LEWIS SMnTH. — RACHITISME
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médecins, la résorption osseuse est complète sur une étendue plus ou moins grande, de sorte que le péricrftne et la dure-mère sont au contact.
Quand on examine les enfants et qu'on cherche le craniotabes, il faut se pénétrer de ce fait que les bords des os, môme quand il n'y a pas d'amincissement, et qu'il y a au contraire un épaississement dû à la prolifération du cartilage, que ces bords, dis-]e, sont flexibles dans le rachitisme. La pression doit être exercée loin des sutures, afin de s'assurer s'il y a craniotabes : la pression doit être faite d'abord doucement et avec précaution avec les doigts, car s'il y a absence totale d'os, une pression forte et profonde pourrait léser le cerveau et cet organe si mou et si délicat, recouvert seulement par le cuir chevelu et la dure-mère, supporte mal une pression. Si une première exploration ne décèle pas de place molle, les doigts pourront appuyer avec plus de fermeté sur le cuir chevelu, et sentiront que l'os cède, ce qui indique son amincissement et sa réduction à une mince couche de sels de chaux. La sensation que procure aux doigts le contact d'un espace crânien où la dure-mère et le cuir chevelu se touchent a été comparée à celle que donne une pression sur une vessie distendue, à un meeting delà palhalogical Society de Londres,dont le Lancet a donné lé compte rendu dans son numéro du 20 novembre 4880. Le D** Lees a voulu prouver par des statistiques que Je craniotabes était une des lésions de la syphilis héréditaire ; que la syphilis puisse ou non en être cause, il n'en est pas moins évident qu'il y a un ramollissement du crftne spécialement rachitique, et les observations sont assez nombreuses pour le démontrer.
Symptômes du craniotabes. — Comme le craniotabes donne lieu à des symptômes spéciaux complètement distincts de ceux du rachitisme en général, il nous parait indiqué de les étudier de suite. L'altération survient habituellement pendant la première année de l'enfance et plus fréquemment le dixième mois. Le cerveau à cet ftge est mou et dépressible, car il contient une grande proportion d'eau. A moins d'être manié avec précaution à l'autopsie, il est bientôt dilacéré et une pression même modérée suffit à l'altérer et à produire une déchirure au point de contact. Il est bon, pour l'intelligence des symptômes, de rappeler ce fait bien connu des chirurgiens, qu'une légère dépression même d'une petite portion du cerveau est capable d'engendrer de graves symptômes.
11 n'e&t pas surprenant, par suite, de voir une altération osseuse occupant une large surface
de la voûte crânienne, donner lieu à des symptômes qu'explique le fait mécanique d'uoe pression exercée sur le cerveau dans les poiAli où il n'est pas protégé. Du moment qu'on rapporte la résorption osseuse à la pression exercée par l'oreiller au dehors et par le cerveau au dedans, on doit comprendre que le craniotabei occupe les portions postérieures et postéro-litéraies du crâne. Gomme pour donner gala de Cause à cette explication étiologique, l'amiocissement se présente réellement sur l'occipital et sur la partie postérieure dés pariétaux, tandis que la moitié antérieure des pariétaux et tes frontaux sont môme plus épais qu'à l'état oo^ mal, par suite de la prolifération du cartilage et du périoste le long des sutures et à la surface. On croit qu'une pression continue amène la résorption de la matière calcaire, plus faiblement môme que celle des tissus mous, exemple la résorption d'une dent de la première dentition par suite du développement de la pulpe dentaire de la seconde dentition. Dans le développement normal du crâne, il se fait à la face interne des os du crâne une continuelle résorption destinée à faire de la place au cerveau, et quand il ne se i fait pas de dépôt calcaire à la surface externe ' pour compenser la perte de l'intérieur, nous de* vous nous attendre à une exagération de l'urare osseuse.
Tout enfant rachitîque est d'humeurchagriDe, mais cela est vrai surtout pour ceux qui sont atteints de craniotabes avec large étendue de surfaces découvertes. S'il se couche sur son oreiller comme il en a l'habitude, et comme celaeit naturel, le poids de sa tête vient à comprimer la portion mal protégée de son cerveau et l'eofant éprouve une soufiTrance, son sommeil n'est pas calme, parce qu'il est probable que la circn* lation du cerveau et son fonctionnement sont troublés ; l'enfant s'éveille souvent et subi* tement, il garde son humeur chagrine josqn'i ce que la nourrice le prenne dans ses bras. Parfois, l'instinct le pousse à prendre sur le bord de Yoreiller une position dans laqueOe la face soit tournée en bas ; il reste plus tranquille encore quand il a la tête au-dessus de l'épaule delà nourrice, la face en arrière. Mais si les conséquences du craniotabes se réduisaient à de la mauvaise humeur, à un sommeil troublé et à la nécessité pour la mère ou la nourrice de veiller de près sur l'enfant, sa signification pathologique serait moins grande qn'dle n'est. La compression d'un organe aussi délictt et aseii important que le cerveau deviflait la cause d'ae* cidents et de sympAmm^ M0kp^