SYMPTOMES DU SHOCK
tendance à avoir de la fièvre, le pouls s'accélère tout en perdant de sa force; les yeux sont brillants, le regard est inquiet; les extrémités sont froides, et, dans l'espace de trois ou quatre jours, il peut survenir des vomissements incessants . et l'épuisement, suivis de coma. Plus souvent, le laps de temps est plus long et il se développe un état que l'on a désigné sous le nom d'hystérie ou d'hypocondrie faute d'une meilleure dénomination. 11 faut avouer qu'un grand nombre de ces cas passent avec raison pour douteux ; dans certains cas, les symptômes pnt été complètement simulés ; dans d'autres, probablement les plus nombreux, la cause réelle était le développement lent d'une méningite cérébro-spinale chronique ; mais il y en a encore d'autres (sans signes objectifs) auxquels cette explication ne peut s'appliquer; d'autres, où les conséquences d'un accident se montrent trop tôt pour qu'une inflammation puisse en être la cause, sont suivis soit d'un trouble de nutrition soit d'une perte plus ou moins complète du pouvoir de contrôle du cerveau. On a prétendu que cet état était dû réellement à l'anémie de la moelle (1), cela est possible, et il présente une certaine analogie avec une condition semblable du cerveau; mais comme il est très difficile de comprendre qu'un tel état se développe primitivement, il est encore plus difficile de se figurer comment il pourrait persister; et il ne faut pas oublier que cette doctrine ne repose que sur dear observations cliniques et qu'aucun fait pathologique ne peut être invoqué à l'appui. D'ailleurs, il faut se rappeler qu'il est essentiel, pour la conception du shock, que les symptômes ou quelques-uns dans leur forme la plus légère apparaissent immédiatement après l'accident. Cela ne fait aucun doute que la plupart des cas de mort subite, qui ont été rangés dans la catégorie du shock, cas dans lesquels un intervalle de plusieurs heures ou même de plusieurs jours s'est écoulé après un traumatisme ou une opération sans l'apparition de complication fâcheuse, ne sont pas du tout le fait du shock, dans le sens strict du terme considéré comme une dépression vitale extrême causée par une influence nerveuse réflexe. On peut probablement expliquer la plupart de ces cas par la production d'une hémorrhagie, surtout ces effets éloignés auxquels Nussbaum (2) tttribue les résultats étranges d'accidents sur-
(1) Eriehsen, BûUwùy Injuriée,
{7) 5iissbiiim,ilera/fcAet Intelligence-Blatif 13 màrz
venus à un âge avancé; ou à un collapsus septU que par suite de l'absorption soudaine des matières toxiques par une vaste surface séreuse, comme le péritoine; ou par embolie graisseuse dont Wagner et d'autres ont dernièrement montré la fréquence après les traumatismes, surtout après ceux qui intéressent les os.
Les symptômes du shock ne présentent pas toujours la gravité des cas que nous avons décrits plus haut; il peut n'y avoir simplement qu'un afiaiblissement temporaire de l'activité cérébrale, avec une diminution transitoire de la puissance musculaire et une légère irrégularité de l'action du cœur, signes qu'il est extrêmement difficile sinon impossible de distinguer d'une syncope. Travers (i) a dit que l'on a, dans l'attaque syncopalc et la reprise de connaissance qui s'ensuit, un aperçu du phénomène du shock.
Cependant il y a, dans la syncope, un trait caractéristique, qui, du reste, lui a valu son nom, et que l'on rencontre très rarement dans le shock, peut-être seulement dans les cas qui ont une terminaison rapidement fatale, c'est la perte de connaissance soudaine et complète due à la suspension des fonctions de ces parties du cerveau qui commandent aux phénomènes intellectuels. Il est à peine nécessaire de montrer que la suppression de l'apport sanguin au cerveau est un état pathologique inhérent à la syncope ; la pâleur frappante de la Tace, arrivant si soudainement, serait seule presque suffisante, ou bien encore ces cas où par suite d'un afi'aiblissement du cœur la simple action de placer le malade sur son séant est immédiatement suivie de la perte de connaissance. Quand bien même Aslley Cooper, par la ligature des carotides, et Fleniming, par leur compression, n'auraient pas démontré jusqu'à l'évidence que c'était de cette modification locale que venaient tous les efi'cts observés. On ne peut pas non plus apporter une objection anatomique à l'hypothèse de la brusque diminution de l'apport sanguin dans la cavité crânienne ; car elle n'est pas regardée comme celle-ci close, mais bien comme communiquant avec les ventricules et la cavité arachnoïdienne de telle façon qu'une altération de pression recevrait une compensation immédiate. Dans le shock, au contraire, il est rare que la perte de connaissance soit complète; l'activité cérébrale est conservée quoiqu'impuissante à accomplir un efl*ort d'intelligence ; la puissance est affaiblie^
(1) Travers, op, cit., p. 467.