C. \V. MANSËLL-MOULIN. — SHOCK ET EMBOLIE GRAISSEUSE
est bordé d'un cercle noirâtre, les pupilles en général dilatées ne réagissent que très lentement à Texcitation de la lumière. La peau et les muqueuses sont d'une pâleur livide ; les doigts et les ongles sont yiolacés, les plis de la paume de la main pendent flasques. De larges gouttes de sueur suintent sur le froni et les sourcils, tout le corps est froid, de temps en temps un frisson passe dans tous les membres ; l'abaissement de la température est considérable, souvent de deux degrés et même davantage. La sensibilité générale est très émoussée, l'analgésie presque absolue, il faut un paroxysme plus violent que d'habitude pour réveiller quelque mouvement ; on peut apprendre au malade les nouvelles les plus graves, sans qu'il en ressente la moindre émotion, tellement la dépression est grande. Le pouls est presque imperceptible, irrégulier, inégal et très rapide, la tension artérielle est diminuée, le tracé sphygmographique présente une ascension brève avec un plateau très marqué; le dicrotisme que Ton observe dans ces cas est probablement en rapport avec l'abondance de l'hémorrhagie. Les mouvements respiratoires sont très irréguliers, d'une profondeur anormale, puis tout d'un coup survient une série de respirations suspirieuses à peine perceptibles à l'oreille ; quelquefois, surtout après la disparition des symptômes graves et quand la réaction commence, on observe des vomissements; les sphincters restent en général fermés, mais on ne peut pas établir de règle à ce sujet; la rétention d'urine est fréquente et même il y a quelquefois une anurie temporaire.
Le shock ne revêt pas toujours cette apparence calme de la mort, il peut présenter à cet égard les plus grandes variétés. On peut observer l'agitation et l'excitabilité les plus extrêmes dans cette forme déréthisme que Travers a appelée « prostration avec excitation »; on peut ensuite voir le premier type succéder à cette forme en guise de réaction.
Alors le malade se jette violemment de tous les côtés, comme un fou, se plaignant d'une oppression et d'un manque de respiration terribles; il aie pressentiment d'une fin prochaine et une sensation d'anéantissement complet; il crie plusieurs fois les mêmes choses, peutêtre tout à fait involontairement ; son faciès ne traduit qu'une anxiété sans nom et une douleur atroce. L'intelligence est intacte, mais semble sous le coup d'une angoisse effrayante ; les demandes restent sans réponses ; on n'observe toujours que le même gémissement plaintif; l'indifférence pour tout ce qui l'entoure
est absolue ; il n'y a qu'un sentiment, c'est celui de la mort, ^ui est suspend lie sur sa tête. Les caractères de la respiration et du pods sont les mêmes que dans la forme torpiik, cependant la pâleur et le refroidissement sont rarement aussi prononcés, et même la face est quelquefois colorée; presque toujours la soif est brûlante, les liquides sont avalés très difficilement et vomis presque aussitôt. Quelquefois les membres et tout le corps sont tout d'oo coup en proie à une convulsion tétanique. Le sommeil est un mythe, tout au plus y a-t-il un assoupissement agité qui ne produit aucun soulagement ; plus souvent, aux approches de la nuit, l'incohérence devient un délire féroce. L'épuisement ne tarde pas à arriver, des sueurs profuses et visqueuses apparaissent sur la face et bientôt sur tout le corps, le pouls devient plus mou et faible et il se produit une cessation brusque de tout mouvement, souvent précédée d'une légère convulsion, les traits s'altèrent, le malade est mort.
Bien que le tableau de cette forme de shod soit si différent de celui de la première, il n'y a rien d'impossible, en raison de la coïncidence du coma et des convulsions, que l'on observe dans d'autres circonstances, et qui sont dues à la même cause, que ces deux formes de shock ne soient produites par le même état patho^ logique, naturellement avec quelque différence de degré ; mais la distinction est si facile que l'une des deux formes peut succéder à l'autre, sans qu'il soit possible de prévoir, d'après la constitution du malade ou la nature de la lésion, quelle sera celle qui surviendra
Mais, bien que paraissant les plus accablantes, ces formes ne sont pas les seules où se manifeste l'énorme dépression de la puissance vitale qui suit les traumatismes graves. QuelquefoiSj et c'est surtout après les accidents de chemin de fer, peut-être en raison de la peor, peut-être à cause du violent ébranlement éprouvé par tout le corps, qui est projeté dans l'espace ou secoué en avant et en arrière sans que les muscles y soient préparés, que Ton observe une forme si insidieuse qu'elle mettra en défaut le pronostic le plus réservé. Après l'accident, le patient qui n'a aucune blessure apparente (ceci parait essentiel) semble tout à fait calme et sans émotion, ce qui souvent n'est pas naturel, se félicitant d'avoir échappé au danger ; la face a sa coloration normale, le pouls est calme, la respiration tranquille, il semble que rien ne soit dérangé. Maiii pendant la nuit, il lui est impossible de B&«" ^*^ ff t de la