ATAXIE LOCOMOTRICB ET NÉVROSES DIVERSES
Cette affection, portant atteinte à la nutrition de certains tissus, celui des os en particulier, prédispose à ce litre aux fractures et à ces singulières atrophies des épiphyses qui reconnaissent quelquefois pour point de départ une violence extérieure. Quelques faits tendent aussi à prouver que la cicatrisation marche lentement ou mal sur les membres blessés des ataxiques.
L'influence réciproque du traumatisme sur l'ataxie est mieux établie. D'abord des blessures portant directement sur le rachis et médiatement sur la moeUe font aisément naître une myélite chronique, dont la symptomatologie se rapproche beaucoup en certains cas de celle de l'ataxie.
On a prétendu que des blessures portant sur les membres, c'est-à-dire loin de la moelle, pouvaient également engendrer l'ataxie. La chose est douteuse, et il est beaucoup plus probable que la violence a tout simplement joué le rôle d'agent excitateur provoquant prématurément l'apparition des phénomènes chez des sujets prédisposés.
En tout cas il est certain que l'ataxie est d'ordinaire exagérée et aggravée par le traumatisme, qu'il porte ou non sur la région rachidienne.
On a prétendu que certaines opérations avaient avantageusement modifié ou même guéri l'ataxie ; mais ici encore il y a eu erreur : on a coniondu cette affection avec des troubles nerveux d'origine réflexe auxquels on a mis un terme en supprimant le point de départ périphérique.
Les traumas offrent parfois chez les névropathes une évolution défectueuse et des accidents locaux multiples : analgésies, hypéresthésies, congestion simple ou hémorrhagique, lésions de la membrane granuleuse, retard dans la cicatrisation, etc.
A la suite de la blessure des nerfs et sur des membres atteints jadis de paralysie iniantile ou autre, on voit à la suite de blessures insignifiantes se développer des ulcérations superficielles ou profondes attribuées à des troubles trophiques et qui en tout cas peuvent rester très douloureuses et extrêmement difficiles à guérir, surtout pendant l'hiver.
Réciproquement, chez les mêmes névropathes, le traumatisme éveille, réveille ou exagère les manifestations nerveuses qui revêtent les formes les plus bizarres et atteignent aussi
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A. VERNEUIL. — ËTATS GENERAUX ET TRAUMATISME
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bien le système nerveux central (t le système nerveux viscéral que la sensibilité et la motricité communes.
Parmi les névroses caractérisées, l'hystérie et Tépilepsie sont en relations étroites avec le traumatisme. Outre que l'une et l'autre ont paru naître directement à la suite de blessures atteignant surtout l'appareil génital chez la femme et le cerveau dans les deux sexes, il est certain que les blessures les plus diverses comme siège et étendue ont le pouvoir de réveiller, souvent même avec une extrême violence, les accès hystériques ou épileptiques .
En revanche, on trouve mentionné dans les auteurs plus d'un cas d'épilepsie guérie par une blessure accidentelle ou une opération préméditée.
On a beaucoup discuté pour savoir si les aliénés supportaient mieux ou plus mal les blessures que les autres sujets, et Ton a cité à ce propos les faits les plus contradictoires. C'est qu'en effet il est impossible de confondre ensemble les maniaques et les déments, les agités et les paralytiques généraux, les cérébraux par alcoolisme et les cérébraux par ancienne blessure. Avec une telle variété il n'est ni possible encore ni utile de tenter une généralisation et une étude détaillée n'aurait pas ici sa raison d'êtrr*
DIABÈTE SUCRÂ.
Tout le monde est d'accord sur la marche mauvaise des plaies et sur la gravité des opérations chez les diabétiques. Le travail réparateur est souvent nul, pour le moins très lent, traversé d'ordinaire par des accidents nombreux.
Dans les plaies ouvertes, on observe les hémorrhagies primitives en nappe, difficiles à arrêter, puis les hémorrhagies secondaires; dans les plaies contuses le phlegmon diffus, le phlegmon bronzé, le sphacèle étendu. Des blessures insignifiantes, piqûres, écorchures, s'enflamment, provoquent des lymphangites, des érysipèles, des phlegmons qui se compliquent aussitôt de gangrène en masse ou en plaques isolées, dont on arrête très difficilement les progrès. De petites opérations suivies de réunion immédiate ont présenté souvent pareilles complications. La pression même modérée d'un appareil a produit la mortification circonscrite de la peau.
Les blessures sous-cutanées sont moins graves, mais les fractures se consolident très difficilement.