‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 93 sur 343 · SHOCK · texte numérisé non relu

SHOCK

Tout d*abord appliqué à tous les cas de mort subite ou de trouble mental sans lésion appréciable, le terme Shock, grâce au développement de nos connaissances physiologiques et à l'extension des recherches expérimentales, a été de plus en plus définitivement lié à l'idée d'une attdnte brusque portée à la circulation par Tintermédiaire du système nerveux, produisant la mort avec une rapidité telle que rien ne peut lai être comparé ou bien amenant un état de prostration prolongée suivie d'une réaction dont rissae est plus ou moins heureuse. Un pareil lésultat ne peut se produire que sous Tinfloence directe du système nerveux. Il y a longtemps. Travers (2) signala ces cas fréquents de mort subite, consécutifs à des traumatismes qm ne laissaient aucune trace de leur action destructive sur la structure des organes vitaux et ces antres cas de mort, après un laps de temps variant de quelques heures à quelques jours et même quelques semaines après le traumatisme et qui ne pouvaient admettre d'autre explication en rapport avec la marche et les symptAmes de la maladie, qu'une suspension ou une abolition de la puissance nerveuse. On trouvera une nouvelle confirmation de cette opinion qu'il ne peut pas y avoir une lésion sérieuse dans la structure des tissus par ce fait, que, dans les cas de guérison, la disparition des

(1) Traduit par le D' Paul Rodet.

(2) Travers, TreatUe on Comtitutional ùrilations, p. 4SI.

symptômes se fait d'une façon aussi rapide que leur début avait été brusque ; car des malades que l'on avait laissés, la veille, moribonds en apparence, sans lésion externe, peuvent être retrouvés le lendemain complètement guéris et vous parlant d'un ton calme de leur santé. Naturellement on ne doit pas en conclure qu'il ne se produit pas des modifications, mais simple; ment que leur constatation n'est pas possible à l'aide de nos moyens actuels d'investigation. On doit s'attendre, qu'avec les progrès toujours croissants de nos connaissaAes, touchant les conditions dans lesquelles se produit la manifestation de ce mouvement moléculaire qu'on appelle force nerveuse, nous pourrons un jour concevoir l'idée de la façon dont son action peut être modifiée ou suspendue sans qu'il se produise une altération visible des tissus.

Causes du Shock.

Quelle que soit la cause immédiate du shock, qu'il provienne d'une origine mentale ou d'un traumatisme grave (car l'un ou l'autre suffit, bien que, cependant, chacun révèle une forme particulière) tout en lui dénote une diminution d'énergie de la circulation : la peau est froide et décolorée, le pouls petit et faible, la respiration difficile, la langueur et la dépression générales, tout enfin porte le cachet de la perte de ces forces qui demandent au liquide sanguin une tension qui leur est nécessaire ; tout mon-

Page 1