PLAIES SIMPLES DU POUMON
Nous n'avons pas à ënumérer de nouveau les nombreuses causes de plaie du poumon, qui peuvent être faites par les instruments dont nous avons parlé à l'occasion des plaies de la poitrino.
Selon la pénétration de l'instrument, la plaie peut être très superficielle ou profonde, le poumon peut être même complètement traversé. Deux phénomènes se produisent simultanément : l'écoulement de sang, et la sortie de l'air par la plaie extérieure et par la bouche.
Un troisième phénomène se produit fréquemment, c'est l'affaissement du poumon, qui se trouve abandonné à sa rétractilité naturelle; encore ce dernier phénomène est-il subordonné à rexistcnce ou à l'absence d'adhérences anciennes du poumon à la plèvre. C'est un fait dont nous avons parlé plus haut à propos du pneumothorax et de l'emphysème sous-cutané. L'écoulement de sang n'est jamais considérable si la plaie est superficielle, il l'est au contraire beaucoup si la plaie est profonde et a atteint les vaisseaux du bile.
Si la plaie est étroite, au bout de peu d'heures il s'est formé un petit caillot, qui s'organise vite, et dans les cas heureux, il amène la cicatrisation de la plaie du poumon. Tout autour de la plaie il s'est fait un petit noyau inflammatoire, véritable noyau de pneumonie traumatique, limitée. 11 est certain, comme Nélaton l'a prouvé par une autopsie, que les plaies du poumon peuvent se réunir par première intention. Si la plaie est large oucontuse, l'inflammation du poumon s'étend à distance
de la plaie, et peut atteindre un plus haut degré de gravité.
S'il n'existe pas d'adhérences du poumon à la plèvre, le poumon se rétracte, la plèvre ne tarde pas à s^enflammer localement, et la plaie viscérale se couvre d'un exsudât plastique, qui l'isole de la grande cavité pleurale.
Il est des cas où le poumon atteint profondément réagit mal. On voit se former tout autour de la plaie une inflammation tendant à l'hépatisation. La plaie ne se ferme pas, mais au contraire devient fistuleuse, forme une fiituk bronchique t surtout si une bronche d'un certain volume est ouverte. En même temps le poumon contracte des adhérences avec la plèvre, et le pus se déverse à la fois par la plaie pariétale et par les bronches. La guérison se fait, parce que le trajet se rétracte graduellement ; souvent l'orifice d'entrée est le premier qui se ferme, tandis que le trajet reste un temps fort considérable en communication avec les troncs bronchiques et se vide par l'expectoration. S'il y a un corps étranger, il peut sortir soit par cette dernière voie, soit par la fistule pariétale.
Symptômes.
On peut les distinguer en signes généraux, qui sont ceux de toutes les plaies pénétrantes de poitrine: tendance à la syncope, altération des traits, petitesse du pouls, p&leur de la face, dypsnée, refroidissement général; et en signes particuliers, hémoptysie, sortie de l'air et du sang par la plaie extérieure. Le sang qui est ainsi rejeté est rutilant, aéré; ce n'est que plus tard, au moment de l'inflammation, qu'il devient brunâtre ; puis les crachats sont seulement rouilles, et enfin le sang disparaît