‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 18 sur 482 · BRULURES DU LARYNX ET DE LA TRACHÉE. — ŒDEME DU LARYNX · texte numérisé non relu

BRULURES DU LARYNX ET DE LA TRACHÉE. — ŒDEME DU LARYNX

de mort immédiate soit conjuré par la trachéotomie (1)* 1^ statistiques montrent qu'il meurt la moitié des sujets opérés.

Traitement.

Il n'est que très rarement donné de voir un malade qui vient d'absorber un acide, ou une base caustique, assez tôt pour espérer retirer quelque avantage de l'administration d'agents neutralisants, soit par la déglutition, soit par la sonde œsophagienne. Dans les cas graves de brûlure du larynx, la trachéotomie prophylactique semble indiquée, car la laryngite intense peut s'accompagner d'oedème du larynx. Cette complication peut devenir mortelle par asphyxie avant que le malade ait reçu aucun traitement chirurgical. La plupart des chirurgiens cependan t préfèrent attendre l'apparition des symptômes menaçants : ce délai pourra aussi être pris eti considération pour expliquer le petit nombre de succès consécutifs à la trachéotomie dans ces cas. Durham rapporte que sur 28 cas de trachéotomie après des brûlures du larynx par liquides bouillants, il en a vu 23 se terminer par une issue fatale. Si l'on ne juge pas la trachéotomie nécessaire, on peut très avantageusement pratiquer la ponction ou la scarification de la muqueuse œdématiée, et dans certains cas, on a pu ainsi éviter une opération plus grave.

Comme l'inflammation s'étend plus bas que la glotte, grâce au spasme qui fait se rapprocher les cordes vocales au moment même du contact brûlant, on peut pratiquer l'ouverture du larynx au niveau de la membrane crico-thyroïdienne ; ce mode opératoire sera surtout appli- ' cable pour les adultes chez qui l'ouverture sera assez large pour admettre un tube de calibre suffisant. Il a, au contraire, bien moins de chances de succès che£ les enfants, Thémorrhagic étant plus abondante et l'afTaiblissement consécutif à la perte de sang plus considérable.

On peut efficacement traiter les cas légers par

le repos dans la position couchée, les compresses froides ou la glace à l'extérieur, et des inhalations calmantes en vapeur ou en pulvérisation. Les boissons mucilagineuses apaisent la douleur locale et peuvent dans une certaine mesure contribuer à l'alimentation ; on peut y associer des principes calmants. Les pulvérisations à l'acétate de plomb et au carbonate de soude apportent parfois un grand soulagemenL

Les cas graves demandent un traitement antiphlogistique actif, à l'extérieur et à l'intérieur. 11 faut combattre le collapsus par des lavements stimulants, poser des sangsues à la partie supérieure du sternum, et recouvrir ensuite cette même région de fomentations chaudes et sédbtives, tandis que des sacs de glace, des tubes d'eau glacée ou simplement des compresses froides, tout comme dans les cas légers, seront appliqués au niveau du larynx. Si le malade peut avaler, on lui fera prendre un émétique, sinon, on excitera chez lui le vomissement par uneinjection hypodermique d'apomorphine. Le calomel à la dose de un, deux ou trois grains, donné toutes les demi-heures, toutes les heures, toutes les deux heures, jusqu'à évacuations bilieuses abondantes, est recommandé par les auteurs (t). Si le sujet ne peut avaler, on emploiera les onctions mercurielles, qui du reste favoriseront l'action spécifique du calomel, s'il est possible de l'administrer à l'intérieur. Durham dit avoir obtenu les meilleurs résultats des préparalions d'antimoine et d'aconit à petites duses fréquemment répétées, tous les quarts d'heure pendant la première heure, et ensuite à intervaHes plus longs, et mesurés suivant les effets produits. On donnerades calmants par la bouche ou par la voie hypodermique. Les fragments de glace dans la bouche, ad libitum, donnent beaucoup de soulagementau blessé, et diminuent rinflammation. On peut, dans la plupart des cas, nourrir le malade au lait. S'il survenait une dysphagie trop grande, on alimenterait le malade par le rectum.

Page 1