‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 326 sur 343 · CAUSES DES VÉGÉTATIONS. — LEUR CONTAGIOSITÉ · texte numérisé non relu

CAUSES DES VÉGÉTATIONS. — LEUR CONTAGIOSITÉ

végétations génitales, a trouvé que, dans quarante-sept cas, les malades avaient présenté dans leur jeunesse des verrues ailleurs.

Les sièges de prédilection de ces tumeurs cheE l'homme sont la surface interne du prépuce, le sillon gland o-préputial, le gland luim£me et les bords ou l'orifice même du méat ; chez la Temme, elles se montrent sur les lèvres, le vagin et autour de l'anus. La chaleur cr l'humidité — conditions qui eiistent dans ces régions — sont des éléments favorables au dé' veloppement des végétations. Le phimosis prédispose k la production de ces tumeurs, la di position des parties rendant difQcile ou impossible d'enlever le produit des sécrétions naturelles on des suppurations vénériennes.

Aspect flztéFlenr des Tégétations.

Les végétations des parties génitales donnent lieu généralement à un suintement blanchâtre

Fig. 71. — Vég^uUans pôrUaoalei ehei un enrtnt.

OU Jaunâtre, dû & l'irntation causée par le frottement ou tt de véritables ulcérations; la chaleur des parties détermine la décomposition de cet écoulement, qui prend une odeur particulièrement nauséabonde. Ces tumeurs présentent de grandes variétés de forme et de dimensions, qui dépendent beaucoup de leur siège; EUT le gland et à la surface interne du prépuce elles peuvent former des masses élevées, \.u-.j-A. de cliii'urgio.

d'aspect granuleux, sessiles ou pédiculées, ou bien elles peuvent être uniques et former de petits cAnes légèrement aplatis. Quand elles se développent sur la peau du prépuce ou sur le corps du pénis, elles ont une forme conique, et la couche cornée y est prédominante ; au voisinage de l'anus elles peuvent former des masses Élevées, aplaties par la pression (fig. 74); sur les parties génitales de la femme elles forment fréquemment de larges massas, ressemblant à des excroissances en choux-Heurs. L'eitciision que peuvent prendre ces tumeurs dans certaines régions n'est limitée que par l'aire de la surface favorable à leur développement; l'anus et la vulve peuvent en être complètement entourés; le vagin peut être presque fermé; et la configuration du gland et du prépuce entièrement masquée.

Cauaee des végétations; lenr ooatttcioait«.

Ces tumeurs sont plus communes chei la femme que chez l'homme; l'étendue de la surface muqueuse exposée à l'irrilation des sécrétions altérées ou aux écoulements oCfre en effet chei elle un terrain très favorable à leur production. La grossesse favorise également la produclion I des végétations, probablement à cause de l'état congestif de la muqueuse génitale qu'on observe normalement dans ces conditions; dans ces circonstances le développement des végétations peut être assez rapide, et eUes peuvent prendre assez d'extension pour remplir entièrement le canal vaginal. Ces tumeurs se développent quelquefois sur des plaques muqueuses, ce qui les a fait considérer par quelques auteurs comme de nature STphilltique ; mais celte coexistence parait plutAt accidentelle, et ce qui prouve qu'elles ne sont pas dues k une contamination syphilitique, c'est qu'elles guérissent par un traitement purement local, et qu'elles ne sont pas modifiées par les remèdes qui s'adressent k la constitution.

La question de la contagiosité de ces tumeurs a donné naissance à beaucoup d'opinions divergentes ; quelques auteurs les regardent comme éminemment contagieuses, d'autres ne croient pas qu'elles soient transmiiBibles par voie de contagion. Dans bien des circonstances elles paraissent certainement se communiquer par contact direct, comme» dans un cas que j'ai ^ récemment observé : quatre jeunes gens curent de nombreuses végétations après avoir eu des rapnorts avec la même femme, laquelle avait 1. - .IS

YAWS. — SYMPTOMES.

YAWS, FRAMBOESÏA OU PIAN.

On a donné ces noms à une affection existant à rétat endémique chez les nègres de la côte occidentale de l'Afrique, et qui a été transportée par les marchands d'esclaves aux Indes Occidentales et aux États du Sud de l'Amérique. Cette maladie a été décrite par les médecins arabes dès le dixième siècle» qui lui ont donné le nom de SahafU (1)«

Diatrtbiitioii géographiqne.

Selon Lancereaux (2), on la rencontre à Tétat endémique de la rive gauche du Sénégal au cap Negro, en Sénégambie, au Congo, à la Sierra Leone, en Nigritie et dans les colonies qal ont tiré leurs esclaves de ces régions. Milroy (3) croit que la distribution géographique de celte maladie est beaucoup plus étendue qu'on ne le suppose généralement, et qu'elle se rencontre non seulement sur la côte occidentale de l'Afrique, mais dans les lies du Pacifique, dans l'Amérique du Sud, dans les îles delà Mélanésie et sur la côte orientale de l'Afrique.

Symptômes.

Les symptômes du yaws, selon la plupart des auteurs, sont de la lassitude, du malaise, une fièvre plus ou moins forte, des douleurs articulaires et une éruption papuleuse qui passe par différentes phases de développement, et qui, à un certain degré de son développement» a fait donner à l'afléction, à cause de sa ressemblance avec une framboise, le nom de frambœsia. Plus tard le malade présente des ulcérationsi des douleurs ostéocopes et diverses affections osseuses, exostoses, nécrose et carie, et, dans des cas rares, de la gangrène. Imray (4) prétend qu'au début de la maladie il y a peu de troubles constitutionnels, et que ce n'est qu'après un certain temps de durée, que la santé générale souffre, quand le malade maigrit et se débilite sous l'influence de la douleur et des ulcérations.

« L'éruption, selon Duhring (5), consiste en papules, tubercules et tumeurs de dimensions variées qu'on trouve à tous les degrés de déve-

(1) Theodoric, lib. VIII^ cap. xvin.

(2) Lancereaox, Traité de la syphilis.

(S) Milroy, Med. Times and Gazette, }\xin 1880. ;4) TUbttfy Fox, Diseases of the skin in hot Cli-

(i) DaMag, IWittM m diseases of the skin, p. 467.

loppement ; les éléments éruptifs débutent par des points de la grosseur d'une tête d'épingle, qui s'élargissent jusqu'à atteindre la dimension d'un pois, et ressemblent à des groseilles et à des framboises; à mesure qu'ils grossissent, leur sommet tend à s'aplatir et à se parsemer de points jaunâtres. Ils peuvent acquérir le volume d'une cerise, se ramollir, s*ulcérer et donner lieu à une suppuration fluide, fétide, jaunâtre. Ces petites tumeurs peuvent être rondes ou semi-globulaires ; elles peuvent se réunir et former ainsi des plaques végétantes ou fongoïdes. »

Hutchinson (i) a observé lui-même un cas de yaws; il dit que l'éruption consiste en petits tubercules rouges à différents degrés de développement; au moment de leur apparition, ils forment de petits boutons rouges, puis des vésicules rouges brillantes, et, à un état de développement plus avancé, des élevures arrondies à sommet aplati, d'un rouge brillant vineux et demi -transparentes, mais ayant plutôt la consistance des framboises que celle des groseilles. La substance de ces tubercules est solide, ils ne s'affaissent pas quand on les pique, mais il se fait un suintement sanguinolent ou séro-sanguinolent sur la surface mise à nu. Quelques-uns se transforment en pustules ; d'autres, quand ils ont atteint leur plein développement, s'ulcèrent à leur base et tombent ; cette base n'est pas entourée d'une aréole rouge.

Le D' Imray (2) dit que, lorsqu'on observe le yaws dès son apparition, on voit une ou plusieurs taches blanchâtres ou jaunâtres, pas plus larges qu'une tète d'épingle; ces taches se voient très distinctement sur la peau du nègre. Elles augmentent graduellement d'étendue, commencent à s'élever au-dessus de la surface, conservant la plupart leur forme circulaire, et ressemblant beaucoup à de petits globules de pus jaune. La peau reste intacte jusqu'à ce qu-'elles aient atteint les dimensions de petits pois; alors la surface devient spongieuse, jaune, elle laisse suinter un fluide ténu ; elle continue à s'accroître et finit par s'élever beaucoup à la surface de la peau. Les sièges habituels de l'éruption sont la peau, le cou, les organes génitaux, le périnée et

(1) Hutcbinson, Descriptive catalogue of the Ncu) Sydcnhnm Society^s Atlas of Portraits of Diseases of the Skin, p. 148.

(2) Fox, op. cit., D. 468.

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