TRAITEMENT DU SCORBUT
Pronostic da scorbut.
Le pronostic du scorbut dépend de la période de la maladie, de son intensité, de ses complications et de Tétat constitutionnel du malade et de circonstances particulières, telles que la posnbilité de modifier Thygiène environnante. Dans les premières périodes, la guérison est certaine quand on institue un traitement con- Tenable, et la rapidité avec laquelle les gendvea et la pâleur de la face disparaissent ainsi que la rapidité avec laquelle le malade recoayre sa vigueur, sont vraiment remarquables. Même dans les cas assez graves, dans lesquels tontefois les organes internes restent sains et qui ne se compliquent pas de maladies intercurrentes, le pronostic est favorable quand on peut mettre le malade dans de bonnes conditions. Bien plus, souvent les cas légers en apparence ne guérissent pas toujours aussi rapidement que ceux qui paraissent beaucoup plus graves. Quand il y a des complications thoraciques ou abdominales et que les épanchements ne sont pas très considérables, on peut encore espérer la guérison avec une thérapeutique bien comprise ; ces cas cependant sont loin d'être favorables. Quand, au contraire, il y a des épancbements très étendus de sang ou de sérum dans la plèvre, le péricarde on le péritoine, la mort est presque inévitable. Les hèmorrhagies abondantes peuvent déteroiitter une syncope mortelle, autrefois on coniîdéfait Fépislaxis comme un symptôme fatal. La diarrhée coUiquative et la dysenterie épuisent rapidement les forces du malade, et amènent rapidement la mort en occasionnant aœ prostration profonde, ou graduellement en déterminant une faiblesse insurmontable. Les individus atteints de débilité constitutionnelle ou affaiblis par des maladies antérieures, telles que la malaria, des attaques de scorbut antérieures ou d'autres états cachectiques, sont plus exposés à la mort que les individus vigoureux. Les circonstances matérielles dans lesquelles se trouve le malade ont aussi une influence importante sur le pronostic. Sur terre, il est plus facile de se procurer le confortable, c'est-à-dire des logements secs, bien ventilés, propres, une nourriture abondante et variée, des approvisionnements de légumes frais, qu'en mer. Dans les traversées, dans les voyages d'explorations au milieu de contrées inconnues, sous les latitudes élevées, il est souvent impossible de se procurer en suffisance les choses nécessaires
à la guérison, et dans ces conditions, il n'est pas rare que même les cas légers soient suivis de mort.
Traitement du scorbut.
Il n'y a pas de maladie dans laquelle un traitement bien dirigé donne de meilleurs résultats que dans le scorbut. La guérison de cette affection est une véritable conquête de la thérapeutique, car on sait que du quatorzième au quinzième siècle il fit plus de victimes sur terre et sur mer que les projectiles de l'ennemi et les autres fléaux de la guerre associés. Les résultats que donne l'adoption des moyens .prophylactiques et hygiéniques enseignés par l'expérience sont aussi très remarquables. Ils ont été éprouvés, dans bien des circonstances, pendant de longues années, et dans presque tous les pays, et ils sont indispensables au maintien de la santé. Il nous faut d'abord passer en revue rapidement les divers moyens prophylactiques auxquels on doit s'adresser dans une épidémie de scorbuL