SYPHIUS DU SYSTÈME CIRCULATOIRE
COEVB.
Les lésions syphilitiques du cœur sont de deux espèces ; elles sont diffuses et circonscrites. Les premières, semblables sous tous les rapports à
(1) Voir pov plus de deuils sur la syphilis pulmonaire : Gintrac, Phthisie syphilitique yGat, hebd»t 1S77); Herts, Ein Fdll von Aneurysma und Pneumonia syphititica [Arch. f. path, Anat, ISIZ, p. 421); Lancereaux^ Des affections syphilitiques de l'appareil respiratoire (Arch, gin, de Méd,, 1873) ; id., Sote sur tôt cas de syphilis pulmonaire, suivie de réflexions sur la syphilis des viscères et les erreurs dont elle est lobjet (Bull, de tAcad de méd., 2« série, t. VI, n* 43) ; Aufrccht, Zwei Fâlle ron syyhilitischer Miliartubereulose {Ueutsch. Zeitachr. f, prakt. Aîed.^ 1874, n» 2G) ; Fournier, De la phthisie syphilitique {Gax, hebd., 1875, p. 758, 773, 802; Thorcson, Sypfiilis und Phthisis
la myosite syphilitique diffuse, sont rares, sauf en connexion avec les dernières, avec les gommes.
Les symptômes de la syphilis du cœur n'ont pas encore été très bien établis, à cause du petit nombre des cas, et la courte durée pendant laquelle elle a été observée. Ils sont de deux espèces, les symptômes fonctionnels et les signes physiques. 11 y a presque toujours des palpitations, de Tirrégularilé du pouls et un sentiment de faiblesse. Pendant la dernière période de la vie, on observe une douleur in-
{Norsk, mag. f. Laegevid., 1875, et SchmidCs lahb. 1875); Rollet, Lungensyphilis {Prûger Vierteljah-s,, 1877, p. 13, extrait de la Wien, med. Presse, 187r, n» 47) ; Tiffany, Syphilis ofthe lung {Am. journ. med. »ci., juillet 1877, p. OO); ainsi que l'article sur la discussion de la London pathological Sociaty {Lnncel, i vol. î, 1877, p. 354).
ARTHUR VAN HARLINGEN. •- SYPHILIS
tense et de la const riclion a la région précordiale. La face présente an certain degré de cyanose,le8lèyre8sontlégèrement cyanosées, e^ on observe un peu d'œdème. Le signe physique le plus marqué est de la matité à la percussion au niveau de la région précordiale, un bruit sourd et quelquefois un léger souffle accompa* gnant le premier bruit du cœur, ayant son maximum d'intensité à la pointe. Les veines du cou et des extrémités sont souvent distendues. La marche de l'affection est lente, et insidieuse.
Symptômes.
Les ^fmptàmes de la syphilis du cœur ne diffèrent pas beaucoup de ceux des autres affections cardiaques. C'est pourquoi il faut ordinairement» pour faire le diagnostic, reconnaître la maladie générale. On peut dire cependant que les affections cardiaques syphilitiques forment une classe spéciale, qui peut, dans bien des cas titre différenciée de celle des affections rhumatismales. Elles ne se manifestent ordinairement que par de l'oppression , de la dyspnée, de Tirrégularité des battements cardiaques et du pouls, tandis que les affections rhumatismales, qui atteignent principalement les valvules du cœur gauche, particulièrement la mitrale, donnent généralement naissance à un souffle bien marqué, et s'accompagnent plus ou moins rapidement d'œdème. La myocardi te rhumatismale et alcoolique, et les dilatations secondaires des cavités cardiaques, de môme que les lésions syphilitiques, ne donnent pas naissance à des bruits de souffle, et déterminent également de l'asyslolie à une certaine période. Les antécédents du malade et Texistence ou l'absence de cachexie aideront au diagnostic dans ces cas (1).
▼AISSEAUX SANGUINS.
Les lésions syphilitiques des veines sont si rares qu'elles sont à peine connues en pratique. Gosselin (2) a publié deux observations de gommes peu volumineuses trouvées dans le tissu conjonclif entourant les saphènes ; elles formaient des cordons douloureux sous la peau.
Les lésions syphilitiques des artères sont primitives ou secondaires (c'est-à-dire dues à des lésions de voisinage). Verncuil, d'après
vl) Voir Lanccreaux, op. cit.^ p. 2'jj ctsuiv. (3) Selon JuUien, qui ne cite pas U source.
lullie' eau cite un sde celte dernière vaiiété, dans lequel Textension d'aoe ulcération phagédénique détermina une perforation et une hémorrhagie excessivement grave. Les tissus entourant l'artère et ses enveloppes étaient entamés. C'est dans les petits vaisseaux da ce^ veau que les affections artérielles primitives sont le plus fréquentes. Elles consistent en uo épaississement des parois artérielles dû à une infiltration de petites cellules, surtout dans la tunique interne. Le processus diffère de celui de l'athérome ordinaire par la localisation haUtuelle dans les petites artères ; par la plus grande rapidité de son extension, faisant jdus de progrès en quelques mois que n*en fait l'athérome en quelques années ; par sa tendance à rétrécir le calibre des vaisseaux, tandis que l'athérome tend à les dilater en en amincissant les parois. Les lésions syphilitiques des vaisseaux sanguins trahissent leur présence par les affections viscérales trophiques qu'elles déterminent. L'obUtération de la carotide cause de la douleur dans la tête, des attaques épîleptiques et un affay>lissement des fonctions cérébrales, suivi de coma et de mort Quand les artères cérébrales proprement dites sont malades, une céphalalgie intense, presque toiqours frontale, plus forte encore pendant la nuit, et jointe à diverses altérations des fonctions psychiques et sensorielles, est le signe de l'ischémie cérébrale, et sert de prodrome aux accidents qui vont survenir. A une période plus tardive, une attaque apoplectique, avec ou sans perte de connaissance, et abolition plus ou moins complète des mouvements, ou plus fréquemment avec aphasie, hémiplégie, etc., montre l'iDfluence indirecte de la lésion vasculaire syphilitique. 11 peut aussi survenir du délire.
Diagnostic et pronostic.
Le diagnostic de l'artérite syphilitique peut être fait à l'aide des commémoratifs.
Le pronostic a une grande importance ; la question de savoir si la syphilis peut être une cause d'anévrysme a attiré l'attention pendant quelque temps, et aûnipar se décider par ^affi^ mative(l).
(1) Voir Wilks et Hoxon, Lectures on patkologicat anatomy ; Lanccreaux, Artérite sypkilUiqme {Gêl. dn hôp., n» 21, I87C).
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