‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 19 sur 482 · ŒDÈME DU LARYNX · texte numérisé non relu

ŒDÈME DU LARYNX

L'œdème du larynx, longtemps appelé très improprement œdème de la glotte, puisque la glotte elle-même est rarement intéressée, est une infiltration de produits liquides ou demi

(I) Kûlin, Die kûnstliche Trô/fnung der Luftwege, S. 278, 1864. — Gurlt, Arch, f. klinische CAir., Bd I, S. 172, 194. — Bryant, Surgical diseases of children, p. 67. London, 1863. — Darhtra, op, cit., voL I, p. 701.

liquides dans le tissu connectif sous-muqucux de la portion supérieure ou inférieure du larynx, ou de l'une des faces de l'épiglotte. C'est rarement un œdème dans le sens strict du mot, c'est-à-dire une hydropisie, une accumula-

(1) Wallace, Lnncet, 1883, vol. I, p. (57. — Bevan, Dublin quart, Journ. of med. sciences, février 1860. — Sloane, Brit. med, Journ,, 14 janvier 1860. — Groly, Ibid,, 16 juin 1866, etc.

J. SOLIS-COHEN. — PLAIES ET MALADIES DES VOIES AÉRIENNES

tion passive du sérum; c'est plutôt une infiltration œdémateuse produite sous Tinfluence d'un processus inflammatoire, quelle que soit d'ailleurs la cause de celte inflammation. C'est ainsi que Tinfiltralion peut être séreuse, lymphatique, séro-purulente ou purulente. L'épanchement est séreux dans les cas où les phénomènes pathologiques ont eu une marche extrêmement rapide ; purulent quand l'inflammation est moindre et plus lente & se produire. Les infiltrations hémorrhagiques sont quelquefois instantanées, comme dans les plaies contuses eu autres; les infiltrations hémorrhagiques sont généralement graduelles. L'œdème peut être aigu ou chronique. Le processus en est idiopathique ou traumatique, et souvent symptomatique. Quel qu'en soit le mode de production, l'infiltration rétrécit le passage de l'air, de telle façon que la fonction respiratoire se trouve tout d'abord gênée, abolie, et si les accidents morbides ne sontpointamendés, soit spontanément, soit par une prompte intervention chirurgicale, l'apnée apparaîtra, rapide, par suffocation, ou lente, par le fait de la congestion cérébrale ou pulmonaire, et la mort surviendra au bout de quelques heures ou de quelques jours.

La pathologie de l'œdème aigu du larynx n'était pas nettement connue avant le commencement de ce siècle ; bien des cas, entre autres ceux du général Washington et de l'impératrice Joséphine, cas terminés par la mort, et attribués au croup, présentent des symptômes subjectifs absolument analogues à ceux de celte affection. C'est en 1808, que Bayle (1) présenta à la Société de l'École de médecine de Paris un mémoire remarquable, où la maladie en question était pleinement distinguée de toute autre ; ce travail avait tracé la voie, l'affection fut bientôt exactement connue, et l'on put lui assigner un traitement prompt et raisonné. Un obstacle à la libre circulation dans les vésicules de la muqueuse laryngée, obstacle dû & l'obstruction mécanique ou à la paralysie des vaisseaux, voilà, comme dans beaucoup d'autres accumulations séreuses, la cause physique immédiate de l'épanchement. La cause première en est une inflammation idiopathique ou symptomatique, ou bien un traumatisme accidentel ou chirurgical.

L'obstacle mécanique apporté à la respiration parla tuméfaction des tissus constitue & lui seul toute la pathologie de la dyspnée, dans l'œdème de la glotte. Le spasme des muscles qui resserrent la glotte (crico-aryténoïdiens latéraux et

(I) Bayle, Mémoire sur V œdème de la glotte ou angine laryngée œdémateuse.

ary-aryténoîdien), ou la paralysie des muscles qui la dilatent (crico-aryténoîdiens postérieurs) existent probablement dans bien des cas. Il serait, autrement, impossible de s'en expliquer l'issue fatale, même en admettant que l'œdème diminue notablement après la mort. Comme nous l'avons déjà dit dans un autre ouvrage (i), le rétrécissement de l'espace respiratoire apparaît quelquefois à l'examen laryngoscopique de beaucoup'moindre qu'on ne l'aurait cru a priori, quoique les tissus gonflés jettent sur la glotte une ombre telle qu'il est impossible de se prononcer d'une façon trop affirmative. Ces données ont reçu une nouvelle confirmation d'observations récentes d'obstruction de la glotte par paralysie ou spasme (2).

OBDèME AIGU DU LARYNX.

Vœdéme aigu du lai-ynx, consécutif à la laryngite aiguë, occupe généralement les deux replis aryténo-épiglottiques, quoique dans certains cas, un seulsoit intéressé. L'épiglotte peut, elle aussi, être œdématiée, ou même être le siège unique de la lésion. Les cordes ventriculaires, les replis inter aryténoîdes et la face interne du cartilage aryténoïde le sont beaucoup moins fréquemment; les cordes vocales et le sinus des thyro-aryténoïdiens sont les organes le moins souvent atteints. 11 peut arriver que l'œdème soit entièrement sous-glottique. L'œdème du tissu sous-muqueux de la trachée se rencontre aussi ; Sestier (3) en a relevé 6 cas sur un total de 132 œdèmes du larynx. Une complication plus fréquente est l'infiltration de la base, de la langue et du pharynx.

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