‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 67 sur 343 · ANALYSE DES OBSERV · texte numérisé non relu

ANALYSE DES OBSERV

[<«iglorgeiiients ganglionnaires, le Toile da palais était : TtmoUt, tuméfié, ulcéré et perroré de nombreases ca- ^ritéi contenant de la matière caséeuse • L'épiglotte était "«IcéTée, et cette ulcération s'étendait le long desreplis iiTténo-épi^ottiqaes jusqu'au larynx et aux cordes rocales inférieuret où elle se terminait. Le sommet du poumon droit était adhérent, criblé de caYemes en partie remplies de sang. Les parois de ces cavernet contenaient de nombreux corpuscules gris ou Jaunltres on gria à la périphérie et Jaunes au centre. Dans le poumon gauche il y avait des masses caséeuses de ^ndenr différente. Lee autres organes étaient normaux. Lediagnoetic de tubercule, déjà évident d'après les caractères de Tulcération et Tengorgement des sanglions, sa trouva confirmé par la constatation de cavernes et de tubercules crus dans les poumons.

O6f0iMfiM IV. — En terminant cette série d'observations, dtoiiB celle d'un fermier âgé de 46 ans qui entra à St Bartholomew's Hospital en mai 1877, présentant qnelqiies symptômes de calcul vésical dont il se plaignait depuis plus d*un an. Depuis cette époque IP k miction avait toujours été difficile et douloureuse et m Im urines étalent souvent sanguinolentes; depuis pu deux mois les irfmptdmes s'étaient encore accusés da- ^'. nntage, etl^viae était devenue boueuse ; trois semai- L aes avant sea entrée à l'hôpital ses testicules étaient » ëevenoj gros et douloureux. Avant le début de cette Kr iffection, le malade avait toujours joui d'une excellente W santé. Il n*y avait pas de tuberculeux dans sa famille. Le malade paraiasait très vigoureux, malgré les souffrances qu*il éproavait.ll se plaignait constamment de ^ la région vésicale, sur laquelle il était obligé de faire des locions oiiit et Jour, et chaque miction provoquait des douleurs sEtroees. L'nrèthre était si sensible que le cathéténflae Mè à peine supportable, quoique l'urètUn fût 1res tellement perméable ; il n'y avait ni rétrécissement, ai calcnls. Les testicules étaient volumineax, mais Taugmentation de volume portait surtout aer 1 epidîdyme qui était dure et remplie de nodosités. L'état du malade s'aggrava rapidement, et se compliqua d*nne affection cérébrale.

11 mourut, le 18 avril, d'une inflammation du cerveau ou de sea enveloppes ; à l'autopsie le cerveau ne parut pas enflammé, et on ne retrouva pas de tubercuief dans les méninges; tous les organes encéphaliques paraissaient normaux. Los parois vésicales étaient épaisaies, le muqueuse était très enflammée et ulcérée, l'inflammation a'étendaitlelongdes uretères jusqu'aux bassinets qui étaient très dilatés et le rein contenait une grande quantité de matière caséeuse. Le bassinet et tes calices du rein gauche étaient très dilatés, et les rrins étaient très atrophiés. Les deux épidid^nines contenaient des noyaux caséeux, et dans les testicules il y avait de nombreux corps grisAtrcs, dcmi-transluddes, gros comme un grain do millet ou un pois. Le foie, la nte, les poumons contenaient de nombreux corpuscules analogues, mais pins volumineux, jaunâtres et ra- Biollis au centre. Ces corpuscules examinés au microscope contenaient presque tous des cellules géantes entoerées de cellules lympholdes ou de larges cellules éphhéliales enfermées dans un fin réseau. Dana les

ATIONS PRÉCÉDENTES.

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corpuscules plus gros, au lieu de cellules géantes, il y avait des débris granuleux qui souvent s'étendaient bien au delà des limites primitives de ces cellules. Aucun de ces corpuscules ne contenait de vaisseaux.

ANALYSE DES OBSERVATIONS PRÉCéOENTlCS.

Puisque les observations que je Tiens de décrire ont été regardées comme des cas de tubercule par un certain nombre de pathologistes éminents, je n*hésile pas à attribuer ce caractère à tous les cas analogues, et je vais analyser ceux que j*ai relatés.

Si on compare ces cas entre eux, il est facile de voir qu'ils diffèrent considérablement les uns des autres sous le rapport clinique.

Ainsi, dans Tun d'eux, la maladie dura douze ans, et aujourd'hui le malade est très bien portant ; dans un autre, au contraire, la mort survint avant la fin de la première année.

Dans le premier cas les lésions restèrent localisées (et cela pendant nombre d'années) aux ganglions lymphatiques, et môme à un groupe particulier de ces ganglions; dans le troisième elles s'étendirent à tous les organes respiratoires, et dans le quatrième elles se disséminèrent dans un grand nombre d'organes. Les caractères généraux différaient également beaucoup, car dans l'observation I les ganglions paraissaient simplement hypertrophiés ; dans l'observation II les testicules étaient enflammés et atteints de dégénérescence caséeuse ; dans les observations HI et IV, les malades présentaient tous les caractères généraux de la tuberculose. Les malades n'avaient pas le même tempéra ment, ni la môme constitution, leur âge variait de 15 à 52 ans.

Les caractères cliniques de ces malades ne se ressemblaient nullement, et n'avaient rien de commun avec ceux qu'on regarde comme pathognomoniques de la tuberculose.

Mais au point de vue anatomo-pathologique, on retrouva dans chacun de ces cas, et dans différents organes, de petits corps généralement sphériques ou sphéroïdaux qui perdaient leur forme primitive à mesure qu'ils augmentaient de volume et devenaient confluents. Les plus volumineux de ces corpuscules sont facilement visibles à l'œil nu, quelquefois môme ils atteignent le volume d'un pois et môme davantage. Les plus petits ne sont reconnaissables qu'à l'aide du microscope, et ils ont les mêmes caractères que les plus gros.

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HENBY TBENTHAM BDTLIN. — TUBERCULE.

Anatomle pathologique du tnberciile.

n y a une lésion spéciale, caractéristique qu'on rencontre dans toutes les affections de nature tuberculeuse ; elle consiste en corpuscules arrondis ou sphéroldaux qu*on désigne sous le nom de tubercules. Mais, à vrai dire, c'est ici que la difficulté commence, et qu'il faut rechercher le point de départ de cette uniformité apparente de lésions, car il est impossible de se contenter d'une définition aussi vague du tubercule, n faut que nous le disséquions, que nous Tanalysions à l'aide du microscope, et que nous le décrivions avec soin dans ses plus petits détails. 11 faut que nous sachions aussi dans quels organes il se développe, quelle est sa nature intime, quelles sont les causes qui le produisent, quelles sont les conditions dans lesquelles il prend naissance. Voilà autant de questions sur lesquelles les opinions diffèrent ; sur quelquesunes d'entre elles, elles sont même si contradictoires qu'il semble qu'il soit impossible de jamais les concilier.

Prenez pour exemple la structure intime du tubercule ; quelquefois il parait consister uniquement en tissu rétiforme, c'est-à-dire en leuoccytes enfermées dans un fin réseau. Telle est selon Ziégler (1), la structure de ces corpuscules, qui se développent presque simultanément dans un certain nombre d'organes, et qui donnent lieu à des symptômes généraux très prononcés. Quelquefois le tubercule se compose d'éléments endothéliaux, d'autres fois on y observe à la fois ces deux éléments cellulaires. Au centre de quelques tubercules, il y a une cellule géante, irrégulière, pourvue de nombreux noyaux, que certains pathologistes regardent comme la caractéristique du tubercule. Bien plus, la caractéristique de ces cellules géantes se retrouverait dans la disposition de ces noyaux à la périphérie, tandis que le centre en est dépourvu. Quelques tubercules sont caséeux; d'autres sont composés en partie d^éléments fibreux. Les lésions élémentaires du tubercule, ainsi que la manière dont ces éléments se combinent, ne sont donc pas toujours identiques ; bien plus, j'oserais presque dire, et cela parait être la négation d'une lésion caractéristique du tubercule, que nous pouvons souvent retrouver une relation entre les tubercules d'une espèce

(1) Ziegler, Ueber tuberculose und Srhwindsucht- Samnilung Klinischer Vortrdge (Volkman's, n* 151, 1878).

déterminée, et les organes au milieu desqaèb ils se développent.

Cependant les tubercules ont un caradèn spécial qui, je pense, n'est contesté par personne, c'est l'absence de vaisseaux dans leur iitérieur. Qu'un tubercule soit volumineux on microscopique, dégénéré ou formé de ceSulèi endotbéliales ou de leucocytes, il est toujonn complètement dépourvu de vaisseaux.

Origrine et histoire naturelle dn tuliereBle.

n semble inutile de discuter sur TorigiDe et rhistoire naturelle du tubercule tant qu'on n'aura pas résolu cette question fondamentale : quelle est la nature du tubercule. Cependant on article sur le tubercule dans lequel on passerdt sous silence ce côté de la quesjtion serait incomplet ; tout auteur doit en parler et essayer de li présenter sous son jour le plus avantageux. Le moyen le plus simple serait peul-ètre de faire une définition arbitraire du tubercule, et de se servir ensuite de celte définition comme d une base fondamentale sur laquelle on édifierait l'histoire de cette maladie. Nous ne ferons pu de définition purement arbitraire, mais nous dirons que le terme tubercule, employé dans son sens le plus exact, s'applique (et c'est peatêtre là la forme la plus commune de la tuberca* lose) à ces petits corpuscules souvent invisibles à l'œil nu, mais que l'examen microscopique nous montre comme étant formés d'une cêllale géante centrale entourée de cellules lympholdes et épithéliales (ou épithélioldes) contenues dans les mailles d'un fin réseau. Ces corposcoles ne contiennent pas de vaisseaux ; on les trouve aiDcolés aux parois des petits vaisseaux, comme dans la pic-mère, ou dans le tissu conjonctif des différents organes.

Les tubercules se développent dans tous les points de l'organisme, excepté dans les cartilages, dans le tissu conjonctif des muscles soumis à la volonté, et dans les parois des vaisseaux volumineux, où on n'a pas pu encore les découvrir (Frânkel) (1). Souvent ils sont en rapport avec les cellules endotbéliales, et se développent par exemple sous l'épithélium péritonéal ; mais ils ne paraissent pas avoir leur point de départ dans ces cellules même.

La localisation des tubercules, comme leur origine, n'est pas toujours la même, fis se développent aux dépens des parois des capillaires, du

(1) Frankel, Tuberculose; Handbuch der Kinder^ kranhheiten (G. Gerbardt). Bd 3, § 153, TobingeD, 1S78.

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