A. — PLAIES PÉNÉTRANTES SIMPLES
Bretonneau et Velpeau ont montré sur des animaux que les simples piqûres du cœur ne sont que fort peu dangereuses, mais il faut qu'elles soient faites par un instrument acéré et très fin. Malgré cela, on n'est pas à l'abri d'une endocardite. Toutefois il semble que chez Thomme les simples piqûres soient plus graves que chez les animaux.
Les dimensions de la plaie ne sont pas toujours en rapport avec l'instrument qui les a produites, elles peuvent être plus considérables à l'extérieur qu'à l'intérieur. On a même vu ces plaies affecter une forme des plus irrégulicres. En général la plaie est bouchée par un caillot qui, suivant l'Age de la plaie, est noir et mou ou bien fibrineux et décoloré. On s'est demandé jusqu'à quel point ce caillot peut concourir à la guérison, s'il peut s'organiser, comment ilpeutle faire dans les artères. Ces questions ne sont pas élucidées. 11 est certain que les plaies pénétrantes du cœur peuvent guérir : dans ces cas, la cicatrice a un aspect fibreux et même cartilagineux, mais on ne sait nullement dans quel espace de temps elle peut se faire.
Le sang s'épanche dans le péricarde en quantité souvent très considérable; la séreuse est distendue par du sang tantôt caillé, tantôt liquide. On peut se demander si le sang se comporte dans le péricarde comme il se comporte dans la plèvre, ainsi que nous l'avons exposé plus haut à propos de l'hémo-thorax. En même temps on voit les signes les plus nets d'une péricardite traumatique souvent interne.
On a trouvé le muscle cardiaque diminué de volume parce qu'il était dans un état de contraction extrême ; cet état lient à la compression que le cœur a subie par le sang épanché dans le péricarde. Dans certains cas le tissu musculaire était comme ramolli, même ulcéré au voisinage
de la plaie. Le cœur est quelquefois couvert de fausses membranes et plus ou moins adhérent à la séreuse pariétale. M. Raynaud signale l'endocardite traumatique dans un cas où trois chevrotines étaient logées dans le ventricule droit. Miihling cite le cas d*un maçon mort dix ans après avoir reçu un coup de stylet dans le cœur. On trouva la valvule ventrale épaissie et même en quelques points ossifiée; les valvules sigmoïdes de l'aorte offraient des excroissances verruqueuses près de leur bord libre.
B. - PLAIES PAR ARMES A FEU
Elles offrent de particulier que le trajet est noirâtre, comme brûlé, frangé; les parois sont imprégnées de sang. A. Tardieu (1) a vu le cœar entier comme broyé par un coup de feu. Rigal de Gaillac signale un cas pareil.