TRAITEMENT MÉDICAL
On a expérimenté différents médicaments internes, tels que l'arsenic, le fer, l'iode; des alcalis tels que l'ammoniaque, la soude, la potasse ; des acides, surtout l'acide chlorhydrique et l'acide phosphorique ; mais, bien que quelques-uns de ces médicaments soient utiles comme toniques généraux, on ne peut pas dire qu'ils aient une action sur le cancer.
On a aussi préconisé les infusions de diverses
plantes, entre autres le Goitum apotine. Gooke(l) conseille de se servir de la plante fraîche, et de faire une infusion avec 60 grammes de la tige pour I litre d'eau et d'en prendre la moitié en vingt-quatre heures. L'administration buccale ou rectale des aliments généraux ou las injections sous-cutanées de morphine devront être employées pour calmer les douleurs. On ne devra jamais faire des applications locales caustiques ou irritantes, à moins qu'on n'ait en vue de détruire tout d'un coup et complètement la masse cancéreuse, et, même dans ce cas, lent emploi sera borné aux malades qui r^oossent le bistouri . Quand on fait usage de top^ues, ce doit être des émollientsiles meiUeurs sontFeau chaude, la belladone, l'acétate de plomb ; ces deux derniers peuvent être appliqués sons ferme de lotions ou d'emplâtres, selon la nature du cas. 11 est important de faire disparaître toute espèce de pression et d'irritation exercée par les vêtements. Quand il y a ulcération et gangrène et que le cas n'est pas justiciable de l'opératioD ou que la malade s'y oppose, on se bornera aux topiques non irritants. Quand il existe un écoulement fétide, les cataplasmes ou les applications de charbon sont utiles comme désinfectants et émollients.
Les lotions et les pommades boriques sont d'excellents moyens antiseptiques ; dans ce cas on fait le pansement en recouvrant la partie malade de coton salicylé ou phéniqué. Gross conseille le chloral comme désinfectant et comme calmant.
Esmarch emploie une poudre composée de : poudre de gomme arabique, 12 grammes ; calomel, 2 grammes; acide arsénieux et chlorhydrate de morphine, 25 centigrammes de chaque. Quand il se fait une hémorrhagie à la surface de l'ulcération, on y applique un stypUque ; si le poids ne sufQt pas, on se servirait par exemple d'un bourdonnet de charpie imbibé d'une solution d'alun ou de tannin ou d'un mélange à parties égales de teinture de chlorure de fer et de glycérine. Plusieurs fois, chez des femmes Agées et affaiblies, ayant un cancer limité, ulcéré, fétide, j'ai enlevé la tumeur au thermocautère, sans toucher à la glande. Deux d'entre elles avaient quatre-vingt-quatre ans, et chez toutes deux il se fit des granulations de bonne nature et elles furent très soulagées. Quand le bras est œdémateux, on peut le soutenir avec un bandage convenable; les frictions sont utiles pour dissiper la congestion et rétablir la circulation veineuse.
(1) Cooke, On Cancer ^ itsaiiietand counierfeits.