SANGUINE
Elles peuvent amener la rupture de Tun des deux réseaux vasculaires, le superficiel ou le profond.
La rupture des vaisseaux superficiels^ surtout des vaisseaux épigastriques, peut donner lieu à une extravasation sanguine si considérable, que la peau des régions iliaque, hypogastrique et ombilicale peut devenir tout à fait noire. Le sang peut même s'épancher dans le scrotum et les cuisses, ou bien, par suite de la déchirure des aponévroses profondes qui s'attachent au ligament de Poupart, passer sous ce dernier et venir colorer la peau de cette région.
Quand les vaisseaux profonds sont rompus, l'épanchement de sang se fait sous les muscles ainsi qu'entre eux et le péritoine ou bien dans la gaine des muscles droits. Dans ce dernier cas, le gonflement est tout à fait circonscrit. Quand il est sous-musculaire, dans les régions iliaque et hypogastrique, il se fait dans le tissu cellulaire qui se trouve sur la face externe du péritoine, au-dessus, de chaque côté et au-dessous du pubis. Hcnnen (1) rapporte un cas fatal de cette nature survenu chez un homme de soixante ans, sur le corps duquel avait passé une voiture. Le repos le plus absolu avec des applications constantes de giuce ou de substances tk évaporution rapide, constitue le traitement le plus convenable dans ces cas ; Tuspiration sera rarement nécessaire ; cependant on y aura recours quand rêpanchement sera assez considérable et que la résorption ne se fera pas. S*il y a des signes d'une hémorrhagie continue et si l'on en connattla source ou tout au moins si l'on croit ravoir reconnue, on fait une incision exploratrice qui permettra de faire la ligature des vaisseaux rompus. Cependant il faut bien savoir que les cas de cette nature sont très rares et que, la plupart du temps, ils n'ont été reconnus qu*à l'autopsie. Il n'existe pas de symptôgaes précis sur lesquels on puisse s'appuyer pour faire un diagnostic; même la syncope ne peut que faire soupçonner la persistance de l'hémorrhagie, et c'est un symptôme fréquent dans les lésions intra-abdominales, où une incision exploratrice ne servirait à rien.
(i; Heonen, PrmeipUs ofmUitary surgery^ p. 103.
DECHIRURE DE PLUSIEURS MUSCLES ABDOMI- NAUX.
Elle peut se produire comme une complicacation de la contusion. Les muscles droits sont plus exposés à se rompre que les muscles plats des parois abdominales. Cet accident peut être le résultat d'une violence directe ou indirecte : un coup violent et brusque porté sur un muscle sain en état d'extrême tension, ou un léger coup sur un muscle dégénéré par suite de la fièvre typhoïde ou de toute autre afiTection, suffit pour en déterminer la rupture; il peut en être de même quand on fait un effort musculaire violent pour éviter un traumatisme quelconque. Dès que les fibres musculaires sont rompues, elles se rétractent et laissent un espace vide qui se remplit immédiatement de sang. Au bout d'un temps variable, le sang est résorbé, etrespace que laissent entre elles les fibres rompues devient apparent. Si une inflammation adhésive ne vient pas le combler, les parois deviennent à cet endroit plus faibles, et il peut se faire une hernie ventrale. Guthrie croyait qu'un coup violent porté sur l'abdomen pouvait déterminer dan s les muscles un processus de résorption musculaire pouvant ensuite donner lieu à une hernie, sans qu'il y ait rupture des fibres musculaires; il a rapporté des observations à l'appui de cette opinion. Cependant il est possible que dans ces cas et dans d'autres, une déchirure ait pu se faire et passer inaperçue en raison de la rapidité de l'épanchement sanguin. Je pourrais rapporter des observations de rupture des muscles droits associée avec :
i*^ Une contusion des parois seules;
2<> Une contusion des parois et une rupture des viscères abdominaux; mais cela n'estpas nécessaire.
On a aussi observé la rupture des muscles abdominaux, surtout des droits, à la suite d'un effort musculaire léger ou modéré, dans le cours d'une fièvre, ou dans le délire à la suite de contractions violentes. D'autres cas de rupture des muscles abdominaux peuvent survenir sans lésion des téguments, mais avec lacératioD, décollement ou contusion du péritoine.
Dans tous ces cas, le traitement est le même, à savoir, relâcher les muscles de façon à rapprocher les deux extrémités séparées et à les maintenir en contact; autant que possible s'il y a une hernie ventrale, on appliquera un bandage plat ou légèrement concave, bien rembourré.
SUPPURATIOiNS ET ABCÈS DES PAROIS ABDOMINALES. — CAUSES.
GONTUSIOIf AVEC DESORGANISATIOIf DES PAR- TIES LÉSÉES.
La contusion peut être tellement violente que les parties contuses sont réduites en bouillie, complètement désorganisées et que la gangrène en est le résultat inévitable. Dans ce cas, la séparation ne peut se faire que lorsque les tissus désorganisés ont été éliminés par la gangrène. Si la lésion est superficielle et si la gangrène n'atteint que la peau, il se fera rapidement une cicatrice superficielle. Mais si les tissus désorganisés sont profonds et la peau peu atteinte, on verra survenir Tinflammation avec suppuration qui éliminera les parties gangrenées et attaquera aussi les tissus placés au-dessus, jusqu'à ce que Tabcès soit ouvert et qu'on donne issue aux parUes gangrenées, par de larges incisions. Les parois d^ominales se trouvent très affaiblies et les hernies ne tardent pas à se produire.
Le traitement de cette complication est le même que lorsqu'il y a des tissus gangrenés danr toute autre région ; il faut soutenir les forces du malade, administrer l'opium pour calmer la douleur et Tirritabilité ; on stimulera l'appétit par des amers. On fera des fomentations chaudes snr les parties atteintes et on y appliquera des antiseptiques.
INFLAMMATION
n n'est pas rare de l'observer à la suite des contusions de l'abdomen ; elle peut être superficielle ou profonde selon la position des parties contuses. Elle s'accompagne des symptômes communs à toute inflammation.