‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 293 sur 343 · SYPHILIS DES VAISSEAUX ET DES GANGLIONS LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

SYPHILIS DES VAISSEAUX ET DES GANGLIONS LYMPHATIQUES

La syphilis peut atteindre les vaisseaux et les ganglions lymphatiques à ses débuts et à une période plus avancée. Nous arons déjà mentionné l'adénite qui accompagne le chancre. Elle est limitée aux vaisseaux et aux ganglions du voisinage immédiat de la lésion initiale, et comme elle persiste souvent jusqu'après la disparition de toute trace du chancre, elle peut, dans les cas difficiles, aider beaucoup le diagnostic.

L'adénite, accompagnant l'apparition des symptômes généraux, se montre simultanément sur différents points; c'est dans les régions sous-occipitale, mastoïdienne, épilrochléenne et sous-maxillaire que l'engorgement glandulaire est le plus marqué. Son apparition est contemporaine de celle des éruptions syphilitiques les plus précoces, c'est-à-dire qu'elle se fait de la sixième à la douzième semaine de la maladie. On a dit que l'engorgement glandulaire était dû & l'influence de l'éruption, mais ce qui démontre le contraire, c'est qu'elle peut se produire en l'absence de toute manifestation cutanée.

L'engorgement glandulaire généralisé est tout à fait semblable à l'adénopathie localisée du chancre. Le ganglion augmente peu à peu de volume, sans réaction inflammatoire ; il atteint

le volume d'un pois ou d'une aveline, est mobile, indolent, et disparait lentement, quelquefois seulement au bout de plusieurs mois. Le traitement est souvent impuissant en accélérer sa disparition :

La lymphangite s'observe quelquefois en même temps que cet engorgement glandulaire. On la rencontre surtout à la face interne des extrémités supérieures et inférieures. Les vaisseaux lymphatiques forment des cordons sous la peau, qui s'élargissent en certains points.

Dans la syphilis ganglionnaire tardive ce sont les ganglions profonds qui sont atteints. Ces affections n'ont été étudiées que dans ces dernières années. Les ganglions les plus communément atteints sont les abdominaux, les vertébraux, les lombaires, les iliaques et les fémoraux ; puis les bronchiques et les mésentériques ; enfin ceux des extrémités.

Ces lésions ne sont pas rares dans les périodes tardives de la syphilis. Elles se présentent souvent en même temps que des lésions viscérales, mais peuvent exister indépendamment. Elles ne se révèlent pendant la vie par aucun symptôme, et ne sont ordinairement constatées qu'à l'autopsie.

Page 1