C. W. MÀNSELL-MOULIN. — SHOCK ET EMBOLIE GRAISSEUSE
des circonstances de cette nature, sans qu*il y ait des lésions marquées et il faut bien savoir que, quand celles-ci manquent, on a affaire aux cas les plus graves et on ne peut expliquer ce fait autrement qu'en l'attribuant à une cause générale ou morale.
Le simple ébranlement du cerveau serait un bon exemple de shock si Ton pouvait éliminer et mettre de côté les symptômes qui dépendent du traumatisme infligé à la substance cérébrale elle-même, qui se retrouve toujours même dans les cas les plus légers et produit des effets directs et indirects, s'il faut en croire les expérimentateurs (1).
Comme les accidents, atteignant les extrémités, sont suivis de shock, toutes choses étant égales, en proportion de leur proximité du tronc, on est autorisé à en induire que les lésions siégeant au tronc lui-même présentent une gravité beaucoup plus considérable; et cette induction est vraie non seulement pour les accidents qui portent une atteinte grave à des organes ou à des tissus et qui pourraient empêcher le fonctionnement nécessaire au maintien de la vie, mais même pour des lésions légères, telles que des coups ou des contusions, qui passeraient inaperçues, mais qui,
cet endroit, sont souvent, et quelquefois inopinément, suivies d'effets d'un caractère extrêmement grave.
Il y a peu d'étudiants qui n'aient éprouvé les effets d'un coup sur le scrotum ou sur le creux de Vestotnac, le collapsus intense et la prostration absolue qui survient tout d'un coup et qui peut même se terminer4)ar la mort, comme les annales du jeu de cricket en contiennent malheureusement des exemples. Fischer (2) rapporte une observation de mort avec tous les symptômes du shock le plus profond survenu quelques heures après l'écrasement d'un testicule ; et Erichsen signale le fait fréquent, dans la castration, d'un abaissement du pouls au moment de la section du cordon spermatique, même quand le patient est soumis à l'influence anesthésique. Mais il est assez singulier, qu'en dépit de la tradition, généralement acceptée en pareille matière et des symptômes évidemment graves qui sont observés, on ne trouve pas relaté un seul fait dans lequel la mort soit survenue chez un individu en bonne santé immédiatement après un coup reçu sur l'abdo-
(1) Goltz, Pflûger's Archiv. 1870.
(2) Volkmann's Sammlung Kliniicher Yortrûge^ ûMO.
m en sans qu'il y ait une lésion quelconque des viscères sous-jaccnts. Et même le cas classique rapporté par Âstley Gooper et toujours cité comme exemple, d'un laboureur qui, conduisant un pourceau sur une brouette, reçut un léger coup à l'épigastre et tomba raide mort, ne peut pas être admis (1) malgré l'appui d'une telle autorité ; car cela n'arriva pas dans sa propre pratique, et, dans le rédt qnH en a laissé, il n'y a rien d'incompatible avec l'hypothèse d'une suppression soudaine ds Faction du cœur par l'effet combiné d'une dé* générescence de tissu et du surmenage. Cependant la mort peut arriver à une période plus reculée; un jeune homme, après avoir été écrasé contre un mur par l'extrémité d'un baquet de marchand de quatre saisons entra à l'hôpital dans un état de collapsus, dont fl , ne sortit partiellement que vers le soir, pour décliner bientôt graduellement et succomber avant que vingt- quatre heures ne se sdent écoulées; l'examen cadavérique ne révéla nen qui pût rendre compte de cela, on ne tromn qu'un peu de rougeur du péritoine avec une légère viscosité à la partie postérieure, contre les vertèbres, comme s'il y avait eu un commencement de péritonite.
Il arrive souvent que les p/ates pénéiranks de Vabdomen et encore plus souvent ces tramnatismes ou ces opérations, qui nécessitent le maniement des viscères, telle que ToTarioUh mie, sont suivies de résultats de cette nature, quoiqu'on rencontre peut-être plus d'exce]^ tiens dans cette classe de traumatisme, que partout ailleurs. On a observé la mort, en l'espace de cinq minutes, après une simple ponction d'un kyste hydalique du foie.
Le patient était un homme de 40 ans, parfalftêaieiit bien portant en apparence, qui venait à Tbôpital parce qu*il avait remarqué que depuis dix mois son ventre augmentait de volume. C'était évidemment on ][yste hydatique du foie et qui était si gênant que le malade réclamait une intervention. Quelques Jours après soo entrée, on fit une ponction exploratrice, sans anesthésique, et on retira quelques gouttes dHm fiqufde clair; comme aucun efTet ne s'était produit, on introduisit une canule d'un volume un peu plus gros, environ comme celui d'une plume d'oie, immédiatement après qu'on eut retiré le petit trocart capillaire. On donna ainsi issue à quelques granunes d'un liquide sanguinolent, puis, tout d'un coup, la face devint pâle et livide, les bras retombèrent inertes, et après quelques battements faibles et irréguliers, le pools cessa. L'examen cadavérique fut fait le lendemain, le point
(1) Pollock, Holme's System of Surgerg.