséchés, mêlés do pus et de sang, obstruent fréquemment les passages et sortent de temps en temps. Le caractère de ces lésions est souvent difficile à définir en l'absence d'autres accidents syphilitiques concomitants ; c'est quelquefois seulement leur disparition sous l'influence des antisyphilitiques qui indique leur véritable nature.

Rhinite. — Dans les stades avancés de la syphilis, on rencontre une rhinite ulcérative ou un ozène syphilitique ; c'est une des plus graves affections ulcéreuses des muqueuses, et une des * plus dangereuses, parce qu'elle est souvent prise pour une affection plus simple et plus bénigne, jusqu'à ce qu'elle ait fait d'irréparables ravages.

Au début, les narines sont bouchées ; les parties malades sont douloureuses; il y a du catarrhe. De temps en temps le malade expulse des croûtes spongieuses brunes couvertes de sang, en même temps qu'un fluide séreux, presque

inodore, ainsi que du mucus. Quand FaffectioQ est devenue plus profonde, elle détermine on écoulement séro*sanieux, de mauvaise odeur, qui devient plus fétide à mesure que l'affection devient plus profonde. Si elle siège près de l'orifice des narines, on peut voir sur la cloison ou à l'intérieur des ailes du uez un ulcère arrondi, élevé, fongueux, ordinairement recouvert d'une croûte jaune. Le rhinoscope est nécessaire pour apercevoir les lésions plus profondément.

Que la lésion débute par la muqueuse et pénètre jusqu'à l'os, ou que la lésion osseuse se développe la première et que la muqueuse ne se prenne que plus tard, des fragments de cartilage et d'os sont aisément mis à nu, détachés et expulsés. Dans ce cas l'écoulement devient noirâtre et extrêmement fétide, l'odorat est presque entièrement perdu, la muqueuse du voisinage de l'ulcération se tuméfie et devient sensible, le nez se déforme, et si la cloison est attaquée, s'aplatit.

L'ulcération peut perforer la paroi inférieure de la cavité nasale, s'étendre au pharynx, se frayer un chemin le long de la trompe d'Eustache, et même pénétrer dans la cavité crânienne, en s'attaquant aux méninges; plus communément pourtant la membrane du tympan se rompt, et un écoulement purulent se fait par

(1) Alfred Foumier, dans sa monographie ai complète des Lésions tertiaires de l'anus et du rectum^ Paris, 1875, dit qu'il a connu une demi-douzaine de malades atteints de rétrécissement syphiUtique da rectum, qui, en se serrant de bougies de temps en temps, ont pu se maintenir dans un état satisfaisant pendant cinq, huit et dix années.

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