‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 335 sur 343 · PLAIES ANATOMIQUES. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PLAIES ANATOMIQUES. — TRAITEMENT

que les chirurgiens peuvent s'écorcher ou se piquer en pratiquant des opérations et qu'on peut observer des symptômes analogues à ceux décrits précédemment. La cause la plus fréquente de ces traumatismes réside dans le contact avec des points rugueux, ou avec les bords d'os nécrosés, de même qu'avec du pus, surtout quand il est de mauvaise nature. Des instruments mal nettoyés peuvent également produire des plaies empoisonnées. Mais, dans tous ces cas, la matière qui agit comme poison est morte, au point de vue pratique.

J'êï vu, en 1866, un enfant âgé de 22 mois, qui avait été. vacciné par une femme da voisinage et qui avait une suppuration diffuse avec gangrène du tissu cellulaire, depuis Textrémité inférieure de l'omoplate Jusqu'à la crête iliaque. La mort arriva au bout d'un jour ou deux et Ton fit l'autopsie ; mais la désorganisation des tissus était telle que l'on ne pouvait se rendre compte de la marche que les lésions avaient suivie. Cependant je crois que, dans ce cas, il y a eu altération du sang par une lancette malpropre.

En 1869, J'ai eu l'occasion d'observer un autro cas d'altération du sang après une vaccination ; la maladie revêtit la forme d'un érytbème fugace. La vaccination avait été faite par un médecin habile et les parents appartenaient à la classe élevée de la société, de sorte qa*il a été impossible de se rendre compte de l'origine du poison, qui a causé la mort.

Je ne ferai que mentionner, en passant, la possibilité pour les chirurgiens de contracter la syphilis dans le cours de leur carrière professionnelle. Heureusement cela n'arrive pas souvent

Nous avons dit plus haut qu'il était plus facile de s'empoisonner avec des cadavres d'individus récemment morts (c'est-à-dire dans lesquels les modifications cadavériques ne sont qu'à leur première phase) qu'avec ceux qui ont déjà subi la putréfaction. Cependant les matières animales en état de putréfaction peuvent être également nuisibles. Heath {i) cite à ce sujet le panaris, que Ton observe chez les cuisiniers, qui manient des pièces de gibier avancé. Dernièrement le conseil sanitaire de Rotherhithe, près de Londres (2), a signalé un cas d'empoisonnement par une plaie de la main, reçue en faisant l'examen microscopique d'un morceau de viande de porc. On disait, à ce sujet, « que la riande était dans un tel état de putréfaction, qu'on était obligé d'employer des désinfectants et il fut reconnu que l'animal avait été atteint

ft) Heatb, Médical Times and Gazette, 18 juin 1881. ^2) Médical Tintes and Gazette, 31 août 1881.

du typhus des porcs, s'il n'en était pas mort, et qu'en outre, il était trichinose. »

Le traitement comporte deux médications:

combattre les inflammations locales, soutenir les forces du malade.

Partout où il y a de la chaleur et du gonflement avec de la douleur, soit au niveau du point blessé, soit dans le voisinage, on fera des fomentations chaudes et l'on appliquera des cataplasmes chauds laudanisés. Toute plaie, piqûre ou coupure, sur laquelle apparaît de l'irritation, pendant une opération ou une dissection, doit être immédiatement lavée, sucée et protégée. J'ai une grande confiance dans la cautérisation profonde avec le nitrate d'argent ou avec une aiguille chauffée à blanc, à condition de le faire immédiatement Le meilleur moyen de protéger la plaie, c'est d'appliquer une couche de charpie enduite de cérat, d'axonge ou de pommade phéniquée. S'il y a une coupure, on pourra en maintenir les bords rapprochés à l'aide d'une petite bande de diachylon, que l'on enlèverait dès qu'apparaîtraient de la douleur ou du gonflement.

Dès qu'il y a de la suppuration, il faut enlever tout pansement et appliquer des cataplasmes. Si l'inflammation gagne le bras, on a recommandé de placer un cordon sanitaire autour du membre, en le badigeonnant avec de la teinture d'iode ou avec une solution forte de nitrate d'argent. On peut employer indifféremment l'une ou l'autre, et l'on entourera le membre d'une bande d'environ 3 centimètres de large audessus de la limite supérieure de la zone inflammatoire, cela a paru quelquefois donner de bons résultats en arrêtant la marche de l'inflammation, comme dans Térysipèle; mais il ne faut pas trop y compter. Agnew (1) a recommandé l'emploi des vésicatoires dans le même but.

On administrera en même temps des toniques à haute dose : fer, quinine, acides minéraux, alimentation concentrée. Le carbonate d'ammoniaque sera très utile pour combattre la prostration. Très souvent il faudra recourir aux stimulants, qu'on donnera, soit seuls, soit avec aliments. Le Champagne est une excellente chose, en ce qu'il a l'avantage de calmer l'irritabilité gastrique, qui est souvent un des symptômes les plus marqués de ce cas. Quand la fièvre est très élevée, on pourra recourir aux

(1) Agncw, ioc, cit., vol. I, p. 213.

JOnif PACKARD. — PLkïBS EMPOISOXNÉ ES.

fébrifuges ordinaires et aux lotions alcoo'' ées. I/intcnsité de la douleur réclame parfois remploi de calmants ; aussi l'on donnera des opiacés à haute dose à moins qu'il n'y ait tendance à la congestion cérébrale. Les bromures et le chloral sont indiqués dans les cas légers, mais ils sont parfois mal tolérés par l'estomac.

Comme mesure prophylactique, on peut s'enduire les mains de cérat simple ou phéniqué.

avant de faire une autopsie, oa bien mettre dei gants ou des doigtiers en emoatchoac Mais ce n'arrif e jamais à se protéger d^iine façon complète. Le cérat est de suite enleré par le contact des tissus et le caoutchouc est très fadiemeot trayersé par la pointe d'an scaJ^d^ par une arrête osseuse.

A côté des cas précédents on pent placer id quelques autres blessures qni a^en lapprodienL

TYPHUS ANLMAL

Dans l'observation suivante rapportée par Pichon et citée par Jamieson, de Sanghaî (4), il s'agit d'un vétérinaire, nommé Charrier, qui, pendant qu'il examinait une voefte atteinte de typhus, reçut dans la bouche une certaine quantité de mucosités bronchiques, expectorées par l'animal dans des efforts de toux, n s'ensuivit

une stomatite membraneuse avec tendance i la grangrène et des symptômes locaux ressemblant absolument à ceux produits par une pliie empoisonnée. La septicémie chronique qui es fut la conséquence emporta le malade dus l'espace de six mois.

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