THOMAS ANNANDAIJS. — • MALADIES DU SEIN
260 cas de cancer du sein où on trouve les moyennes suivantes :
Célibataires 33 pour 100
Mariées 72.4 —
Veuves 4,6 —
Gross a noté que sur 688 femmes, 607 ou 88,22 p. 100 étaient ou avaient été mariées, et 81 ou 11,77 p. 100 étaient célibataires. Sur 435 femmes, 365 ou 83,91 p. 100 avaient été mères et les neuf dixièmes avaient plus d'un enfant, tandis que 70 ou 16,09 p. 100 étaient stériles.
Quant à l'influence de la menstruation Paget donne le tableau suivant :
Cessation
Première
Ages.
de la
obeerTation
menstruation.
da cancer.
Moins de 35 ans. . .
de 35 à 40..
Au-dessus de 50...
Causes.
Il n'est d'aucun intérêt pratique, dans l'état actuel de nos connaissances, de discuter ici la question de la pathogénie du cancer : il suffira de faire remarquer que le sein de la femme est un des organes du corps qui semble le plus favorable au développement de l'affection et que, dans beaucoup de cas, une irritation locale prolongée ou un traumatisme peuvent en provoquer l'apparition. Paget a trouvé que sur 91 malades, 16 seulement attribuaient le cancer à un traumatisme ou k un trouble local. D'après Gross, dans 23 cas, sur 270 analysés par Winiwarler et par lui, la maladie pouvait être attribuée à des traumatismes tels que coups, contusions et que dans 5 cas sur 370, rapportés par Oidekop, il avait été précédé par un eczéma ou un psoriasis du mamelon; et que dans 30 cas ou 8,21 p. 100 sur 363 femmes mères, il provenait d'indurations chroniques résultant d'une mastite puerpérale. Les rapports de l'eczéma du mamelon avec le cancer ont été étudiés par sir James Paget (1). Butlin (2), Morris (3), Thin (4), etc. Si l'on étudie les différents cas où
(1) Paget, Saint' Bartholomew's Hospital Reports^ U X, 1874.
(2) Butlin, Medic<xhirurgical Transactions, t. LX et LXIV. Voyes aussi Butlin, Des Tumeurs^ in Encyclopédie de chirurgie, Paris, 1885, tome IV, p. 840.
(3) Morris, !bid., t. LXIIl.
(4) Tbio, Ibid.. t. tlX.
cet état à été noté, on verra que, dans certains cas, il a existé une irritation locale cinq ou six ans avant le développement du cancer, tandis que, dans d'autres cas, dans l'intervalle de deux ans après la première apparition de l'eczéma. Dans une observation de Morris, l'irritation locale avait abouti à l'ulcération. Dans certains cas, U existe une portion distincte de tissu sain entre la peau affectée et le cancer de la glande. Ces cas se rencontrent aux Ages de 33, 40, 60 ans.
L'hérédité a également une influence, mais non à un haut degré. Diaprés Nunn, sur 160 cas, elle existait dans 47 ou 29,3 p. 100. Sur les 389 cas de Gross, on la trouve dans 40 ou 9,72.
On a supposé aussi que des antécédents héréditaires phthisiques pouvaient avoir de l'influence sur le développement du cancer. D'après Nunn, sur 160 cas, on en a trouvé 36 qui avaient des antécédents phthisiques. Sibley en a trouvé 48 sur 130 cas.
Nunn a fait remarquer un fait intéressant relatif à la longévité des familles des malades atteintes de cancer du sein. Sur 169 cas, l'ige moyen des pères était de 62,25 ans, celui des mères de 61,53 ans; 106 malades avaient eu des aïeux qui avaient vécu plus de 70 ans, 62 avaient eu des parents qui avaient vécu plus de 80 ans ; 15 avaient eu des aïeux qui avaient dépassé 90 ans.
On a aussi constaté que la majorité des malades était en bonne santé quand le cancer faisait son apparition. Paget a trouvé que, sur 91 cas, au moins 66 des individus étaient robustes ou tout au moins jouissaient d'une bonne santé; 9 étaient d*une santé moyenne et seulement 16 étaient d'une constitution faible. Baker a également observé que seulement 5,2 p. 100 de malades atteintes de squirrhes du sein étaient dans un mauvais état de santé, au moment du développement de la maladie. Gross dit que, sur 189 femmes, où Tétat de santé général est mentionné, 97 ou 51 p. 100 étaient robustes, 34 ou 18 p. 100 jouissaient d'une bonne santé; 37 ou 19 p. 100 étaient faibles et 21 ou 11 p. 100 étaient dans un très mauvais état par suite des effets de la maladie.
Marche et durée du cancer da sein.
Quand on ne fait pas d'opération, la marche et la durée varient beaucoup dacis les deux formes de la maladie. D'après Paget, la durée moyenne du squirrhe est d'un peu plus de quatre ans tandis que celle de l'encéphaloide est d'un peu plus deux ans. Dans 61 cas,