SYMPTOMES DU SHOCK
de ponction correspondait à la convexité du foie et, en 7 passant une sonde, on tombait dans un petit kyste ntaé à côté d'un autre beaucoup plus grand ; les veines abdominales n'étaient pas très distendues et le seul signe de dcgénération viscérale était un léger état granulé des reins.
Brjant (1) rapporte un cas tout à fait semblable, ne différant que par la quantité du liquide extrait qui était d'environ trois cents gramoies (bien que souvent on en ait retiré beaucoup plus sans aucun dommage) et par ce fait que le calibre de la veine cave inférieure était considérablement diminué par la compression de la tumeur et qu'une branche importante de la veine porte avait été perforée par le trocart.
Les blessures des autres viscères de Tabdomen nous offrent des exemples non moins fréquents et aussi caractéristiques. L'étranglement â*une portion de Vintestin grêle, soit dans ou sac herniaire, soit par une bride, présente tout d*un coup des symptômes d'une prostration extrême et peut, si elle n*est pas réduite, occasionner la mort, sans qu'il y ait développement de péritonite. La plupart des cas de ce genre s'observent à la suite de l'application du taxis, avec ou sans l'administration du chloroforme, surtout dans les cas de hernie ombilicale ou ventrale chez les sujets corpulents affaiblis par des vomissements probngés.
On constate les mêmes effets à la suite de l'absorption de poisons corrosifs tels que l'acide sulforique et les autres acides de cet ordre ou bien de l'arsenic, dont les effets immédiats consistent en une douleur locale intense, dans le refroidissement et la décoloration de la peau, Qoe respiration suspirieuse et un pouls faible, souvent à peine perceptible. Des effets analogues sont la conséquence d'une perforation de l'estomac ou des intestins et du déversement de leur contenu dans la cavité péritonéale. Le shock qui survient après la parturition, surtout dans les cas de grossesse gémellaire, est probablement dû en partie à l'influence nerveuse, en partie à la perte brusque d'équilibre de pression dans les vaisseaux abdominaux qui, n'étant plus comprimés par l'utérus gravide, doÎTent nécessairement présenter un degré plus ou moins grand de relâchement (2).
Une hémorrhagie abondante, surtout si elle se produit tout d'un coup, donne tous les symp-
(1) Bryant, The Laneet, 8 juin 1878.
(2; Lander Brunton, Shock and ^y/tco/^e.
Eiicycl. de chirurgie.
tomes du collapsus, mais s'accompagne d'habitude de syncope. Certains poisons, comme la nicotine et la muscarine^ dont l'action se porte sur la partie du système nerveux en rapport avec le cœur et les vaisseaux, produisent une prostration physique et morale, intense par la diminution de la tension musculaire, et ces cas présentent un intérêt extraordinaire, car, de cette façon, le physiologiste pourra à volonté, par un manuel opératoire facile à comprendre, faire naître un état absolument analogue à celui qui est la conséquence d'un traumatisme ou d'une émotion morale, qui reste depuis longtemps une énigme. En réalité, l'analogie présentée par les cas de ce genre avec le collapsus causé par une lésion abdominale est si frappante, que Furneau Jordan et autres ont rangé l'hémorrhagie et cette classe de poisons parmi les causes du shociî. Mais il paraît bien plus juste de restreindre la définition en écartant l'idée d'une origine indirecte et peut-être réûexe (traumalique ou mentale), et de considérer ces cas, dont l'effet est produit par une influence qui porte son action directement sur la tension vasculaire, comme une ressource pour expliquer ces autres cas où la même influence survient, d'une façon indirecte et ré- ' flexe, comme la conséquence d'une lésion peut-être éloignée.
Symptômes du shock.
11 y a peu d'états aussi caractéristiques que celui d'un individu frappé des plus graves manifestations du shock ; aucun ne représente d'une manière plus frappante l'image de la morL Le malade est étendu complètement immobile, indifférent à tout ce qui l'entoure ; les membres ont perdu toute espèce de force et se trouvent dans la position que le hasard des circonstances leur a fait prendre ; Tintelligence n'est pas abolie, mais le malade voit tout comme à travers un nuage et n'entend que les questions faites à haute voix et répétées plusieurs fois (bien qu'on rencontre quelques cas, rares il est vrai, où l'on observe une exaltation des sens, particulièrement de l'ouïe); absence de paralysie, cependant les réponses viennent difficilement, elles sont scandées et on peut à peine les entendre; les plus simples mouvements se font lentement, péniblement et souvent même ne peuvent pas être achevés. Le faciès est tout à fait change ; tous les traits, surtout le nez, sont ratatinés; les yeux ont perdu leur éclat, et regardent en haut, l'orbite profondément excavé