AFFECTIONS INFLAMMATOIRES DU SEIN
L'inflammation peut prendre naissance comme conséquence d'un traumatisme ou d'autres causes, dans les tissus qui sont au-dessus et autour du sein, sans que la glande soit envahie par la suppuration. Dans ces cas, on note une absence d'induration caractéristique du tissu glandulaire, et l'inflammation doit être traitée comme d'habitude.
MASTITE ET ABCÈS M AMMAïaSS.
Causes.
L'inflammation des mamelles appelée mastite ou mammite survient à toutes les périodes de la vie et peut être le résultat de traumatismes, tels que coups, blessures, présence de corps étrangers ; d'irritation sympathique, d'irritation locale provenant du mamelon, des parties molles situées au-dessus et autour du sein, des ganglions axillaires; chez les sujets affaiblis ou strumeux ; mais la cause la plus commune est la lactation. Chez les enfants on observe la mastite peu après la naissance, suivie de suppuration, mais cela est exceptionnel ; on la voit quelquefois chez les jeunes fifles, d'autres fois pendant la grossesse ; mais, dans la grande majorité des cas, chez les femmes qui viennent d'accoucher et surtout chez les multipares. Birkett dit que sur 518 cas d'inflammation ou d'abcès, plus de la moitié des femmes venaient d'accoucher et près d'un tiers étaient primipares ;
(1) Velpeau, Traité des maladies du «fin, 2* édit., Paris, 1858.
(2) Manec, Gaz. des hôpitaux, 39 janv. 1859, et Laboulbène, Nouveaux éléments d^anatomie pathologique ^ p. 869.
il a également remarqué que sur 116 cas d'inflammation la moitié débutait un mois après l'accouchement, et la plupart du temps dans la première semaine. Bryant'(l) raf^rte que, sur 102 cas, 79 sont survenus pendant la lactation, 2 pendant la grossesse, 21 chez des femmes qui n'avaient Jamais eu de grossesse ni jamais allaité. Il a constaté que le sein droit est plus souvent atteint que le gauche, dans la proportion de 5 à 3. L'absence du mamelon, ses affections, l'obstruction d'un ou de plusieurs cahaux, l'arrêt brusque de l'aUaitement, les excitations morales, les refroidissements, sont les causes les plus fréquentes d'inflammation « pendant la lactation.
Les symptômes habituels de la mastite aiguë sont les suivants : dureté et sensibilité d'une ou plusieurs portions ou lobes de la glande, et tôt ou tard rougeur de la peau au niveau de la partie atteinte ; très souvent des frissons. L'inflammation peut être limitée à un ou plusieurs lobes, ou bien envahir la plus grande partie de la glande ; quand elle est la conséquence de la lactation, toute la glande ou simplement une partie peut être gonflée et dure, sans qu'il y ait des signes bien marqués d'inflammation. La mastite peut se terminer par résolution, la glande revenant à son état normal ; eUe peal aboutir à Tépaississementdes tissus du sein, ou se terminer par suppuration. La marche de l'inflammation varie dans les différents cas; parfois elle est très rapide, et alors elle est
(1) Bryant, Manual for the praciice ofturgery.
MASTITE ET ABCÈS MAMMAIBES. — TRAITEMENT.
promptement suivie de suppuration et accompagnée de frissons et de fièvre élevée.
Quand la suppuration survient comme le résultat d'une inflammation mammaire, elle peut être circonscrite ou diffuse, se faire superficiellement à la glande, dans Tintérieur ou en arrière de celle-ci. Aussi les abcès mammaires ont-ils été divisés en superficiels, mammaires et postmammaires.
Les abcès superficiels peuvent être limités, ou ils peuvent s'étendre au tissu cellulaire et circonscrire une portion considérable de la glande; en général leurs symptômes ne sont pas aussi marqués que dans les deux autres formes.
Les abcès mammaires peuvent également être circonscrits ou diffus; il existe souvent, surtout dans les cas négligés, plusieurs cavités d'abcès dans le tissu glandulaire, causant de la tension, de la douleur et détruisant une partie plus ou moins grande de la substance, le pus gagnant lentement la surface. Les symptômes locaux et généraux sont souvent assez graves.
Les abcès postmammaires ont une marche lente, et par suite de la situation du pus en arrière de la glande, celle-ci est repoussée en arant et fait saillie d'une façon très marquée. Dans ces cas, le pus arrive lentement à la circonférence du sein, généralement à sa partie Inférieure et là il fait saillie en un ou plusieurs endroits, ou bi€Bil peut poursuivre sa marche à tra?er8 le tissu glandulaire et venir faire saillie à sa surface. Il arrive quelquefois que plusieurs de ces formes existent en même temps, et d'autres fois que les deux seins sont affectés simultanément ou l'un après Tautre.
Traitement.
Le traitement de la mastite consiste dans l'applieation d'émollients sous forme de cataplasmes; en lotions avec l'acétate de plomb; dans l'emploi de l'opium et de la belladone. Quand la cause provient de la lactation, il faut retirer la lait avec une pompe et veiller sur le mamelon et sur les conduits, qui s'obstruent fréquemment. 11 est préférable do cesser l'allaitement du côté affecté ; mais, quand la santé de la mère le permet, elle peut allaiter de l'autre côté. On surveillera l'état général et l'on entretiendra la liberté du ventre. Si des portions de la glande restaient indurées, il faudrait soutenir le sein et y exercer une compression à l'aide d'un emplfttre belladone ou autre ; dans les cas rebelles on emploierait les révulsifs, sous forme d'iode, de vésicatoires, quand les autres
moyens ont échoué ; et dans les cas chroniques on ferait une incision antiseptique dans la partie indurée.
Quand il s'est formé un abcès dans le sein, il faut évacuer le pus aussitôt que possible en faisant une incision. Dans les abcès superficiels, il est facile de constater la présence du pus, mais, dans les abcès mammaires et post-mammaires, la fluctuation ne peut pas toujours être reconnue, tant que le pus n'est pas arrivé à lu surface. 11 est tellement important de diagnostiquer et de traiter de bonne heure ces abcès profonds que, dans les cas douteux, il faudrait faire une ponction exploratrice et, si l'on retire du pus, faire sans retard une incision. Ce n'est que grftce à une incision faite de bonne heure qu'on a pu éviter, dans bien des cas, la destruction du sein et des tissus environnants, et la formation de sinus et de cavités d'abcès. Quand on se trouve en présence d'un abcès du sein, avec plusieurs de ces cavités, il est important non seulement de faire une large incision au point le plus convenable, mais aussi d'y introduire le doigt et de rompre toutes les cloisons ou adhérences qui constituent des cavités secondaires, de façon à les transformer toutes en une seule cavité. Dans ces cas, on est obligé de faire plusieurs incisions, et l'introduction de tubes à drainage viendrait bien en aide en permettant au pus de sortir librement, et servirait en outre à faire des irrigations antiseptiques dans la cavité de l'abcès. Lorsqu'on fait une incision dans le sein, il faut autant que possible que la direction soit parallèle à celle des conduits galactophores, surtout quand elles sont voisines du mamelon. Quand l'abcès ne s'est pas encore ouvert à l'extérieur, il faut, quand on l'ouvre, employer les précautions antiseptiques. Dans les cas contraires, on devrait laver et rftcler les parois de l'abcès et des sinus et y appliquer une solution de chlorure de zinc à l/i5, ou de la teinture d'iode, afin d'amener la rétraction des parois et de favoriser la cicatrisation. Dans les cas plus graves, où la substance glandulaire est en partie détruite, il sera quelquefois utile d'enlever toute la masse suppurante en ménageant la peau autant que possible. Les malades atteintes d'abcès mammaires et qui sont affaiblies et épuisées par la suppuration prolongée peuvent être soutenues par une alimentation convenable. En général, l'alcool n'est pas nécessaire quand la viande est bien digérée, sinon on devra l'administrer. On prescrira le quinquina, le fer, l'huile de foie de morue et les autres toniques selon les indi-
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cmliont partiealières a cbaqne eaflv «lui <fiie les promenades en roiUire en plein air. en eviunt len refroi<iissefnenu>.
t^mme coneéqnence d'alice» àa Mtn, il peut erriver qu'un oa plnsienn sinns, commnni- ^nant arec Isa conduits çaiectophores, restent 4Mivefts en laissant ecooier le lait. Si ces sinus ne se rétractent pasetneseâtatrisentpns.ilfiuii w fiure des injections de ctilaraie de âne et d*iode, et si ceOes-ci edmoent* il âut en faîn roavertnre et les dniner sur tonte Lear eten» dne, en même temps qu'an Mutiendra. le sein affecté, et, aH peut supporter La compression, on Fesercera tout Le long^ du ànns ; a mesure qu'A se rétracte^ il faut diminnirr la Longueur du drain.
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A la suite d'une inrt.immation aiguë ou comme conséquence d'une irritatioa locale, fonctionnelle ou sympathique, il peut arrtTer qu'une ou plusieurs portions «lu sein soient en dammées d'une façon chronique. Dans ces cas, la partie affectée est épaissie. dure et parfois sensible au toucher; cet état peut rester sans modilicacion, il peut disparaître lentement, et le:» produits indamm»toires i^tre ab«orbe<. ou bien il peut se terminer par U formation d'Abcè:^ chroniques dont U marciie peut être très lente, et, s ils sont Aitoes dans le tis5u glandulaire, il peut se pas*
un long ■â la snrCae douce a r« tien de la
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Telpeau 1 a décrit une fin mi spéciale de ly mptaangile dont il donne les symptômes snivants comme caractéristiques :
ei pvfim aceis très aeli éa ft iiiniii mi' iiti, pools rapide €C t— ahaeax, plutôt inégal que fort; dudeiir de la paaa; agitation; in- «omie : inappétence; qaelqmefois des nausées ;
ï" La «n «rt le siège d*ane doalear, d^uie gruide chaiflvr. de gonflement» de plaqaaa raagaa irréga*
et dirigea» wn «a fofmt soas de Lignes dooloareaaea pioa an awiaa siillintas àlasarte;
3* En gémirai les gaogUoas aiilUire* sont douloartox «c Ton mit qaelqaefois des nries roageâires se rendra du seiii à riiaselle. Des gerçorcs, des exconacioas» des énipiioiis eesémataases, des abritions «il! U p«aa «i ttocas les aflectioas du mamelon el de ruèole sont tes canaes habttatlies de la lymphangite.
Le traitement de celte affection est le même que celui des antres formes d'inflammation aiguë du sein.
IAMELLEn IRHIFaBUlS 01 riMElRS IRRrTABLES DE LA MAMELLE.
Oan^ cette affection, la totalité ou une partie dit p^Ân devierit dure et sensible au toucher. fi»n% terMin^ cas, le ir^mptùme principal e5t la ^.nntWihik ^afi% dureté apparente. Cet état est lf#r» fr^qnent chei le^ femmes célibataires ou rhffi ]f:% femmes mariées qui n'ont pas d enffl»nU, H très v>uTent il est rebelle au traitemeriL Onand il exute des épaississenients de tittij KUndtiUîre, on peut aggrarer l'affection ti Vhu fj»if de* manipulations et des e\amens f^p^f>rt tlfi lofi^ane, comme cela anÎTe souTent, imff^, qne l'on crnini quelque chose de plus Iff^fft. îoiile* le» vari/;t^s de mamelles irri- »>iMe« ftVe^mpaifnent s/iuveiit d'irritations ou d^ lrnuU)$i% de« fonr.lioris ovariennes, utérines, fh^t^nilfpn, d'eieMsIlon ou de dépression morale. I\ f>«f ithn important de distinguer les cas où
e\i$te cette induration du sein de ceux de tumeur morbide, ce qui est parfois très difficile. Voici les moyens de diagnostiquer ces indurations simples :
1^ Le5 commêmoratifs apprendront qu*U n*f a pa$ eu d'augmentation rapide de volume, comme cela se voit pour les tumeurs morbides ;
' 2' H existe habituellement beaucoup plus de douleur et de sensibilité que dans le cas de tumeurs morbides ; 3* Elles ne sont pas circonscrites comme les
' tumeurs, et leur dureté est moins grande que celle du squirrhe. Pour distinguer la dureté d'une induration simple et celle d*un squirrhe*
• on presse fortement l'induration contre les
I 0 Velpetu, TraiUdesmaiadtesdutein.