DIAGNOSTIC DU RACHITISME
de la mort, dans quelques formes grades de rachitisme. Certains auteurs disent que VhydrO' iéphiUie chrùnique^ la dvirrhée et Védampsie peuveot compliquer le rachitisme.
Je n'ai ?u aucun cas où on ait pu établir une relation de cause à effet entre le rachitisme et l'hydrocéphalie ou la diarrhée ; nous savons au contraire que fréquemment la diarrhée précède et accompagne le rachitisme, et elle semble être plutôt cause qu'effet. Ce sujet a été sufQ- Mmment traité dans les pages précédentes. Les cofants rachltiques semblent plus sujets aux eoDTulsioos que les enfants bien portants. On pourrait en rapprocher leur prédisposition au knfngLfime atriduleux^ car il y a de Tanalogie entre ces nèrroses, au point de vue même de leur essence.
Diagnostic du rachitisme.
Dans beaucoup de circonstance^^, le rachitbme continue son évolution longtemps avant qu'on ait soupçonné son existence ; on méconnaît ses symptôtnes, ou bien on ne les rapporte pas à leur Traie cause; et cependant il est important de faire de bonne heure le diagnostic, ctr la maladie est plus justiciable du traitement dans son premier stade que plus tard. Un diagnostic précoce suivi de traitement, aurait prévenu ces déformations qui dépa(ïent la beauté, gênent jusqu'à un certain point l'activité des fonctions, chez ceux qui ont été rachltiques dans leur enfance. Beaucoup de malades ne présentent pas les signes d'une digestion défecloeose et de mauvaise nutrition, le développement du tissu adipeux reste considérable chez eux, la figure est remplie, les formes arrondies; faatre part, il y a de nombreux exemples de latrition altérée et de dépérissement sans nchitisme. Quand l'affection appartient au type léger, un diagnostic précoce est nécessairement fiffidle ; mais un médecin attentif, et qui s'en <bnne la peine, arrive ordinairement à découvrir la maladie avant qu'elle n'ait progressé des semaines; il sufQt qu'il ait présent à l'esprit Sa fréquence, et qu'il la cherche avec soin.
Si 00 nous appelle pour un cas suspect, il faudra nous enquérir de l'histoire du malade, aavoîr s'il y a eu des signes de catarrhe intestinal et de dénutrition. Nous inspecterons les fencives pour voir s'il y a un retard dans la dentition, la tête dont nous noierons la forme ci le volume, nous chercherons si elle est iBongée ou carrée, si le front est large, les pro^ lobérances saillantes. Nous rechercherons aussi Eocfcl. es cUnir£le.
l'état des fontanelles et des sutures, la consistance molle et ramincîssemcnl des os du crâne. 11 faudra examiner avec soin les articulations chondro-costalcs et celles du poignet, vérifier s'il n'y a pas un élargissement de ces jointures, examiner la forme du thorax; car ces modifications se présentent souvent de bonne heure dans le rachilis. Il ne faudrait pas manquer de passer en revue les autres signes importants, comme les courbures vertébrales, la saillie du ventre, la faiblesse musculaire, le relâchement des ligaments (d'où ressort une faiblesse et une hésitation dans l'usage des membres), les transpirations de la tête et du cou à la moindre excitation et pendant le sommeil, l'humeur chagrine, etc. S'il s'agit bien du rachitisme, quelques-uns de ces signes existeront. Dernièrement, le docteur Parry a attiré l'attention sur l'importance qu'il y a à faire le diagnostic différentiel entre la pseudo-paraplégie du rachitis et la vraie paraplégie, laquelle est le 1 symptôme essentiel de la paralysie infantile. ' L'enfant rachitique présente des faiblesses I musculaires, du relâchement de ses ligaments, I de la susceptibilité à la douleur, fait rarement usage de ses jambes; il reste assis ou couché tranquillement à un âge où les enfants bien portants remuent constamment leurs membres. Qu'on essaie de le faire marcher ou de le faire tenir debout, ses jambes sont tellement dépourvues de force, tellement boiteuses, qu'elles se dérobent sous le poids du corps ; mais il y aune différence dans la paralysie. Dans la paralysie le coupable est le système nerveux, et généralement le système nerveux central ; dans le rachitisme ce sont les muscles et les ligaments. L'enfant rachitique assis ou couché remue sans peine les jambes si on vient à lui chatouiller ou à lui pincer le pied, tandis qu'un membre paralysé répond imparfaitement à l'excitation. Dans la paralysie infantile, la perle du pouvoir musculaire est, à quelques exceptions près, bornée aux muscles des membres inférieurs ; dans le rachitisme, la faiblesse musculaire est plus générale et appréciable aussi bien dans les bras que dans les jambes.
Dans quelques circonstances, un relâchement considérable des ligaments est dû au rachitisme. On l'observe en particulier au cou de-pied et au genou, et c'est là un signe diagnostique qu'il ne faudrait pas négliger dans l'examen d'un enfant chez lequel on soupçonne la maladie.
S. LEWIS SMITH. — RACHITISME
Pronostic da rachitisme.
Le pronostic du rachitisme est ordinairement favorable, pourvu qu'il ne survienne pas de sérieuses complications. Le rachitis ne tue pas par lui-môme dans les circonstances ordinaires. S*il existe une dépression latérale considérable et un rétrécissement du thorax, les fonctions du cœur et des poumons pourront être gênées, et c'est là un danger dans le cas d'un catarrhe bronchique ou d'une broncho -pneumonie. Les enfants rachitiques semblent tout particulièrement prédisposés aux catarrhes des voies aériennes.
Un catarrhe même modéré là où il y a une déformation du thorax peut s'opposer à la facile élimination de Tacide carbonique du sang, amener la dyspnée et la cyanose. Voilà pourquoi de temps en temps nous voyons un enfant succomber à une inûammation de l'appareil respiratoire qui n'aurait pas été mortelle sans la déformation rachitique. Nous avons vu que le rachitisme, quelle que soit la façon dont il agisse pour se produire, est une cause de laryngisme striduleux. Parfois le spasme de la glotte est mortel ; mais bien que fréquent en Europe, ce mode de terminaison est rare en Amérique. De toutes les maladies de Tenfance que les enfants rachitiques supportent mal, et qui peuvent avoir des conséquences fatales en raison du ramollissement des os et des déformations, il faut mentionner la coqueluche, si elle est intense. Alors que les côtes sont molles et cèdent^ et qu'il y a une dépression latérale du thorax, la toux spasmodique donne lieu à de grandes souffrances et entraîne des dangers. On peut voir survenir de la cyanose, de la faiblesse d'action du cœur, des congestions cérébrale et pulmonaire, et de l'éclampsie.
La rougeole est aussi une maladie intercurrente d'un dangereux pronostic si elle s'accompagne de bronchite intense et surtout si elle se complique de broncho-pneumonie. La gravité de ces inflammations de l'appareil respiratoire est habituellement proportionnée au degré d'enfoncement des côtes pendant l'inspiration. A ces quelques exceptions près et sauf les risques que font courir aux femmes mariées la déformation et l'arrêt du développement du bassin, les rachitiques ne sont pas exposés à des dangers consécutifs sérieux. Une petite déformation, dans les cas légers, n'est pas souvent sans disparaître avec le développement du squelette. Plus l'enfant est âgé quand le rachitisme commence, et plus généralement la forme de la maladie est
légère, plus rapide est la convalescence, moindre est la difformité. Presque toujours, s*il s'agit de cas très graves, on verra que la maladie a débuté avant l'âge d'un an.
Traitement du rachitisme.
La connaissance de la nature et des causes du rachitisme imposent d'une façon évidente le traitement qui lui convient. L'indication qui saule aux yeux, c'est de rétablir une saine alimentation, ce qui exige des mesures à h fois hygiéniques et thérapeutiques. L'appartement dans lequel habitera l'enfant sera sec, aéré et inondé de lumière. On pourra promener l'enfant en plein air, chaque jour, afin de le rendre vigoureux, mais de façon à ne pas augmenter ses souffrances et proportionnellement à sa sensibilité générale. Le séjour à. la campagne est de beaucoup préférable à celui de la ville, à cause des meilleures conditions hygiéniques qu'il procure. Un air plus pur, une nourriture meilleure, et par suite un développement de forces, voilà d'importants avantages de la vi^à la > campagne qu'il faut obtenir et qui valent grandement la peine qu'on fasse des sacrifices pécuniaires, quand il s'agit d'enfants de familles aisées.
Il faut apporter une attention toute spéciale à la nourriture, puisque les mauvaises digestions et les dérangements gastro-intestinaux peuvent être incriminés dans tant de cas. Il faut tâcher d'obtenir, s'il est possible, qu'on nourrisse l'enfant au sein jusqu'à l'âge de dix mois, et si la mère n'est pas en état de fournir ce lait, il faut se servir d'une nourrice. Mais après l'âge de six moistl'addition d'aliments est nécessaire. Ck>mme règle, on doit sevrer l'enfant à douze mois; dans certaines conditions, un allaitement prolongé est préférable par exemple quand le temps est chaud, quand on peut ajouter un abondant supplément de lait du sein tiré à de bonnes sources, et lorsque chez l'enfant la digestion se fait faiblement et que les organes digestifs sont facile* ment dérangés. Si on ne peut obtenir de lait du sein, le mieux est de le remplacer par du lait de vache convenablement coupé suivant Tàge, soit d'eau, soit d'une solution de ces aliment? pour enfants qu'on trouve dans le commerce. J'aitdit que le rachitisme fait rarement son apparition avant l'âge de trois ou quatre mois. Pour un enfant de quatre mois, on délaiera le lait de vacho avec un quart d'eau environ ; mais après si:^ mois il n'est pas indiqué de mettre de l'eau . Ja sucre le lait non avec du sucre de canne, moi^