TRAITEMENT GÉNÉRAI. DE LA SYPHILIS
Pronostic et traitement de la syphilis
nervease.
La gravité du pronostic de la syphilis dépend de la période à laquelle on institue le traitement, et aussi du degré des lésions secondaires des tissus atlcinls. « Contre le syphilome lui-môme, dit Jullien, nous sommes tout-puissants ; contre les lésions secondaires, nous sommes désarmés. » En somme^ pourtant, les chances de succès sont médiocres. Non seulement il est difficile ou impossible dans beaucoup de cas d'obtenir une amélioration, mais même quand on a obtenu une guérison apparente, des rechutes successives désappointent le médecin et le malade. Ajoutons à cela que dans quelques cas la cicatrisation du syphilome lui-même détermine une affection permanente, et Tavenir est bien assombri. D'autre part, dans les cas heureux, le résultat n'est souvent rien moins que brillant (1).
Quant au traitement, Tiodure de potassium est le meilleur remède. On doit le donner largement, souvent à doses héroïques; trente grammes, trois fois par jour, ont été administrés par Broadbent.
Pourtant, dans quelques cas, le mercure réussit là où l'iodure a échoué.
Ces médicaments doivent être essayés alternativement et simultanément quand c'est néces. saire.
Naturellement les remèdes ordinairement employés dans les diverses névroses, révulsifs, bromures, électricité, hydrothérapie et mesures hygiéniques, doivent être mis en usage en môme temps que les spécifiques (2).
of the int. tned. eongress, London, 1881 ; et Med. Times and Gaz,, oov. 19, 1881.
(1) Voir Van Buren et Keyes, op. ciU
(3) Outre les indications bibliographes données dans le texte, on pourra consulter les monographies et articles suivants sur des points spéciaux se rapportant à U syphilis du système nerveux. On trouvera des indications plus complètes dans les livres de Jullien et de Lancereaux.
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Traitement général de la syphilis.
TRAITEMENT KXPECTANT.
Un certain nombre de cas de syphilis sont si bénins que, môme quand ils sont abandonnés
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ARTHUR VAN HARLINGETf. — SYPHILIS.
à eux-mêmes sans traitement, ils tendent à guérir spontanément. L'observation de ces cas a conduit quelques médecins à imaginer qu'une maladie si souvent bénigne ne réclame pas de traitement, à moins qu*il ne se produise des complications extraordinaires. Mais, môme dans les cas les plus bénins, il se produit des symptômes qui, s'ils ne sont pas traités, peuvent durer beaucoup plus longtemps que si on les soumet à un traitement; de plus les malades, qu'on abandonne ainsi, ne sont pas satisfaits, et en conçoivent du découragement. Il faut de plus se souvenir que les cas qui paraissent devoir ôtre très simples, n*en présentent pas moins assez souvent des accidents graves à une période plus éloignée.
Aussi, en considérant que tout ou presque tout préjugé contre le mercure a disparu chez les médecins et chez le public, ne voyons-nous aucune raison, dans l'immense majorité des cas, à ne pas employer rigoureusement un traitement anti syphilitique énergique.
TRAITBllENT HYGIÉNIQUE ET TONIQUE GÉNÉRAL.
Pour réussir dans le traitement de la syphilis, il faut donner toujours la plus grande attention à la santé générale du malade et aux conditions dans lesquelles il vit. Un air vicié, des vêlements insuffisants, une nourriture peu abondante ou mauvaise, voilà autant de causes d'aggravation des symptômes, qui, dans des conditions favorables, auraient eu comparativement peu d'importance. Cela s'observe très nettement dans la pratique hospitalière des grandes villes; des syphilitiques, amenés dans des conditions déplorables, se remettent rapidement sous l'influence d'une alimentation et d'un régime régulier. J'ai Thabitude, dans les cas où le malade est épuisé, de différer l'emploi des spécifiques pendant un certain temps, même quand il existe des symptômes menaçants (à moins que le cerveau ne soit atteint), et de commencer le traitement par une alimentation réparatrice, l'emploi des stimulants, des toniques, et j'ai
sup, (Gaz, des hôp., n*84, 1877, -p. 271). —Syphilis du cerveau. Paris, 1879,
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Reubbn a. Vancb, Syphilitic epilepsy Am, joum, syph. and derm., vol. II, 1871, p. 208.
assez souvent vu cette méthode donner les plas heureux résultats chez des individus dont la santé se détériorait graduellement et d*une manière continue sous rinûaence d'une médiation spécifique rigoureusement suivie.
Le malade, traité pour une syphilis, doit mener une vie régulière, avoir une alimentation simple mais nourrissante, s'abstenir de mets excitants et de tabac, surveiller les fonctions de la peau et des intestins, et prendre autant d'exercice en plein air qu'il le pourra. La régalarité de la vie doit comprendre la restrictioii des plaisirs sexuels ; il faut y insister. C'est dans la syphilis nerveuse surtout que les excès vénériens ont les conséquences les plus déplorddes.
I.es individus habitués aux stimulants ne doivent pas être privés d'alcool sous toutes ses formes; on leur conseillera les teintures amères, comme la teinture de gentiane ou d'autres analogues.
Le médecin doit s'eff^orcer d'entretenir le malade dans une bonne disposition d'esprit; la bonne humeur ne vient pas seulement en aide aux remèdes, elle prévient encore ce malheureux état de mélancolie connue sous le ncmi de syphilophobie, qui est souvent irrémédiable, quand il a pris une bonne fois possession de l'esprit du malade. Les individus qui en sont atteints, s'imaginent qu'ils sont saturés de poison syphilitique, qu'ils n'en peuvent guérir, ^ il arrive quelquefois que, malgré les affirmations du médecin les déclarant en santé parfaite, leur esprit ne peut se mettre au repos (i).
A Texamen du sang au début de la sypbilti, on constate les signes de la chloro-anémie, oa une diminution dans la proportion desgjoboles rouges. Le fer est indiqué souvent, schI mqI, soit combiné aux spécifiques. Dans la majorilé des cas, la teinture de chlorure est la meiUeare préparation ; je me sers pourtant fréquemment du sulfate de fer ou du tartrate, sous fonne de vin ferrugineux ; on peut quelquefois employer la teinture seule, ou plus fréquemment, comme les deux dernières préparations» combinée avec les spécifiques. Les amers, tels que la quinine et la gentiane, sont souvent indiqués, et quelquefois on peut avoir à recourir aux addes minéraux.
TEAITEMBNT SPÂCIFIQUa.
Les principaux remèdes dans la syphilis soot diverses préparations de mercure et dlodore.
(1; On a cité de nombreux exemples de naladis syphilopbobes qui se sont donné la mort.