ORIGINE ET HISTOIRE NATURELLE DU TUBERCULE
tisia conjonctif et des cellules cndolhéliales, mais jamais aux dépens des cellules épitfalliales, bien qo» Comil et Ranyier (1) expriment une opinion contraire ; ils peuvent également aroir leur origine dans les globules blancs du sang ou dans les cellules migratrices, comme on peut s'en assurer par le procédé de Ziégler. Cet auteur Ta même plus loin, car il a montré qu'il n*y a rien de spéciflque dans les éléments du tubercule que nous avons décrits, ni dans la combinaison de ces éléments.
Une fols que les tubercules se sont développés, ils peavent persister sans subir de modifi- Gslion pendant un temps considérable ; d'autres fms Ils augmentent tout en conservant leur forme et leur structure primitives, mais le plus sonrent ils se transforment. Ils dégénèrent ou ils subissent un travail destructif; leur centre subit la dégénérescence caséeuse, et se désagrège probablement à cause de rinsufûsance des éléments nuiritifs nécessaires au développement de leurs cellules, et k l'absence des vaisseaux dans leur voisinage. Cette dégénérescence caséeuse peut s'étendre à tout le tubercule, et gignerles tubercules voisins ainsi que les tissus islcnnédialres. D'autres fois il se fait un travail d'organisation, il se développe du tissu fibreux, ctfl n'est pas rare d'observer des tubercules très petits entourés d'une zone fibreuse.
Une fcHs formés, les tubercules n'ont aucune tendance à disparaître, ni à se résorber; cependant Lebert (2) démontre, avec des preuves à l'appui, que le tubercule peut guérir, quels que soient son âge, sa localisation, la période de son défoloppement, mais bien plus souvent, il l'accompagne de modifications inflammatoires fui ont une tendance destructive. La suppuration au dedans et autour des ganglions, la désagrégation et l'élimination des testicules à travers un orifice fait au scrotum, l'ulcération des muqoeoses et de la peau, sont souvent une consé- j qoeoce de la tuberculose, et ces phénomènes i ont souvent des relations étroites avec la caséification ou la dégénérescence moléculaire à laqoelie les tubercules sont sujets.
anTO-iNFEcrioN du tubercule.
fl 7 a une autre cause plus puissante que
(1) Comil et Ranvicr, Manuel cthUtologie patholvgipte, p. 199. Paris, 1869.
(3) Lebert, Traité pratique des maladies scrofukutet et tuberculeuses. Paris, 1849, in-8, et Traité eUmque et pratique de la phthisie pulmonaire, etc. Paria, 1879.
Eocyd. de chirurgie.
celles que nous venons d'indiquer qui prouve que le tubercule, ou, pour parler plus exactement, que la tuberculose n*est pas curable. Tout tubercule, une fois qu'il est développé, parait posséder la propriété d'engendrer d'autres tubercules.
La tuberculose ne se développe pas toujours de la même façon, ni au môme degré ; quelquefois les tubercules se localisent dans un seul organe, qui peut être entièrement dégénéré, comme dans l'observation II : dans ce cas le tubercule tout entier avait probablement subi progressivement la dégénérescence caséeuse, car rien ne prouve qu'il ait été envahi tout d'un coup et en même temps par la matière tuberculeuse.
D'autres fois le tubercule se développe dans plusieurs organes successivement et passe sourdement de l'un à l'autre. On trouve un exemple d^^ cette hypothèse du développement successif des tubercules dans l'observation I, où un seul ganglion fut malade pendant plusieurs années, et où consécutivcmentlous les ganglions de la région augmentèrent de volume, et devinrent probablement tuberculeux, si nous en croyons l'examen des petites glandes qui ont été enlevées.
Cette auto-infection se fait probablement par l'intermédiaire des vaisseaux, des artérioles, par exemple, qui transportent la matière tuberculeuse du bile d^un organe jusque dans les régions les plus éloignées. D'autres fois ce senties lymphatiques qui sont les agents de transmission; le fait est si fréquent que la tuberculose primitive de certains organes, la langue et le pharynx, par exemple, s'accompagne invariablement de tuberculisation des ganglions lymphatiques voisins, à moins que l'organe primitivement malade ne le soit que depuis peu de temps. Quelquefois les débris de tubercules sont apportés par les veines des régions éloignées aux poumons, et des poumons ils se disséminent un peu partout; les exemples de ce fait sont nombreux, mais il suffit de citer l'observatioti IV, dans laquelle les tubercules primitivement développés, du moins on peut le supposer, sur la muqueuse urinaire, se disséminèrent peu de temps avant la mort dans le foie, la rate, les poumons. Enfin très souvent le tubercule se transmet de proche en proche, ou bien la matière infectieuse est transportée à une certaine distance, s'y dépose et donne lieu à la formation de nouveaux tubercules. Les observations 111 et IV fournissent des exemples do ce fait. Dans la première, l'affection gagna de proche en proche, et à la longue s'étendit au pharynx, et de là probablement passa dans les voies respiratoires et dans les poumons, niais
HENRY TRENTHAM BUTLIN. — TUBERCULE.
sans les infecter. Dans la seconde, le tubercule développé primitivement sur la muqueuse vésicale, gagna de là les reins et les testicules, peutêtre a-t-il été transporté d'un de ces organes dans les autres.