CONTUSION SIMPLE OU MEURTRISSURE. — TRAITEMENT
gourdissement superficiel et par la suspension temporaire de Taction musculaire, résulte simplement de Teffet local produit par le coup.
D'autres fois le shock est assez fort pour tuer 8ur le coup. Pollock et Bryant n'admettent pas l'ancienne doctrine de la mort soudaine causée par un coup sur Tabdomen sans lésion intra-abdominablo visible. Legros ainsi que Clark, sans en nier la possibilité, dit qu'il n'en a jamais olMenré un cas.
Holmes fait des réserves, et dit que si la théorie est vraie, le fait est très rare.
Cependant sir A. Cooper cite le cas d'un homme qui, frappé sur l'épigastre, tomba mort sur le coup. Hunter Mac Guire (4) rapporte le cas snlvant :
Un soldat, frappé sur la plaque de son ceinturon par une balle de carabine Minié, tomba et mourut en quelques minutes, Tautopsie n'ayant révélé d*aatre lésion qu^une contusion des parois abdominales.
Cette observation vient tout à fait à l'appui de l'ancienne théorie.
Le vomissement n'est pas constant et survient très rapidement, surtout si le traumatisme a été éprouvé peu de temps après un repas.
11 faut bien savoir qu'une contusion des parois abdominales peut ne donner lieu à aucun symptôme immédiat, et cependant qu'au bout de sept on hait jours, une péritonite traumatique simple pent éclater, tout comme un coup ou une chute snrla tête peut ne causer aucun symptôme appréciable, ^ur le moment, et, au bout d'une semaine ou deux, on peut observer du coma ou du délire.
Causes.
Les causes de la contusion sont directes, telles qu'un coup ou une chute, un pincement très violent des parois, ou indirectes y telles qu'une compression entre deux corps vulnérants^comm e dans les accidents de chemin de fer.
Diagnostic et Pronostic .
n est parfois impossible, pendant un certain temps, de dire si une contusion des parois abdominales est simple ou si les organes intra-abdominaux sont aussi atteints. Ni le degré dushock ni celui de la douleur, pas plus que l'existence ou l'absence de sensibilité ou d'ecchymoses, ne
(1) Contuîion^ in Encyclopédie internationale de chirurgie^ Paris, 1883, t. Il, p. S32.
Encycl. de chirurgie.
peuvent permettre d'établir un diagnostic immédiat. Il faudra attendre un certain temps, observer attentivement les symptômes qui se développent, le caractère des vomissements s'il y en a, examiner l'urine et les matières fécales. Cependant si un traumatisme était suivi rapidement d'un collapsus extrême, avec pâleur survenant rapidement et allant en augmentant, on pourrait affirmer qu'il y a une lacération musculaire avec hémorrhagie intra ou sous-musculaire, ou bien une rupture d'un des organes abdominaux. Les suites seules peuvent montrer si le traumatisme est superficiel ou s'il est associé à une lésion interne, aussi doit-on traiter toute lésion abdominale comme si elle était grave, jusqu'à ce que le temps soit venu en faire connaître la véritable nature. Les observations recueillies dans les hôpitaux permettent d'établir une moyenne relative aux dangers des contusions de l'abdomen. Ainsi on trouuve que les trois cinquièmes guérissent sans complications ; moins d'un cinquième présente des symptômes de péritonite, et dans plus d'un cinquième des cas il y a eu rupture d'un viscère avec ou sans lésion apparente des parois.
Traitement.
Toutes ces lésions de l'abdomen, de même que toutes celles de la tête, doivent être l'objet d'un traitement immédiat et attentif. Des précautions prises de bonne heure peuvent prévenir des conséquences futures graves et même si le temps vient démontrer que les suites du traumatisme n'auront pas de gravité, souvent c'est que le repos et le calme auront permis d'éviter les complications. Que les symptômes soient graves ou légers, il faut toujours, après une contusion, faire garder le repos au lit et relâcher les muscles en élevant la tête et les épaules et en fléchissant les cuisses sur l'abdomen pendant plusieurs jours. S'il y a de la douleur, on fera des fomentations chaudes sur le ventre. S'il y n collapsus, on réchauffera les extrémités et la colonne vertébrale, et on administrera de l'ammoniaque ou tout autre stimulant. S'il existe une tumeur sanguine, il faut la ponctionner avec un aspirateur, ou bien la glace et la compression avec des bandes de diachvlon suffiront à la faire résorber. Quand il y a de la péritonite, il faut, chez l'adulte, administrer l'opium à la dose de 5 centigrammes d'extrait thébaïque toutes les quatre ou six heures; on appliquera des cataplasmes chauds en permanence et on posera vingt à trente sangsues à l'endroit lésé. Chez les sujets plus jeu-'
Vf. — if]
HENRY MORRIS. — MALADIES ET LÉSIONS DE L'ABDOMEN
nés, on se conduira de la même façon, maïs en diminuant la dose des médicaments.
CONTUSIONS COMPLIQUÉES D^EXTRAVASATION