PAR LE D* WHARTON
Professeur de cliqiqoe chirurtncale à rUnivenlté de Pennsylvanie ; chirurgien à l*liôpiul
des enfanU, Philadelphie (1).
BLBON D'EMBLÉE
Le bubon d'emblée est rinflammation des ganglions inguinaux se montrant après des rapports sexuels et indépendante en apparence de toute lésion des organes génitaux. La théorie des auteurs qui ont introduit ce terme, est que le virus chancreux ou chancroïdal peut pénétrer dans les lympbatiques de la peau ou de la muqueuse, et être porté jusqu'au groupe ganglionnaire le plus voisin, où il détermine un état inflammatoire caractéristique, sans produire aucune lésion au point d'entrée. La possibilité de celte origine a été admise par beaucoup d'auteurs anciens, parmi lesquels peuvent être cités llunter, Vidal (de Cassis), Gibert et Castelnau. Ce dernier a rapporté plusieurs cas de bubon d'emblée; mais tous ces cas présentent des points douteux, soit que l'examen des parties génitales ait été incomplet ou trop longtemps différé, soit que l'enquête sur les antécédents du ma- 1 ide n'ait pas été suffisante.
Ricord (2) croit que la théorie du bubon d'em-
(1) Traduit par le b' Charles Schwartz. (?) Ricord in Hunter, Maladies vénériennes, 3« éditiun Paris, 1859, p. 341.
blée n'est pas fondée, et Cullerier (1) déclare que le bubon, qui a reçu ce nom, n'est qu'une adénite simple, telle qu'il peut s'en produire après une fatigue ou un exercice exagéré quelconque.
Ch. Mauriac (2), dans un travail complet sur ce sujet récemment publié, après avoir étudié avec soin plusieurs cas de prétendus bubons d'emblée observés par lui-même, établit qu'aucune de ces observations n'est complète ou inattaquable, et que l'existence du bubon d'emblée chancroïdal ou du syphilitique ne peut être admise. Berkeley Hill (3) déclare que le bubon d'emblée n'est pas suivi d'éruptions syphilitiques; que le pus de ce bubon n'est pas de la nature du pus du bubon virulent (chancroïdal) ; mais qu'il suit souvent le coït, et s'observe générale-
(1) Cullerier, Précis iconographique des malad, vén., p. 304.
(2) Mauriac, Étude sur le bubon d^ emblée. Paris, 1880, et Leçons sur les maladies vénériennes, Paris,
(3) Berkeley Hill, On Syphilis and local contagions (/ i corder s f p. 356.