TRACHÉE ET BRONCHES. — SYMPTOMES
■migdales Cl tes glnudes s ou s -maxillaires sont ordinairement alleintca de bonne heure; une douleur quelquerois extrâme est un des symptômes du cancer ; elle manque dans la syphilis, tant que les parties n'ont pas été détruites sur ane grande étendue.
Les gommes du larynx sont souvent solitaires, et peuvent atteindre de grandes dimensions; mais elles peuvent aussi être petites et multiples. Elles s'ulcèrent généralement. La termi- Daison fatale peut survenir au cours de ces affections, par obstacle à ta respiration dû au volume de la tumeur, ou à un œdème aigu du .aryni. TQrcfc a publié un cas de mort par hèmorrhagie.
Il peut se produire de la périchondriie par cxteasioD d'un processus inflammatoire ou ulcétalif des tissus muqueux et sous-muqneui. Le cartilage lui-même peut être atteint; dans ce cas on peut, dit-on, percevoir de ta crépitation à la palpation.
La carte ou une véritable tiécrote, quand le cartilage s'est ossiSé, est une suite ordinaire de rîDTOsioD du périchondre par l'inflammation ou l'alcération gommeuse. Des fragments de semestres peuvent être expectorés, ou peuvent, en •0 logeant dans les voies aériennes, déterminer one dyspnée alarmante ou même fatale. Mauriac décrit une inOammatioo phlegmoneuse particulière des parties voisines du larynx, secondaire k l'invasion et à la mort du carlitage.
L'aphonie typhiUlique a été observée quelquerois. La cause de cette aphonie, quand elle apparaît au début de la syphilis, n'a pas encore, je crois, été déterminée; mais Simyan et Paget décrivent une paralysie des cordes vocales qui a été observée dans les périodes avancées de la syiihilis. Elle est unilatérale et cède à une mëdlca'ion spéciQque (1).
(I) Voir poar plus da détùls les trsvtai saiv«i)U : Gerlurdl et Holh. Utber ayph. Krankhtiten det Ktht kopftt {Areh. f.palh. Anal., Ueft XXU, ISBl); Kriihtb«r. Contribution ù l'élwle det troubles rttpiraloir» doHt Ut laryngopathiet typh. [Ga%. htbd.. Mit, B- *&-*î) ; Ebberg, S'jphilUic mi-ubi: occ/uiiou 0/ nimi gloltidit [Am. joiirn. »yph. and dtrm., ISTt); P. FwTH, De la taryjtgitt ii/phililiqut (Th. de Paris, )S74J ; bishaber et Mauriac, De* laryngopalhits ti/pk. peititani lei prtmiiia phase» ite ta typhilU. Paria, UT«: Wbktiar, TKe tarly manifestations of sypliitu k Ihe larynx Itfni. Times and Gai., IS78, d" UTi 4 1484): Simytn, Syphilis laryngée tertiaire (Th. do Piris, 1S17] ; Uinrtic, Sur les taryngoiialhies sypii. grnvtt eomi'liqiiirs de phlegmon périlar^ngien. Pirit, II7S; Simïtn et Paget, Des paralysie» da larynx (Tb. de Parts, ISn) ; Dance, Eiuption» da larynx tunenul dam, la période lecondairt de la syp hilit jown tae1'■^, àf cliirurgle.
TRACHEE ET BBOMCUES.
Les afTections syphilitiques de la trachée et des bronches sont naturellement très analogues à celles du larynx. La partie inférieure de la trachée est le siège habituel du mal. Les lésions se développent habituellement dans le tissu Bous-muqueux plutôt que dans la muqueuse elle-même ; elles consistent soit en une infiltration diffuse dans le tissu sous-muqueux, ou eu tumeurs gommeuses circonscrites. Dans les tuyaux bronchiques, les lésions se rencontrent habituellement au voisinage des bifurcaUons.
SymptAmee.
Les symptôme» des affections syphilitiques de la trachée et des bronches varient un peu selon la nature des lésions. Leur apparition et leurs progrès sont insidieux, et les malades ignorent souvent leur existence. Une légère dyspnée, un peu de toux et la sensation d'un obstacle au passage de l'air perdue au niveau de l'eitrémilé supérieure du sternum, voilà les sympldmcs ordinaires. La respiration peut aussi être un peu rude ou siCIlanle dans quelques cas ; le malade peut élre un peu oppressé en montant les escaliers, ou avoir une sensation de suffocation la nuit, et une toux sèche. A une période plus avancée de l'affection, la toux est plus tréquente et plus gênante, et les crachats deviennent muco -purulents, striés de sang ou nummulaires, d'un vert jaunâtre. L'auscultation ne révèle aucun bruit anormal. Les symptômes mentionnés persistent pendant quelque temps, puis commencent à diminuer, surtout si on emploie une médication appropriée. L'amélioration n'est cependant pas permanente, car lorsque la cicatrisalion commence, les symplOmes observés auparavant réapparaissent encore, à un moindre degré seulement, et avec moins de chances de guérison par le traitement. Un des symptômes les plus importants observés à cette période est constitué par des accès de suffocation soudains, et sans cause bien définie, quelquefois assex graves et assez fréquents pour
ISSi; TréUt, Sur ta Irachéotomie dans le» Uiioiu *yphilitiques de» loiet reipiraloirei {Bull, de fâca-l. de mid., ddc. S, 18S8J ; Bryant. Tram. Clin. Soe. Loudon, jo\. 1, 1868, p. Il7 ; U. L. Williams, St-Barthol. hosp. rep., IFG9, p. 1!4; T. G. Wollaston, Liverpoot med. nnd siirg. rep., vot. III, 1169, p. 30; Erieliseo, Me-I. Times and. Gai , 8 avril 1871 ; W. Slokei, Bi-il. med^
l-aiHl 1871. Paris,
ARTHUR VAN HARLINGEN. - SYPHILIS
mettre la vie en danger. L'abaissement et l'im- | mobilité du larynx pendant la phonation et la déglutition sont aussi des signes importants de la syphilis trachéale à une période avancée. On peut, de plus, percevoir au toucher une dureté spéciale de la trachée, et une diminution de la mobilité de cet organe au milieu des tissus voisins. On peut, dit-on, quelquefois apercevoir au , laryngoscope les lésions in situ^ mais je crains bien que les laryngoscopistes très experts puissent seuls jouir de cette vue.
Quand la maladie n'intéresse que les tuyaux bronchiques, les symptômes sont quelquefois différents de ceux décrits plus haut. On supposait autrefois que les tuyaux bronchiques n'étaient atteints que secondairement ou du moins consécutivement aux lésions de la gorge, mais celle succession n'est pas très fréquente. Les premiers symptômes sont très semblables à ceux du catarrhe ordinaire. La voix est altérée cependant ; il y a de la sécheresse continuelle et de l'irritation du larynx qui s'étend graduellement aux tuyaux bronchiques. Les malades souffrent d'une sensation de constriction douloureuse au niveau du sternum, accompagnée d'une toux sèche. Plus tard, les crachats deviennent purulents et indiquent qu'il se fait de la suppuration. On n'observe pas de Ocvrc hectique, à moins qu'elle ne se soit montrée antérieurement; la dyspnée est habituelle, et le malade peut ffnir par mourir dans un accès de suffocation. Ces affections sont rares et souvent fatales, surtout quand la trachée est intéressée, à cause de la dirOcuUé qu'il y a à reconnaître la maladie assez tôt pour y porter remède.
Diagnostic.
Le diagnostic de la syphilis de la trachée et des bronches se fait principalement en tenant compte de la dyspnée, du caractère sifflant de l'inspiration, la voix conservant son timbre naturel, de la douleur ou d'une sensation de corps étranger en un point des voies aériennes, et subséquemment des accès de suffocation sans lésion pulmonaire appréciable (I).
(1) Pour plus de détails, spécialement en ce qui concerne le diagnostic diffëronliel de la syphilis do la trachée et des bronches, voir Lancereaux (op. ci7., p. 321), et Biernier, Mém. sur les rèlréciss. de la trachée et des bronches {Gaz. des hôp., sept. 9, 1869) ; deux observations, Tune do Moissenet, Tautro do Dcuiaiquay, dans lesquelles un rétrécissement cicatriciel, dû à la gaérison d'une lésion syphilitique, nieaa une dyspnée mortelle, se trouvent dans IVln-
TraiteaiAAi.
Quant au traitement de ces affections, le mercure est peut-être le meilleur remède, puisqu'on sait que l'iodure de potassium provoque quelquefois l'apparition de l'oedème^ ce qui complique la situation.
Les pulvérisations de liquides astringents et sédatifs peuvent également être mises en usage. Le traitement, pour être efficace, doit être &ût en temps opportun et poussé à fond (I).
POUMOHS.
On décrit ordinairement deux affections syphilitiques des poumons, la fmetfmonte difuse ou interstitielle, et la pneumonie eiiconscrite ov gùmmeuse, La pneumonie diffuse peutôtre située soit dans le lobe supérieur, soit dans le moyen, soit dans l'inférieur, sans pourtant envahir une partie considérable du parenchyme. La partie du poumon affectée est ferme, dure, friable, imperméable à l'air, et, par conséquent, non crépitante. La pneumonie circonscrite, qui est un peu moins rare que la variété diffuse, est caractérisée parla formation de dépôts gommeui dans le tissu pulmonaire en un ou en plusieurs points, sans localisation particulière de prédilection. Quand cependant la gomme se trouve dans le lobe supérieur, c'est à sa base plutôt qu'à son sommet, contrairement à ce qu'on observe dans le cas de tubercules. Les gommes pulmonaires sont généralement fermes, lisses et circonscrites par un tissu fibreux dlnduration ; elles se nécrosent de bonne heure, deviennent le siège d'une dégénérescence graisseuse ou caséeusc commençant au centre du nodule. Ensuite l'absorption peut se produire, en partie ou complètement, mais plus communément les gommes ramollies sont évacuées par les bronches, laissant une cavité circonscrite par du tissu fibreux. La cicatrisation peut alors se faire.
Les tymptàmei de la syphilis pulmonaire n'ont
nuaire de la syphilis, I85S, p. 324 et sont ciiéei par Bumstcad et Taylor {op. cit,, p. 621).
(l) Voir Cohen, Diseases of the throat OMâ tuotl passages, New York, 1879; et l'article bot les affections do la gorge dans le présent ouvrage. Voir las^ Trclat, De la trachéotomie dans les lésions syphMqucs fies voies respiratoires {Gai. hebd,, 1869, n* l*i
18 et i'J;.