TRAITEMENT DU SCORBUT
conTenableSy quartiers confortables et bien ventilés, suffit souvent à éviter le scorbut en mer ou sur terre. Les précautions hygiéniques à prendre pour les moines, les soldats, les couveotSyles établissements pénitenciers sontidentiqueroent les mêmes.
TRAITEMENT CURATIP.
La première précaution thérapeutique à prendre contre le scorbut est d^améliorer Valimentation quand c'est possible, et de donner des aliments frais, des potages, des aliments azotés facOes à assimiler, des végétaux frais ; les meilleurs légumes des jardins sont les choux, les betteraves, les radis, les navets, les carottes, les pommes de terre; les végétaux sauvages que Ton peut employer sont le cresson, la chicorée, les champignons, Tail,. la moutarde, les plantes •Dtiscori>utlques communes et les cônes de pin qu'on peut se procurer presque partout, et même dans les régions hyperboréales. Les anciens Celtes mangeaient du trèfle. Les meilleurs liruits sont les fruits acides parmi lesquels le citron et l'orange tiennent la première place. Quand on ne peut pas s*en procurer, on peut les remplacer par des pommes, des poires, du fiisin, des cerises et des groseilles; on peut égdement recourir aux acides végétaux tartrifoe, citrique, acétique, ou à leur combinaison afec la potasse, et aux vins acides. Le D' Pelin (1) qui a expérimenté le jus qu'on retire du « Maguey ou Agave americanaj » le trouve supérieur aux autres anti-scorbutiques, môme au jus de citron. On a aussi vanté le nitrate de potasse employé seul ou mélangé au vinaigre.
La rapidité avec laquelle les symptômes les plus douloureux et même les plus menaçants du icoriHit disparaissent sous Tinfluence de l'aliiDentation seule est vraiment remarquable et presque miraculeuse. Quand il y a en même temps débilité ou retard dans la convalescence on peut y associer les amers, les toniques aromatiques, le quinquina, la gentiane, etc., seuls ou combinés aux préparations ferrugineuses et
dm êcortuif divisé en trois parties contenant des r«ckereket sur la nature, tes causes et la curation de cette maladie^ avec une table chronologique et criti^ fM de tout ce qui a paru sur ce sujet. Paris, 17S6, 3 vol. in-12. — Le même, nouvelle édition, 1771. — IfooreUe édition, avec des notes et addition de la tndoctioa do Trente du scorbut de Boorhaave, commenté par van Swieten. Paris, 1788.
(1) Perin, Médical statUtict U. S. Army, 1839-54, p. 363.
aux acides minéraux, en même temps qu'on fait prendre aux malades du vin ou de la bière. Derblich (1) dit que la teinture de cantharides est presque un spécifique du scorbut.
On traitera la stomatite scorbutique par les astringents minéraux et végétaux, par les eaux contenant de Vacide carbonique, les solutions de chlorure de chaux ou de permanganate de potasse ; quelquefois il y a avantage à employer une solution de nitrate d'argent. Les médicaments soulagent, mais l'amélioration n*est permanente que quand on ordonne simultanément au malade de manger des végétaux frais. Les altérations de la peau ne réclament aucun traitement spécial, à moins qu'il n'y ait des ulcérations, alors il faut les panser avec des préparations adoucissantes , et les préserver contre les irritants extérieurs, en même temps qu'on les tiendra dans un état de parfaite propreté et qu'on combattra la mauvaise odeur avec des solutions d'acide phénique ou de chlorure de chaux. Les hémorrhagies scorbutiques se traitent comme toute autre hémorrhagie. Les épistaxis s'arrêtent à l'aide d'applications froides sur la tête, et en faisant priser aux malades des poudres astringentes telles que celles de tannin, de ratanhia, etc. ; dans les cas graves, il faut quelquefois recourir au tamponnement. Les hémorrhagies gastro-intestinales cèdent à l'emploi du froid ou de la glace sur le ventre et par l'administration à l'intérieur d'ergotine, de perchlorure de fer, d'acide gallique, d'acétate de plomb, d'opium ou d'autres agents hémostatiques. Lesépanchementsde sang dans le péricarde et dans la plèvre se résorbent généralement , s'ils ne sont pas trop abondants , quand l'état général s'améliore sous l'innuence du traitement que nous avons indiqué. Si l'épanchement augmentait au point d'embarrasser la circulation ou la respiration, il ne faudrait pas hésiter à faire la paracenthèse bien qu'elle ait peu de chance de réussir.
11 est très important de surveiller le malade et de ne lui permettre aucun mouvement qui puisse troubler le fonctionnement de son cœur déjà très compromis ; il arrive quelquefois qu'un changement brusque de position, ou que l'effort qu'on fait pour monter quelques marches d'escalier, suffise pour amener la mort subite. 11 faut éviter l'emploi de vésicatoires ou de ventouses, laisser les intestins immobiles et n'avoir jamais recours qu'aux laxatifs doux. 11
(1) Derblicb, Wiener medizinische Wochenschrift^ 1861, p. 827.
PHILIP S. WALES. — SCORBUT
faut proscrire toutes les préparations mercurielles qui donnent toujours des résultats désastreux, surtout quand ils provoquent la saliyation. La mort des quatre cents hommes dont parle Kramer montre d'une façon éclatante le triste résultat de cette médication (i).
(1) Un grand nombre de travaux publiés sur le scorbut pendant les trente premières années de ce siècle n*ont pas trouvé place dans les notes bibliographiques de cet article : de ces mémoires la plupart sont des thèses soutenues par les médecins de la marine ; on en trouvera l'indication dans le Répertoire bibiiogrch phique des travaux des médecins et des pharmaciens de la marine^ par Ch. Berger et H. Rey. Paris, 1874.
Nous citerons encore comme une source de documents précieux sur cette question :
La collection des Archives de médecine navale, Paris, 1864-1881, 36 vol. in-8 et en particulier:
Bouchas, Fontaine et Hetet, De la préparation H de la conservation du sue de citron (angl. lime joice) comme antiscorbutique (Arch. méd, nav.^ 1864, 1. 1).
A. A. Léon, Contribution à Vétiologie du scorbut {Arch, méd. nav., 1868, t. IX).
E. Rochefort, Correspondance du Board of Trade au sujet du scorbut dans la marine marchande onglaise (Arch. méd. nav.^ 1873, t. XX) ; VExpidUim arctique et le scorbut {Ibid., t XXVIII, 1877).
Balfe, Recherches sur la pathologie générale du scor* but {Arch. méd. nav., 1877, t. XXVIU).
Galliot, Relation et causes de l'épidémie de scorbut du Dupleix, Campagne d* Islande {Arch. méd. wn., 1877, t. xxvn).
Nous citerons encore :
Fonssagrives, Traité cThygiène navale, î* édhioo. Paris, 1877.
H. Rey, article Scorbut du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques de Jaccoud. Paris, 1882, t. XXXII, p. 668 à 710 (BibUographie très complète).
SHOCK ET EMBOLIE GRAISSEUSE
PAR G. W. MANSELL-MOULIN (1)
FeUow dn Pembroke Collège à Oxiord, Chirurgien du London Hospital, London.