INCISIONS
L'incision est souvent un remède de première importance dans le traitement de l'iaflammation. Elle peut remplir deux indicatioDS complètement distinctes : 1® diminuer la tension et par suite la douleur; 2* évacuer le put ; pour permettre la sortie de tissus morts.
La tension des tissus, quel que soit son mode de production, tend à provoquer directement l'inflammation ou à augmenter ses propriétés destructives, par exemple lorsqu'on retarde l'oih verture d'un abcès aigu. La rougeur et la chaleur de la peau que l'on peut voir survenir aux jambes dans Tanarsaque en est un autre eieni*
TRAITEMENT DE L*1NFIAMMAT10N.
pie. La tension est donc une des causes de Hoflammation, et l'incision est dans bien des eu le meilleur moyen de la combattre. On doit d'aiOeun noter que l'incision est fréquemment indiquée dans ce but, même lorsqu'on ne soupçonne pti l'existence du pus, c'est alors un débridemeoi préventif de l'inflammation ou même de Tulcération. On a conseillé les incitions superficielles pour diminuer la tension ds U peau dans les éry si pèles simples, mais ceUe OMlmdie qui se limite d'elle-même offre fsnmeiit cette indication, si ce n'est lorsqu'il s'agit Cévacoer le pus qui a pu se former dans cartains points du tissu conjonctif Iftche, aux pu^èitts par exemple.
lÂnqa'on soupçonne la présence du pus, Inen qu'A d*j ait pas de fluctuation certaine, une incision ptofende est souvent une mesure judidSBsa car aDe a le double résultat de diminuer la tension et de permettre l'issue du pus s'il enile. Quand l'incision ne comprend que l'épaînenr de la peau, c'est une opération très nmple ; mais lorsqu'il faut chercher le pus profondément, c'est une opération délicate, et, dans l'exploration, il faut remplacer le bistouri par la sonde et le doigt afin d'éviter de léser les artè- Ks ouïes nerfs.
Dana le double but de soulager la tension et d'évacuer le pus on a préconisé avec une certaine autorité les grandes incisions dans l'érydpèle phlegmoneux ; mais là comme dans toutes les antres circonstances où ce moyen est indiqué, il faut préférer de petites incisions en nombre aussi considérable qu'il est nécessaire. Les grandes incisions ne produisent pas beaucoopplus d'effets et sont plus longues à guérir; eDes sont aussi plus difficiles à faire lorsqu'on vent éviter la perte de sang. Ceci peut devenir on point important dans l'érysipële phlegmoneai qni supporte mal la saignée. Si l'on adopte •Q contraire les petites incisions faites avec rapidité et si l'on a un aide qui enfonce immédiatement dans chacune d'elles un fragment d'èponge ou un morceau de coton hydrophile en faisant une légère compression, on peut rendre la perte de sang absolument insignifiante. Lorsque le tégument est épaissi et congestionné d'une manière intense on peut voir une légère quantité ^e sang s'écouler des vaisseaux cutanés distendus, mais cet écoulement cesse dès que les vaisseaux se contractent. Aucune opération de petite chirurgie ne donne de meilleur résultat immédiat. Dans l'érysipële plilegmoneuXy dans toutes les inflammations tfoies et enTahissantes, l'incision est le remède
))ar excellence, parce qu'il se produit rapidement une nécrose du tissu conjonctif sous-cutané ; parfois même cette nécrose est la lésion initiale, et tant que les parties mortes ne peuvent s'éliminer, le pus tend à progresser sous la peau en s'accompagnent d'une destruction continue des tissus. Lorsqu'on a fait à temps des incisions suffisantes on voit subitement le processus destructeur s'arrêter ; les incisions ont sauvé lo tégument qui autrement se serait détruit par formation spontanée de plaques gangreneuses, danger presque inévitable. On voit donc par là combien sont nécessaires et utiles les grandes incisions faites de bonne heure et largement.
Dans les abcès aigus également les incisions devraient être hâtives et étendues. Dans un abcès de volume quelconque, l'incision doit toujours être suffisante pour permettre l'exploration avec l'index. 11 n'y a rien qui soit moins chirurgical que les incisions insufésantes pour l'évacuation du pus. Une incision faite dans une direction qui ne la rend pas complètement indépendante, sauf les cas où cela est impossible, est également répréhensible. Ce sont ces deux erreurs fréquentes qui empêchent les effets curatifs d'un moyen essentiellement bon par lui-même, car elles déterminent la persistance de Tinflammation et amènent la formation d'une fistule. Une incision franche à travers la peau se répare avec rapidité et certitude et ne peut causer d*hémorrhagie inquiétante, à moins que le malade ne soit hémophile ; mais ceci peut se savoir avant l'incision et ne nécessite d'ailleurs autre chose qu'une suture entortillée. Dans tout abcès aigu il y a de grandes probabilités pour qu'il soit nécessaire d'évacuer quelque chose qui joue le rôle de corps étranger et qui a déterminé la formation de la collection purulente ; aussi n'est-il pas sage de retarder l'incision dès qu'il y a de la suppuration. Dans ces cas le retard favorise la continuation du processus destructeur et n'est que rarement justifiable.
D'un autre côté, dans les abcès chroniques et froids on peut retarder l'incision ou la remplacer par l'aspiration, par une piqûre de trocart facile à fermer.
DHAINA6E.
En faisant un pansement pour obtenir la réunion primitive, le chirurgien doit se préoccuper de fournir une issue aux liquides qui peuvent se collecter plus tard, car ceux-ci en s'accumulant empêcheraient le contact des surfaces et s'opposeraient au but cherché.
WILLUM II. VAN BUREN. — INFLAMMATION
Les matières qui peuvent s'accumuler dans une plaie fermée sont : i* un excès de cet exsudât liquide qui contient plus ou moins de sang en solution et donne au liquide une certaine ressemblance avec le sang lui-même ; 2^ le sang qui le plus souvent est coagulé ; 3® de Thuile lorsque les tissus graisseux ont été divisés sur une certaine étendue; 4" enfin, un peu plus tard, du pus.
Ces obstacles à la prompte réunion par inflammation constructive peuvent être le plus souvent évités par remploi judicieux des drains lorsqu'on fait le pansement. Si on n*en met pus, on voit inévitablement se développer des symptômes de l'inflammation destructive, les battements, la douleur, la cbaleur, la tension, ainsi qu'une rougeur cutanée plus ou moins étendue. En môme temps il y a des symptômes généraux et de la fièvre ; tôt ou tard il se fait un abcès. Le drainage doit donc prendre place parmi les remèdes de l'inflammation ; si on l'emploie d'une façon judicieuse, c'est une ressource précieuse aussi bien au point de vue curalif que préventif.
La meilleure façon de faire le drainage d'une plaie est de placer dans son intérieur certaines matières comme les tubes en caoutchouc avec ouvertures latérales, les crins de cheval, les fils de soie cirés ou tout autre matière non irritante susceptible de faire écouler les liquides par capilarité. Ces différents drains doivent être piongés dans une solution d'acide phéniquc ou dans un désinfectant quelconque avant d'être employés.
Il faut choisir une position convenable pour cette ouverture qu'on laisse à l'abcès dans le but de fournir une voie d'échappement au pus ; il faut aussi modifier la position de la partie de façon à prévenir une accumulation nouvelle de liquide dans la cavité granuleuse ; ces moyens en effet montrent bien la valeur du drainage comme remède de l'inflammation en éloignant des causes qui empêchent la réparation eiqui déterminent une formation indéfinie de pus en même temps que tous les autres symptômes de l'inflammation destructive. L'expérience journalière nous montre dans les fractures composées, par exemple, combien une modification judicieuse de la position du membre, comme la suspension, et combien des incisions bien placés pour recevoir les tubes à drainage, vider les cavités purulentes et empêcher le pus de fuser, diminuent la douleur et la fièvre, fout disparaître la rougeur et le gonflement, assurent la réparation par granulation et la cicatrisation finale.