‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 327 sur 343 · WHARTON. — AFFECTIONS PSEUDO-VÉNÉRIENNES · texte numérisé non relu

WHARTON. — AFFECTIONS PSEUDO-VÉNÉRIENNES

l'anus; sur la vulve et les lèvres Féruption peut être assez profuse pour former un anneau complet autour des orifices. Les lésions ne présentent aucune régularité dans leur distribution ; elles ne sont ni douloureuses ni prurigineuses. Quand, cependant, les fongosités se développent à la plante des pieds, Fépiderme épais de ces régions les empêchent de s'élever au-dessus de la surface, et elles déterminent de la douleur et du gonflement, ce qui crée un grand obstacle à la marche. L.e8 indigènes des Indes occidentales leur donnent alors le nom de tubbœ ou de crab yaw8 ; l'individu observé par Hutchinson présentait cette lésion. Quand l'éruption disparaît sans ulcérations, elle laisse des taches sombres qui disparaissent graduellement, mais quand il y a eu des ulcérations profondes, il reste des cicatrices définitives.

L'affection se communique par le contact direct ou par l'intermédiaire d'ustensiles de ménage, etc. La présence presque constante de ces éruptions sur les parties génitales fait du coït un mode fréquent de la transmission de la maladie. Aux Indes occidentales on dit que le yaws est aussi la conséquence de la morsure d'une grosse mouche, à qui on a donné pour ce motif le nom de mouche-yaw.

La période d'incubation est de trois à dix semaines : raffectiori dure de neuf à treize mois; on croit qu'une première attaque met à l'abri de nouvelles, bien que, sur ce point comme sur celui de l'hérédité, il faille reconnaître qu'il y a quelque divergence d'opinion parmi les différents observateurs.

Imray (1) regarde le yaws comme une maladie contagieuse, mais non infectieuse, et croit qu'il ne peut se transmettre que par le contact, ou par l'application de la suppuration des boutons sur une surface dénudée ou une plaie. John Hunter (2) regardait cette affection comme contagieuse, et citait le cas d'un médecin qui s'était inoculé le yaws en se blessant pendant une opération pratiquée sur un individu atteint de cette maladie. Thomson (3) croyait le yaws inoculable, et citait des exemples tirés de sa propre pratique de femmes inoculées par leur nourrisson malade ; il inocula également le pus du yaws à des enfants, pour voir si la maladie pouvait être modifiée par ce procédé, mais les

(1) Fox, op. cit.

(?) Hunter, Works, vol. II, p. 471 ; Œuvres complètes^ trad. par G. Richelot. Paris, 1843. *

(3) Thomson, Edinb. med. and surg. Joutti,, vol. ! XV-\VII1. j

résultats montrèrent que la production artificielle du yaws n'abrégeait pas sa durée, pas plus qu'elle ne diminuait sa gravité. Ces expériences de Thomson furent confirmées par une observation de Paulet (i), qui inocula à on enfant le pus de pustules du yaws ; l'opération hit suivie, au bout de trois semaines, par une attaque de la maladie qui dura neuf mois. Bowerbank (2) ne reconnaît la contagiosité du yaws que par le contact de la sécrétion avec une plaie ou une surface dénudée, et il dit qu'à la Jama^ que on admet les malades atteints du yaws dans les hôpitaux généraux, sans que la maladie se communique aux autres malades ou au personnel.

Le fait que le yaws est fréquemment contracté pendant les rapports sexuels, qu'il présente sur la peau et les muqueuses des manifestations particulières, et qu'il laisse souvent des suites semblables à celles de la syphilis, explique pourquoi les anciens auteurs le considéraient comme identique à cette maladie. John Hunter (3) est presque le seul des chirurgiens de son temps qui soutint que le yaws constitue une maladie distincte. On ne peut pas dire non plus que les auteurs modernes soient d'une opinion unanime sur ce point; Lancercaux (4) et Berkeley Hill (5) regardent l'identité des deux maladies comme établie ; ils prétendent que toutes deux sont modifiables par le mercure, ce qui est une preuve nouvelle en faveur de leur opinion. Milroy (6) et Imray, d'autre part, tout en reconnaissant quelques points de ressemblance avec la syphilis, croit que le yaws est une maladie distincte.

Je crois que les preuves fournies par les récents observateurs établissent la non-identité des deux affections ; cette opinion trouve encore un appui dans ce fait, que les deux maladies peuvent coexister chez le même malade en même temps; Milroy cite un cas où des ulcérations du yaws et la syphilis existaient simultanément, et le docteur Ross cite également un cas où il trouva sur le môme malade le vaws et la syphilis ; la syphilis s'amenda sous l'influence du mercure, le yaws resta indifférent à son action .

(1) Lancereaux, op. cit»^ vol. I, p. 33.

(2) Bowerbank, Med. Times and Gaz., juin 1880.

(3) Hunter, op. cit.

(4) Lancereaux, op, cit., p. 33.

(5) Berkeley Hill, op. cit., p. 15.

(6) Milroy, Leprosy and Yavos in the West, tndi^i, \%V6t

VERRUGAS.

Traitement da yaws.

Thomson dit que les indigènes des Indes ocddentales avaient horreur de cette maladie, et que les individus qui en étaient atteints étaient confinés dans les parties éloignées des États, où ils ne recevaient guère de soins que de serviteurs nègres, et n'étaient que rarement présentés aux médecins européens. Les indigènes employaient dans le traitement de cette maladie la fleur de soufre, dont ils saupoudraient les ulcérations, les feuilles écrasées du jatropba cureasi et le jus de la cassave amère (janipha manihot).

Le traitement du yaws, selon Imray, consiste dans remploi de bains pour activer le plein développement de l'éruption, et dans l'usage du soufre et du bitartrate de potasse pendant les six ou huit premiers jours. On donne alors le mercure, avec une décoction de salsepareille

ou de sassafras, mais on en suspend l'usage dès que les gencives commencent à montrer le plus léger indice de son action. Il faut donner des toniques aux individus d'une faible constitution en même temps que le mercure. Le malade doit être bien nourri, il faut recommander les plus grands soins de propreté, sur lesquels Thomson, qui désapprouvait le traitement mercuriel, comptait presque exclusivement. Localement on peut se servir avec avantage d'une pommade faible au nitrate acide de mercure ou d'une solution d'acide phénique; ce dernier remède a également été donné à l'intérieur par le docteur Murray (1) avec de bons résultats. Bowerbank croit bien que le traitement mercurie! abrège la durée de la maladie, mais il pense qu'elle laisse plus souvent des suites, quand on s'en sert; il dit également que l'iodure de potassium est efficace dans certains cas, surtout dans ceux où les muqueuses sont intéressées.

PARANGI.

Kynsey (i) décrit une maladie qui existe depuis de longues années à Ceylan, et à laquelle on donne le nom de Parangi. ^

Elle présente une période d^incubation, dans laquelle on trouve un ulcère en un point du corps; elle est suivie d'une période d'invasion, caractérisée par le développement d'une fièvre légère et de douleurs sourdes dans les articulations. La période éruptive vient ensuite et dure plusieurs semaines ou plusieurs mois ; elle se termine soit par la convalescence, soit par l'apparition de certaines affections consécutives, au nombre desquelles des ulcères qui peuvent succéder à l'éruption.

L'affection est contagieuse; le contage est contenu dans le produit de sécrétion des éléments éruptifs ou des ulcérations; la contagion se produit par le contact de ces sécrétions avec une surface dénudée ou même avec la peau saine ; on croit également la maladie héréditaire ; une première attaque semble conférer une immunité contre de nouvelles attaques. H. Kynsey indique les ressemblances cliniques de cette maladie avec la syphilis, mais il croit qu'elle est parente avec le yaws, si elle ne lui est pas identique.

Le parangi de Ceylan est également décrit par Tilbury Fox (2).

VERRUGAS.

Sous le nom de verrugas, le docteur Ward (2), du Pérou, décrit une maladie de ce pays, ressemblant assez au yaws.

Elle est ordinairement précédée d'une fièvre initiale de dix à treize jours de durée, et s'accompagne de douleurs excessives de caractère rhu-

(1) Kynsey, Report on the Parangi disease ofCeylan,

(î) Ward, Irons, of intem. med, congress. Philadclphia, 187G.

matismal; finalement il se fait une éruption d'excroissances verruqueuses, qui quelquefois suppurent ou s'ulcèrent (3).

En s'en rapportant au travail du docteur Ward, on peut voir que cette maladie manque de beaucoup des symptômes caractéristiques du yaws. Le

(1) Murray, op, cit.

(2) Fox, Skin diseases of India, p. 95, 1876.

(3) Voyez Dounon, Étude sur la Verruga^ malad endémique, Paris, 1871.

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