‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 207 sur 482 · ABCÈS ABDOMINAUX · texte numérisé non relu

ABCÈS ABDOMINAUX

Les abcès abdominaux sont de quatre espè- : i<»ceux qui siègent au milieu et à l'intérieur des viscères abdominaux ; ils sont sou-

(1) Voir London pathoiogical Society Transactions «t The Lancctf 18S3.

(3) Eve, Transactions pathoL Sociely. Londres, •voL XXXI, p. 316.

Bneycl.' de chirurgie.

vent, mais pas toujours, k conséquence de plaies de Tabdomen qui ont donné lieu à une péritonite localisée; 2<* les abcès viscéraux ou ceux qui

(1) Dreschfeld, ibid., t. XXI, p. 287.

(2) Thorndike, Médical and Surgical Reports of the Boston City Hospital, 3« série, 1882.

YI. — 19

HENRY MORRIS. — BIALADIES ET LÉSIONS DE L'ABDOMEN-

ont pris naissance dans rintérieur des yiscères et y sont restés confinés pendant un certain temps, tels que les abcès biliaires, hépatiques, spléniques, rénaux, épiplo!ques; 3<* les abcès pariétaux ou ceux qui surviennent par suite de diverses causes entre les diverses couches des parois abdominales ; 4° les abcès rétro-péritonéaux. Les deux dernières variétés ayant été déjà étudiées, nous ne nous occuperons que des deux premières.

ABCKS PÉRITONÉAUX.

Ils sont de deux sortes : circonscrits et diffus.

ABCÈS QUI SIÈGENT A L'EXTÉRIEUR DES ORGANES ET QUI CEPENDANT SONT CIR- CONSCRITS.

1° Les abcès qui siègent à l'extérieur des organes et qui sont circonscrits s'observent sur tous les points des cavités abdominale et pelvienne et sont limités par des adhérences fibrineuses qui se forment entre les viscères et les parois, ou bien entre deux ou un plus grand nombre de viscères, ou bien entre deux anses intestinales ou davantage. Ces cas sont très importants au point de vue du diagnostic et du traitement, mais ils varient tellement l'un de l'autre dans leurs symptômes, leur marche et leur analomie pathologique, qu'il est impossible deles grouper, qu'ils ne se ressemblent en rien et que chacun paraît être une exception isolée. C est pour ce motif et aussi parce que leurs spécimens ne constituent pas des pièces que l'on peut présenter avec profil aux sociétés analomiques, qu'ils n'ont pas encore acquis droit de cite dans les traités de pathologie interne ou externe. 11 est cependant utile de s'en occuper afin d'apprendre au lecteur que, dans la pratique médicale, on pourra se trouver en présence d'affections de l'abdomen aulres que celles qui sont énumérées dans les livres (Fagge) (1).

Causes»

La péritonite détermine dans quelque partie de la cavité abdominale une collection circonscrite de pus, et il n'est pas toujours facile de dire si elle est idiopathique ou si elle est due à quelque cause locale, quand bien même on pourrait faire l'autopsie.

(I) Faggc, Gut/s IlospUal Reports, 3« série, vol. XIX, p. ît.3.

Cependant il arrive souTent que les renseignements commémoratifs vous apprennent qae la péritonite s'est développée à la suite d'un traumatisme, et dans certains cas, on sait d*iiiie façon précise que le traumatisme a produit ane déchirure des organes abdominaux (1). Dans d'autres cas, la péritonite est survenue à la suite d'un accident puerpéral et a donné lieu à la formation d'un abcès en quelque point de Tabdomen ; ou bien une péritonite puerpérale a pu déterminer un abcès dans Thypochondre gauche (Fagge, observation II). Parmi les autres causes, on trouve le cancer de l'estomac et de l'intestin, les ulcères simples et dysentériques du tube gastro-intestinal, les calculs biliaires et divers autres états qui déterminent de l'inflammation et des adhérences, puis la suppuration du péritoine environnant ou adjacent. Quelquefois un abcès viscéral situé près de la surface d*un organe donnera lieu à un abcès péritonéal circonscriL Je possède une observation nécroscopique où une ulcération dysentérique du côlon a donné lieu à des abcès hépatiques multiples, surtout à la surface du foie ; ceux-ci, en retour, avaient déterminé un volumineux abcès péri-hépatique entre le diaphragme et le foie, et la surface convexe de cet organe avait subi une telle compression qu'elle en était devenue concafe. Les affections en rapport avec l'appendice caecal f2), les ovaires, l'utérus, la vessie, les reins sont aussi des causes occasionnelles, et les abcès ainsi formés peuvent ou non s'ouvrir dans le côlon, le rectum, l'S iliaque, le caecum, le vagin ou la vessie. J'ai soigné diverses malades atteintes de cancer utérin, qui, aux dernières périodes de leur maladie, avaient éprouvé des douleurs péritoniliques, puis avaient vu se développer une tumeur dure, saillante, dans l'hypogastre ; à l'autopsie , on trouvait l'utéras plus ou moins détruit par l'ulcération cancéreuse, et remplacé par une cavité purulente à contenu fétide. Cette cavité était séparée de la grande cavité péritoncale par les anses intestinales qui adhéraient entre elles de façon à lui former une voûte. 11 existe en outre dans ces cas de la péritonite généralisée, et quoique, d'après le caractère du contenu, on puisse supposer qu'il y a eu un épanchement fécal, on arrive toujours à reconnaître que cela n'est pas. Je suis aujourd'hui tout à fait familiarisé avec cet état et je le soupçonne toujours dans les cas decan-

(1) Ciesar Hawkins, Transactions pathol. Society. Londres, vol. I^'^', p. 150.

(2) Taylor, Guy' s Hospital Reports^ vol. XIX, p. 266.

Page 1