‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 86 sur 343 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

VanderMye(i) des souffrances éprouvées par la garnison de Breda pendant que cette ville était assiégée par les Espagnols en 1624. Les soldats et les habitants de cette ville furent presque tous atteints ; i ,608 soldats devinrent malades après quatre mois de siège, et le nombre alla en augmentant de jour en jour jusqu'à ce que la place se rendit en juin de la même année, après un investissement de huit mois. Le temps avait été très humide, et les malades avaient dû Tivre de seigle vieux de trente ans, de fromage et de poisson séché. Après la reddition de la forteresse et avec le retour des temps chauds, la maladie disparut sous Tinfluence d'une alimentation meiUeure et de l'usage de légumes.

Sur mer, le scorbut éclatait partout; Sir R. Ravrkings (2) raconte, dans le récit de son voyage daos.les mers du Sud en 1 593, que pendant ses vingt ans de service à bord, plus de 10,0(M) marins moururent de scorbut sous ses jeux. En 1609, trois des quatre navires qui quittèrent l'Angleterre pour fonder la compagnie des Indes Orientales perdirent près des trois quarts de leur équipage avant d'arriver au Cap de Bonne-Espérance, tandis que le quatrième, le Ccmmodore, échappa presque entièrement tu ûéau parce que chaque homme recevait une ration journalière de jus de citron. Dans d'autres circonstances la mortalité des navires de U compagnie des Indes Orientales s'éleva à la moitié de leur effectif; ces catastrophes durèrent jusqu'en 1775, alors que les réformes hygiéidqiies introduites de temps en temps eurent amâioré l'état des équipages au point qu'on put faire toute une traversée sans perdre un seul homme.

Le scorbut se déclara en 1 631 dans l'armée suédoise à Nuremberg (3), et en 1633 à Augsbourg, et à la fin du siècle (1699) à l'Hôtel-Dieu de Paris. Ces exemples prouvent à combien peu servit la connaissance qu'on avait déjà acquise de rinfluence des causes déterminantes de cette maladie. A la vérité, les ouvrages qui parurent sar ce sujet à cette époque sont inférieurs à ceux du siècle précédent; le livre de £ngalcnus (4), paUié en 1604, en est un exemple frappant, et U haute estime dans lequel on l'a tenu pendant plos d'un siècle n'a servi qu'à propager des idées absurdes sur la pathogénie du scorbut . Oq rapportait tout au scorbut, et certaines par-

(I) Van der Mye, De Morbi etc., 1627. ()) lUwkIngs, Hakluyt Society's Publication. ()) RoteDl>e€k et Horn, SpecuL Scorbuti^ Noriab., 1€3S.

(4) Engileonsy De morbo scorbuto^ U04.

ticularilés du pouls ou de l'urine étaient les signes les plus certains et les plus caractéristiques de sa présence. Celte confusion, créée d'abord par Engalenus et généralisée ensuite par les auteurs qui ont adopté ses opinions, tels que Sennertus (1), Willis (2) et Lister (3), engendra le doute et mena même à la négation de l'existence du scorbut comme entité morbide distincte.

Au xviu* siècle cependant on voit les plus remarquables exemples de la dévastation produite par le scorbut.

En 1703, au siège de Thorn (4) par les Suédois, 5,000 hommes de la garnison, et probablement un grand nombre d'habitants, moururent de cette maladie, tandis que les assiégeants en furent complètement exempts. Après le siège on permit d'entrer dans la ville des végétaux frais, et le scorbut disparut petit à petit. De même à Gronstadt (5), à Viborg et à Saint-Pétersbourg (6) de 1731 à 1738, 1,000 soldats moururent, tandis que pas un officier ne fut malade. Cette épidémie s'étendait avec tant de rapidité et était si fatale, que Kramer (7), médecin de l'armée, demanda une consultation au collège des médecins de Vienne ; leur avis n'eut aucun succès, car la maladie qui avait éclaté au commencement do rhiver continua jusqu'à l'approche de l'été, alors qu'on put se procurer des légumes frais; quatre cents malades furent traités par le calomel, et tous moururent. Au siège d'Azof (8), en 1736, les Prussiens souffrirent cruellement, il en fut de même de l'armée russe en 1742, devant Viborg et d'autres places. La maladie était plus violente en hiver et au printemps, et était attribuée à la mauvaise qualité de la nourriture et au manque de légumes frais.

La malheureuse expédition de l'amiral Hosier qui commandait la flotte anglaise dans les Indes Orientales, en 1728, est un triste exemple des ravages que peut causer le scorbut; il perdit deux fois son équipage de cette maladie, et mourut lui-même le cœur brisé ; un peu plus tard, la flotte de l'amiral Rodney souffrit cruellement dans les mêmes régions. En 1740, Lord

' (I) Sennertus, Tractaiut de icorbuio, Wittbg., 16H.

(2) WiUi», Tractatus de scorbuto, 1667.

(3) Lister, Tractatus de quibusdum morbis, etc. 1699.

(4) fiachstrom, Observât, circa scotbut,, 1731.

(5) Sinopeus, Parer ga medica, Petersb., 1734. ^6) HiUsch, Àbhandlung des Scharbockf, Pé-

tersb., 1747.

(7) Kramer, Medicina castrensis, Norimb., 1735.

(8) A. Mtzsch, Thearetishpractische Àbhandlung des Scharbockes.

PniLIP s. WALES. — SCORBUT.

Anson quitta l'Angleterre avec une escadre pour faire le tour du globe, et après avoir affronté bien des tempêtes et le scorbut, il revint avec moins de la cinquantième partie de son équipage. La maladie avait été terrible bien que les hommes fussent abondamment pour-, vus de viande fraîche. La flotte commandée par l'amiral Geary, en 1780, revint en Angleterre avec 2,400 scorbutiques, et celle de Lord Howe fut complètement décimée par la même affection.

En i 749-50, le scorbut régna dans la Frise, à Riga, à Breslau, à Venise ; et les troupes anglaises, au nombre de 5,000, furent, au dire de SmoUctt (1), si éprouvées au siège de Québec en i760 par le manque de légumes frais et le froid excessif, qu'avant la fin d'avril 1,000 hommes étaient morts du scorbut, et que plus de 2,000 étaient incapables de rendre aucun service.

Pendant le xviii<> siècle on observa également de ces lamentables épidémies sur terre et sur mer, et cependant on savait déjà prendre des précautions hygiéniques sérieuses ; la meilleure preuve de leur intelligente application est celle que fournit le voyage de circumnavigation du capitaine Cook (i 772-1775), pendant lequel il ne mourut qu'un seul homme. Ce résultat fut dû à la minutieuse attention que l'on mit à sécher, à approprier et à ventiler le navire, ainsi qu'à l'usage d'une nourriture convenable. Cet exemple ne fut pas perdu, mais bien qu'on connût déjà depuis longtemps les vertus anti-scorbutiques des légumes frais et des fruits, ce n'est qu'en 1795 que le jus de citron fit, par ordre officiel, partie de la ration journalière sur les navires anglais. Les conditions hygiéniques de la marine ont été en s'améliorant graduellement depuis cette époque au point que le scorbut devint très rare. Ces améliorations sont dues surtout aux travaux et aux ouvrages de James Lind et de Sir Gilbert Blanc : le premier de ces auteurs avait observé le scorbut en 1749, le second en 1785 et chacun de leurs ouvrages a eu plusieurs éditions.

Au xix*' siècle, l'hygiène a fait des progrès sensibles, on n'observa plus que rarement le scorbut, et encore ce ne fut que dans des conditions spéciales. Pendant le siège d'Alexandrie, en 1801, qui commença en mai, finit en août, et qui se fit, au dire de Larrey, dans des conditions très favorables au développement du scorbut (froid, humidité, mauvaise nourriture), on admit à l'hôpital militaire de la ville 3,500 scor-

(1) Smollett, History of England,

butiques et un grand nombre moururent. Enfln cette épidémie céda à l'usage du vinaigre, du café, des dattes et de sirops. Les officiers, qoi avaient de meilleures rations, ne furent pis atteints. — En 1809, les troupes des États-Unis campées sur les bords du Mississipi perdirent environ 600 hommes du scorbut. L'armée d'Ibrahim Pacha, en Arabie, fut si cruellement décimée par le scorbut que sur environ 100,000 hommes un petit nombre survécut, et cela parce que la nourriture était insuffisante, et que les hommes étaient harassés de fatigue. Pendant la guerre de Siam les troupes anglaises payèrent un large tribut au scorbut, à la d y ssenterie scorbutique et à la fièvre ; et en 1837, et pendant la guerre de Cafrerie, elles furent très sériensement atteintes, car quoiqu'elles aient toujours eu une nourriture fraîche et aboodante, elles ont manqué pendant longtemps de fruits et de végétaux frais.

Ce n'est que très rarement, peut-être même jamais, qu'on vit le scorbut en Grande-Bretagne de la fin du dernier siècle à 1847, excepté toutefois dans les prisons et dans les maisons pénitentiaires comme à Millbanke en 1823; mais dans les premiers mois de 1847 et de 1848, il fit son apparition dans plusieurs villes, à la suite d'une maladie de la pomme de terre qui força à modifier la nourriture habituelle. A la même époque, plusieurs provinces russes furent entièrement ravagées par le scorbut qui fit jusqu'à 260,444 victimes dont 67,958 moururent

Le D' Gale (1) raconte les souffrances des troupes américaines en 1820 dans leur marche sur Council Bluffs qu'elles atteignirent en octobre, après avoir éprouvé les plus grandes faligues en naviguant sur le Missouri pendant plusieurs semaines durant lesquelles les hommes furent exposés au soleil pendant le jour, à la fraîcheur et à l'humidité pendant la nuit, et se nourrirent surtout de viande salée et fumée sans légumes ni épices d'aucune sorte. En janvier suivant, il se montra quelques cas de scorbut, mais jusqu'en février il n'y eut que quelques cas de mort ; à partir de cette époque il sévit sur le régiment entier, et il ne diminua qu'en avril, alors que les végétaux sauvages commençaient à pousser. Ce poste et celui de Saint- Péter étaient forts de 1,000 hommes, il y eut 506 cas de scorbut et 168 cas de mort; aucun officier ne fut atteint, et les chasseurs qui vivaient dans les bois et qui se nourrissaient ito

(1) Ponry, American journal of mtdieal mknOf &•■., ToLUIyp. 77.

HISTOIRE DU SCORBUT

Tarent jamais malades. Les troupes des « p&tirent aussi du scorbut pendant is de Floride et du Mexique. Parmi » du Texas, il y eut, de 1849 à 1854, ie scorbut dont 3 cas de mort sur unes. Dans cette expédition, Tafiection r cause les fréquents mouvements des it la nature stérile et sablonneuse du Crait un obstacle insurmontnble à la es jardins au voisinage de quelques

scorbut éclata aussi parmi les postes •uest Le D' Day fait remarquer que iliiver 1848-49, le scorbut se déclara adiens, mais qu'ils y étaient beaucoup claires que les hommes de race blan-

puissance de digestion et d'assimilaad ils ont quelque chose à digérer ou if) est certainement bien plus grande d'aucun autre peuple.

k)ale (1) rapporte Thistoire d'une épii scorbut qui éclata en 1 838 sur le

Taisseau des États-Unis, pendant it une croisière autour du monde. Ce irtit de Norfolk, en Virginie, en jantTecun équipage mal portant; en quitil fut atteint d'une épidémie de vaelques semaines plus tard, en vue du mne-Espérance, il y eut un refroidismsible pendant lequel le pont du na- >nstamment mouillé et à la suite dururent les premiers cas de scorbut, il testa d'autres jusqu'en janvier, époque i le navire atteignit les Indes Orien- •8 la dyssenterîe, puis la diarrhée, vinater aux malheurs de l'équipage. Le ait remarquer que ce sont les hommes igoureux qui furent le plus éprouvés;

aussi trois cas de nyctalopie. Les n'avaient reçu que leur ration ordi- ^vaient manqué de légumes frais. Le l) publia l'histoire d'une épidémie de ui éclata sur une escadre des Étatssant dans le golfe du Mexique, penî 1846; sur 500 hommes d'équipage, ouvaient à bord du Potomac, 350 fues de garder le repos, et presque tous purent continuer leur service eurent tomes de scorbut. Les autres navires Lis ou moins atteints, mais ceux qui it le plus furent ceux qui avaient été s en station dans les Indes Orientales.

!, American Journal ofthe médical sciences ^

j iM,, p. M.

Le Mississipi, steamer qui ne faisait que de courtes traversées, et qui pouvait se procurer des végétaux frais, fut à peu près épargné. Dans la marine anglaise (I), de 1837 à 1843, il y eut 93 cas de scorbut sur les navires qui venaient des Indes Orientales, 5 sur ceux qui venaient de la côte d'Afrique, 13 sur ceux qui venaient des Indes Occidentales, et un beaucoup plus petit nombre sur les autres. Depuis cette époque on n'en a pas observé d'exemples .

Pendant la guerre de Crimée 1854-56, les alliés Anglais (2), Français, Sardes et Turcs furent affectés très gravement par le scorbut à la suite des intempéries, de la fatigue physique, de la privation de nourriture saine et surtout de végétaux. Pendant toute la durée de la guerre il y eut 2,096 cas de scorbut avéré dans l'armée anglaise, qui compliquèrent d'autres épidémies^telles que la diarrhée et la malaria, et accrurent considérablement la mortalité, surtout pendant les six premiers mois du siège. Sur ce nombre il y eut 178 morts, c'est-à-dire 8,4 pour 100,* et c'est presque exclusivement en hiver et au printemps, qu'on observa ces cas de mort. Cette épidémie commença en octobre 1854, augmenta progressivement pendant l'année suivante 1855, et c'est en février de cette année qu'elle atteignît son maximum (64 i admissions). A partir de cette époque elle diminua graduellement, et en août il n'y en eut que trois cas. En septembre de la môme année il y eut une recrudescence qui atteignit son maximum en janvier 1856 pour décroître ensuite rapidement.

Ces alternatives d'augmentation et de diminution coïncidaient exactement avec le caractère de la nourriture en qualité et en quantité. Pendant la première partie de la guerre, l'alimentation était très défectueuse; ensuite on l'améliora considérablement et on obtint des résultats très satisfaisants. L'alimentation des Français était encore plus mauvaise que celle des Anglais, aussi le nombre des scorbutiques fut-il plus grand; on en compta jusqu'à 20,000 ; cependant à partir de février 1855 les soldats recevaient d'abord trois, puis quatre fois de la viande fraîche, quoique maigre, par semaine ; la distribution du pain se faisait irrégulièrement, mais on y suppléait à l'occasion par une ration de riz, de pois et de haricots secs.

Au printemps, les légumes, et surtout la dent

(1) Statistical Report of the Health ofthe Navy,

(2) Médical and surgical History of the Uritish Army, 1854-56.

PHILIP S. WALES. — SCORBLT.

de lion, que les soldats se procuraient facilement, commencèrent à pousser, Tépidémie cessa pour recommencer seulement en juillet, quand la chaleur et la sécheresse firent périr les légumes frais qu'on pouvait se procurer auparavant. Les Sardes et les Turcs furent encore plus éprouvés que les Anglais et les Français. ^ Pendant la guerre de Sécession (1861-65), les troupes des États-Unis et les confédérés présentèrent accidentellement quelques cas de scorbut qui vinrent se grefifer sur d'autres maladies. Sur la flotte, les exemples de scorbut sont isolés et peu fréquents, grâce aux sévères mesures hygiéniques que Ton avait prises ; mais il n'a pas disparu de la marine marchande, bien qu'il ait considérablement diminué à la suite des sages mesures qu'on lui a imposées. Depuis qu'on a adopté la loi sur les équipages (Shipment art) en Angleterre (1867), le scorbut a diminué dans la proportion de 70 pour 100. Le « Dreadnougi », vaisseau hôpital (i), continue à recevoir annuellement 90 cas de scorbut en moyenne, c*est-à-dire environ le vingt-cinquième de la totalité des cas, et ils sont dus à ce que l'alimentation est mauvaise, que les légumes frais ou les jus acides manquenL D'après les rapports du service de l'hôpital maritime des États- Unis (2), on y admit, en 1873, 47 cas de scorbut, en 1874, 59, et en 1875, 25, c'est-à-dire une moyenne de 44 cas par an.

La dernière relation d'épidémie de scorbut date de 1871 pendant le siège de Paris par les Allemands, elle avait pour cause la pénurie de légumes frais.

Étiologie da scorbut.

Le scorbut n'a pas de délimitation géographique. On l'a observé sous les latitudes les plus froides de Ihémisphère boréal et de l'hémisphère austral, sur les navires qui ont fait des explorations dans les mers polaires, chez les Lapons et chez les Esquimaux, aussi bien que dans les zones tempérées des deux continents; on Ta même observé maintes fois sur le littoral des régions équatoriales (3) et sur les navires qui sta-

(1) Scurvy in Merchant Ships, 1865.

(2) Report of tupervising Surgon-general maritime hospital service, 1876,

(3) Les saisons n^exercent d'autre action sur l'éclosion de la maladie que celle qui résulte de leur influence sur la végétation et sur la santé, tels sont la chaleur, le froid, l'humidité. Sur les 68 épidémies relatées par Hirsch, 37 débutaient au printemps, 12 en hiver, 8 en été, et 2 en automne.

tionnaient dans ces région?. II affecte à peu près également toutes les races, caucasieona, malaise, nègre et indienne. Il n'est pas spècbl à la race humaine, car Béranger-Féraud (1) t observé un cas authentique de scorbut cha k Gorille. Toutes les classes de la société^ riche m pauvre, seigneur ou vilain, y sont égalemeit sujettes quand elles se trouvent dans les ci^ constances favorables à son développement

On a observé le scorbut à tous les âges de U vie, aussi bien chez les enfants que chez les vieillards ; il sévit sur l'asile d'orphelins de Moscou, tout comme sur l'asile de vieillards de Christiania. Les équipages, les soldats chargés de la défense de forteresses assiégées oot été atteints également, quelque soit leur âge. On a remarqué que dans les épidémies, et sortoot dans celles qui survenaient à la suite de lamines, les adultes étaient les plus éprouvés. Curran dit que tous les individus qui furent atteints de scorbut pendant la famine de l'Irlande avaient plus de 18 ans, et qu'au moins les ?/3 n'avaient pas dépassé l'âge moyen de k vie (2) ; ce fait a son explication naturelle dam ce que les adultes s'exposent davantage aux casses déterminantes de la maladie ; car les enfants qui ne pourraient pas affronter les intempérieSi les travaux pénibles, les émotions violentes, et les vieillards, qui assimilent mal, qui sont affaiblis, offrent bien plus de prise aux épidémies.

Le sexe n'a aucune influence sur le dévelop* pemcnt du scorbut ; les statistiques cependant montrent que les hommes fournissent aux épidémies un contingent plus considérable, mats ils y sont aussi bien plus fréquemment exposés. Dans certaines circonstances cependant les femmes ont été plus éprouvées que les bommes comme dans l'épidémie qui éclata en 1813 dans le sud-est de la Hongrie; en 1707, lei femmes seules furent atteintes dans Ift Croatie. Dans la famine d'Irlande, il y eut en mojeooa 1 1 hommes malades pour une femme.

Le froid, surtout le froid humide, les fatigues, le mauvais état moral, sont assurément les causes prédisposantes les plus puissantes, et peutêtre même les causes déterminantes du scorbut Scoutetten (3), dans une communicadon qoifl fit à l'Académie de médecine relativement àF^^ demie de Givet, considérait ces causes comme toutes-puissantes, et son opinion tôt adoptée par

(1) Béranger-Féraud, Comptes rendus^ tSSS.

(2) Cumn, Dublin (^wrtiHif Jwmêi 9f mai, M

(â) Scoutvttr*

ÊTIOLOGEE DU Sr.ORBUT.

Je. Le navire de guerre autrichien, le fut atteint par le scorbut dans sa trae Madras à Singapoure, bien qu'il fut iment pourvu de légumes frais et de des. Selon Opilz, la seule cause du scor-

céTÎt sur les troupes autrichiennes à i), était le froid et l'humidité, car elles ien approvisionnées de légumes frais; de môme des prisonniers français qui teints en i 871 à Ingolstadt et qui étaient iment pourvus de pommes de terre ide.

itre, les régions les plus chaudes et les lies do globe, telles que les Indes, les ientales, le centre de l'Afrique, ont été re d'épidémies aussi meurtrières que i éclatèrent dans les contrées où Ton ait la chaleur et la sécheresse comme Blions favorables.

*a surmonter les plus grandes difficulia moindre trace de scorbut, tant qu'on [irociirer une alimentation convenable ; si à tort qu'on a accusé l'inactivité d'être

de la plus grande fréquence de cette chez les matelots que chez les troupes

(tribué le scorbut aux émotions vives, à à l'inquiétude, au désespoir, etc., et on B ceux qui avaient une grande force tère pouvaient y échapper ; mais notre n est très surprise quand nous lisons lations de Lind qui vil le scorbut exercer ges sur la flotte, s'arrêter puis dispala suite d'une victoire, ou même avant 3, et nous croyons encore moins l'his- Prince d'Orange qui arrêta les prol'épidémie en faisant distribuer à ses le petite quantité d'eau coloré qui pasavoir de remarquables vertus préser- Monneretet Fleury (2), et Papavoine (3) i affirmé qu'ils avaient observé des cas scorbut occasionnés uniquement par snces morales.

fipiar n'a aucune influence surl'appari* corbut, cependant il diminue d'une farale la résistance vitale, et par consé- Lvorise l'éclosion et rend plus graves les es de cette maladie, comme ceux de re afifection générale. On a également ï à tort la malpropreté individuelle et

'^Sfàkmekrtft fSr die praklUche Heilkunde,

I MMjp. de méd., t. VII, p. 507.

inI.» t. m, p. 821.

l'insalubrité du voisinage ; on a même attribué à une certaine époque des propriétés fatales à l'air de la mer, mais il suffit d'un peu de réflexion pour comprendre l'absurdité de telles idées, car le scorbut a sévi sur des villes situées dans l'intérieur des terres, abondamment pourvues d'eau potable et très éloignées du rivage de la mer. Malgré ces considérations, on a dit que la nature du pays établissait des différences aans la nature de l'afifection, d'où les termes de scorbut de terre, scorbut de mer ; néanmoins il n'y a pas plus de différence pathologique entre ces deux variétés que dans la pneumonie ou la fièvre typhoïde qui se développent sur le rivage ou en mer. Aujourd'hui on a complètement mis de côté ces idées, bien que, tout récemment encore, en i ^56, le D' Crawford (i) les ait fait revivre en les appuyant de ses observations personnelles prises pendant la guerre de Crimée. Il démontre que dans cette expédition le scorbut a rarement revêtu les caractères qu'il revêt en mer à savoir : l'ulcération et la gangrène des gencives, la chute des dents, la formation d'abcès et d'ulcères gangreneux, la contracture des membres, les épanchements viscéraux, la syncope et enfin la mort subite ; et il ajoute qu'il est probable que la différence entre le scorbut de terre et le scorbut de mer a un rapport physiologique avec l'existence de la diarrhée et de la dysenterie dans le premier cas, et leur absence dans le second ; car, sur mer, les intestins sont généralement en meilleur état. Cette opinion est erronée.

Dans certains cas, on a attribué le scorbut à l'usage d*eaux mauvaiseSy comme dans le cas de l'expédition de Ranke dans l'intérieur de l'Australie. Dans cette expédition, il y avait deux détachements : l'un, bien équipé et bien approvisionné, manqua d'eau potable et souffrit du scorbut ;rautre, moins avantageuscmentpartagè sous le rapport de la nourriture, eut de l'eau de bonne qualité en quantité suffisante et échappa. On a cité d'autres eiemples analogues, mais ils n'ont aucune valeur, car on n'y mentionne pas exactement la nature des aliments. Il est possible que le détachement de Ranke qui a été le plus favorisé ait été pourvu de plantes fraîches et de racines bonnes à manger pendant son voyage. Les différentes influences que nous venons de mentionner, soit en mer, soit sur terre, peuvent nuire à la bonne hygiène du corps, et par suite être réellement capables de déterminer, dans des circonstances spéciales, l'éclosion

(1) Crawford, Méi, and sur g, Hiatory of Britiik Armtj, 1854-56.

PHILIP S. WALES. — SCORBUT

du scorbut; mais isolées ou réunies elles De peuvent l'engendrer tout d*une pièce.

Les parlicularités individuelles de constitution ou de résistance organique ont une influence bien évidente; les individus qui sont faibles de conslitution ou qui sont débilités par des maladies antérieures sont plus exposés que les gens robustes et vigoureux. Les personnes surmenées ou épuisées par un séjour prolongé dans les climats froids ou sous les tropiques succombent plus rapidement ; c'est ce qu'on a observé sur deux vaisseaux des États-Unis en station dans le golfe du Mexique : l'équipage du Raritan qui venait des côtes du Brésil était très affaibli par son long séjour dans les pays cbauds, tandis que celui du Falmouih qui avait essuyé les froids pénibles et l'bumidité des mers du Nord furent très éprouvés. De môme l'afTaiblissement organique consécutif à un voyage dans les mers arctiques et à un séjour d'biver sous des latitudes élevées, prédispose singulièrement les individus à contracter le scorbut, et cela d'autant plus qu'ils sont depuis moins de temps dans le foyer épidémique. 11 n'y a rien de plus difGcile que d'babituer l'organisme au climatinbospitalier des mers glaciales, plus on y reste, plus on a de chances de contracter le scorbut. Cette affirmalion repose sur Texpérience et s'impose à la raison quand on songe à l'immense importance du soleil sur la nutrition du monde organisé. Une atteinte de scorbut ne confère aucune immunité, au contraire, toutes conditions étant égales d'ailleurs, elle prédispose à une seconde.

La fréquente aissociation du scorbut avec d'autres états pathologiques est bien connue, et c'est sans doute à cause de cela que les premières descriptions qu'on en a donné sont si obscures et qu'on l'a confondu avec les afi'ections qui le compliquent II se combine souvent avec le paludisme, et il est facile de comprendre que les altérations profondes du sang que le miasme paludéen détermine sont bien tuiles pour bâter l'éclosion du scorbut. Il en (;st de môme de la diarrhée, de la dysenterie, de la syphilis, des suppurations longues, et de raffaiblissement consécutif aux blessures et aux maladies. £n un mot toute cause capable de débiliter l'organisme et d'altérer la nutrition constitue une prédisposition.

11 est à peine nécessaire de signaler en passant Topinion de Travis (i), qui dit que l'usage du cuivre dans la marine était la principale

(1) Travis, Méd. obs, and Inquities. London, vol. II,

nc2.

cause du scorbut, celle de Harvey (1), qui l'attribue à la gourmandise et à la débauche, celle de Magnwaringe (2), qui accuse le tabac et les excès vénériens, et celle de Willis (3), qui croit qu'il est dû à l'augmentation de la consommation du sucre.

La relation évidente qu'il y a entre la nature de Valimentation et le scorbut avait attiré l'attention des premiers' observateurs, et notamment de Wierus et d'Echthius qui l'attribuent uniquement a un vice dans la nourriture. 11 en est de môme de Bachstrom, qui, en 1734, a publié un traité sur le scorbut dans lequel il soutient qu'il est dû uniquement au manque de légumes frais; des écrivains de mérite, tels que Rouppe (4) et Trotter (5), ont soutenu les mômes idées. Dans un mémoire sur ce sijget, le U' Christison (6), d'Edimbourg, attribue le scorbut de Pcrlh à l'insuffisance des aliments azotés, c'est-à-dire à Tinsufiisance de nourriture réparatrice, et il affirme que le lait, qui supplée à ce défaut d'alimentation, est le remède du scorbut. Cette théorie, bien qu'elle soit ingénieuse, ne repose sur aucun fait sérieux ; ainsi on observe tous les ans des cas de scorbut dans k nord du pays de Galles, où la viande fraîche et le lait abondent, mais où les jardins ne produisent rien ; les faits sont donc en opposition complète avec cette théorie.

L'usage habituel de salaisons à bord des navires, a naturellement attiré l'attention des observateurs, et fait incriminer cette espèce de nourriture ; beaucoup des premiers observateurs lui ont môme attribué la principale part dans la détermination de la maladie. Cette affi^ mation ne repose sur aucune preuve» car les plus pénibles épidémies de scorbut ont éclaté en mer, alors que les navires étaient abondamment pourvus de viunde fraîche, et faisaient relâche dans des contrées où les salaisons sont complètement inconnues. Il est certain que le scorbut se manifestera plus vite chez des gens qui vivent de viandes salées que chez ceux qui se nourrissent de viande fraîche, mais c*est parce que, par suite des procédés employés pour saler les viandes, celles-ci ont perdu en partie leur pouvoir nutritif en perdant une plus oa moins grande quantité de leurs principes albominoïdes ; dans ces conditions la privation de

(1) Harvey, The diseases of London,

(2) Magnwaringe, Morbus polyrrhizas.

(3) Willis, Tractatus de scoràuto,

(4) Rouppe, De morbis navigantium, 1764.

(5) Trotter, Observ. on the Scttrvi/f 1792.

(G) Christison, Monthly Journal of méd, Sci,^ iSî^*

ÉTÏOLOGIE DU SCORBUT.

ces deux sortes de viandes favoriserait encore mieux l'apparition de la maladie. Les grandes quantités de viandes salées, que Sir G. Blanc donnait à ses scorbutiques sans conséquences fâcheuses, sont une preuve de l'impuissance du sel à provoquer cette affection.

On a aussi incriminé l'insuffisance quantitative de la nourriture, et on a cité à Tappui de cette assertion le grand nombre d'épidémies qui édalent pendant les famines; cependant tout le monde sait que le scorbut est loin d'être toujours le compagnon obligé de la famine, car fl n'affecte pas toujours les équipages qui font de longues traversées, ni les soldats assiégés et dont on a diminué la ration.

La quaUlé de la nourriture n'a pas plus d'importatfce que sa quantité ; des individus ont pu vivre pendant très longtemps de biscuit et de viandes malsaines ou môme en putréfaction sans que leur santé en souffre et sans avoir eu à redouter le scorbut

De tous ces faits, à la fois positifs et négatifs, on peut conclure avec raison que si une alimentation vicieuse favorise le développement du scorbut, sa cause déterminante consiste, dans l'immense majorité des cas, sinon toujours, dans un défaut de variété des aliments, c'est-À-dire dans un manque de proportion entre les aliments azotés et les aliments végétaux variés. Aucun genre naturel ne contient de plantes qui renferment tous les éléments essentiels à la nourriture du corps et à la composition physiologique du sang ; si les céréales et les légumes, par exemple, sont nombreux, ils ne sont pas variés ; bien que tous fournissent des substances albumiiieuses qui ont à peu près la même valeur nutritive que les substances animales correspondantes, la nourriture animale combinée à la farine de blé, de riz ou d'avoine ou avec les haricots, les lentilles, ou encore tous les aliments associés ensemble sont insuffisants au bon entretien de la santé. Des épidémies de scorbut ont éclaté à bord de navires bien approvisionnés de toutes ces substances alimentaires, comme sur les Taisseaux d'Anson qui avaient en abondance de la viande fraîche, des farines et des légumes. LeD'Londasle (1) rapporte que dans l'épidémie qui éclata à Carlisle et aux environs, quelques équipes de mineurs furent atteintes bien qu'ils îécussent au déjeuner de côtelettes de mouton ou de beefsteaks, et qu'ils reçussent pour le dioer une ration composée de pain, de bœuf

(1) Londasle, MotUhly Jour, ofméd. Se, aag. 1847.

bouilli ou de jambon et un potage ou un bouillon aux pois, mais ils n'avaient ni pommes de terre, ni légumes frais. Il est donc clair qu'il faut demander à plusieurs groupes naturels, et particulièrement à ceux qui contiennent des végétaux frais et des fruits, les éléments d'une nourriture convenable et variée.

On ignore encore la nature exacte des principes fournis par ces substances. Les fruits acides, tels que les oranges, les citrons, etc., ont des vertus antiscorbutiques bien nettes, et on peut en tirer la conclusion que ces propriétés tiennent aux acides végétaux qu'ils contiennent; du reste on les a employés avec succès contre le scorbut. L'expérience a démontré en outre que le jus et l'écorce de ces végétaux frais, et surtout peu mûrs, sont bien plus actifs que les conserves obtenues par le séchage et la coction ou que leurs acides végétaux. L'influence qu'ont ces agents de préserver et de guérir du scorbut est probablement de nature cataly tique; ils rendent, par leur présence, propres à la nutrition des matières organiques qui autrement seraient défectueuses ou funestes, tout comme le chlorure de sodium, par exemple, dont les éléments ne sont pas indispensables à la formation des éléments solides de l'organisme, et qui cependant est indispensable à la fixation des matériaux assimilés.

Le D' Aldridge(l) croit que le scorbut tient à ce que la nourriture manque de matières minérales, de phosphore, de soufre, de chaux, de potasse et de soude. On a calculé qu'un adulte qui pèse 75 kilogrammes dépense environ lsr,30 de soufre et 5 grammes de potasse et de soude par jour. La quantité de céréales suffisante pour parer aux autres dépenses de l'économie ne peuvent lui fournir que 1 8% 10 de soufre et 2>S80 de potasse et de soude par jour, et une quantité semblable de légumes ne donne que 0,70 centigrammes de soufre et 3k%60 de potasse et de soude. Les végétaux juteux, d'autre part, ne contiennent pas suffisamment de matières azotées et autres, mais en revanche sont très riches en matières minérales. La pomme de terre contient à la fois des principes organiques et des principes minéraux dans des proportions convenables pour réparer les pertes quotidiennes. Le D' Garrod (2), d'Edimbourg, se basant sur l'analyse du sang déclare que le scorbut tient à un défaut de sels de potasse dans l'alimentation, car le scorbut entraine

(1) Aldridge, Volue o/" Four. Dublin, 1847.

(2) Garrod, Montlhy Jour, of méd. Se, 1848.

PHILIP S. WALES. — SCORBUT

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une diminution de la quantité de ces sels dans le sang. NI l'une ni l'autre de ces deux opinions ingénieuses et soutenables cependant, n*ont été confirmées par les recherches scientifiques.

Quelques auteurs anciens, Sennertus (i), Charleton (2) et Hoffmann (3), qui avaient observé les caractères envahissants du scorbut, ses effets désastreux et son extension toutes les fois qu'il éclate sur des masses d'individus agglomérés et les ravages qu'il exerce sur les nourrissons, avaient cru qu'il était contagieux ou dû à un miasme spécial comme la syphilis, la variole, la fièvre intermittente. M. Villemin (4) présenta à l'Académie de médecine de Paris, en août 1874, un mémoire où il essaya de prouver que le scorbut était « une maladie endémo-épidémique contagieuse, analogue au « typhus, à la peste, et résultant d'un miasme fc particulier. » Rottwil (5) a aussi exprimé une opinion analogue.

Anatomie pathoilogiqae du scorbut.

Quand on fait l'autopsie d'un individu mort du scorbut, on voit que le corps présente une légère rigidité cadavérique, qu'il est généralement amaigri soit parce que le malade a souffert de la faim, soit parce que l'état des dents et des gencives ne permettait ni la mastication, ni la déglutition ; autrement le corps conserve ses formes et son embonpoint. 11 se décompose rapidement ; la peau est jaune-sale ou de la couleur de l'argile, elle est sèche, parcheminée, plus ou moins squameuse et rugueuse, et parsemée d'endroits bleuâtres ou livides, dont le nombre et l'étendue varient.

Il y a de petites ecchymoses longues de 1 à 2 millimètres, arrondies, situées au niveau de la racine des poils et sous Tépiderme, qui sont dues à l'extravasation du sang contenu dans les capillaires du réseau péri-folliculaire. Les couches plus profondes du derme présentent des extravasations plus étendues et plus irr<^}gulières. Le tissu conjonctif sous-cutané est plas ou moins œdémateux et infiltré de sang ou de fibrine mélangée à du sang. Ces extravasations sanguines donnent lieu à des tunriéfactions mollasses au toucher, mal délimitées à moins qu'elles ne

(1) Sennertus, Méd, pract,, lib. III, pars V, sec. II, cap. m.

(2) Charleton, De scorbuto, 1672.

(8) Hoffmann, Mediciaarationalis systematica^ 1739.

(4) Villemin, Bull, de rAcad. de méd., t. II, 1874.

(5) Rottwil, Nassauischen Jahrbvcher, Bd. XVI, S.

soient circonscrites par des fascia résistaotB; les épanchements fibrineux sont disposés en couches de i ou 2 millimètres d'épaisseur;» début ils sont gélatineux et ont une coloratioii jaune pâle, plus tard ils s'organisent, se vascilorisent, prennent une coloration roogeâtre, sont fermes et même élastiques au toucher et ont des limites très nettes ; ils finissent par te confondre si intimement avec le tissu conjonctif, qu'ils font disparaître toute apparence de structure fibrillaire. Les mêmes phénomènes se produisent dans les muscles et sous les apoDévroses qui les entourent, alors ces épanchemeaCs dissocient les fibres musculaires et les ramollissent au point qu'il est facile de les rompre avec les doigts. C'est surtout dans les muscles de la cuisse qu'on observe ces dépôts, mais ils se forment aussi quelquefois dans les muscles pectoram, autour du coude, et en arrière des muscles ptérygoîdiens. Dans les formes graves da scorbat il se fait des épanchements au-dessous da périoste où ils forment des nodosités plus on moins fermes qui peuvent entraîner la nécrose des os.

Du côté des articulations, il se fait des épanchements séreux, quelquefois même sanguinolents. On a trouvé les synoviales dépolies, les . cartilages articulaires ramollis et décollés, et, même, dans les cas graves, les os se ramollissent et s'infiltrent de sang. Quelquefois les articalations sont atteintes secondairement par suite des modifications qui surviennent dans le tissa conjonctif environnant.

Du côté des cavités séreuses, les altérations sont de même ordre. Le péricarde contient généralement un peu de sérosité citrine; qadtquefois sa surface est ramollie, facile à déchJrery ou môme enflammée et le siège d'hémorrhagies considérables. Souvent les plèvres contiennent de la sérosité et quelquefois du sang en grande quantité ; elles sont souvent parsemées d'ecchymoses qui montrent qu'elles ont été le siège d'un travail inflammatoire.

Mais c'est du côté de la bouche qu'on observe les modifications les plus constantes, et, de fait, elles ne manquent jamais; je veux parler de ce qu'on appelle la stomatite scorbutique. Les gencives sont violacées, livides, gonQées, séparées des dents qu'elles cachent totalement ou en partie au milieu de leur développement fongueux; elles sont atteintes de dégénérescence graisseuse, et, au microscope, on voit qu'il y a une abondante prolifération d'épithélium et ane énorme production de globules graisseux. Les ^ dents branlent dans leurs ahéotai, à moint

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