VI
J. SOLIS-COHEN. — PLAIES ET MALADIES DES VOIES AÉRIENNES
réry«ipèle (i), l'eclhyma (2), la scarlatine (3), la rougeole (4), la variole, Térysipèle de la face (par moi-même), le lyphus et la dysenterie (5), la morve, les néphrites (6), la coqueluche (7), la bronchite capillaire, la pneumonie, le croup, la diphlhérie et le marasme (8). C'est suriout dans le déclin de ces affections ou pendant la convalescence, que survient l'œdème, probablement par suite du peu d'attention qu'on fait à ce moment aux courants d'air. 11 accompagne raremenll'anasarque généralisée, sans doute parce qu'il n'y a pas là d'angine ou de laryngite pour le provoquer (9). 11 se produit quelquefois dans riodisme aigu (10) ou dans l'hydrargyrisme. 11 est donc prudent de surveiller les accidents laryngés chez les malades auxquels pour la première fois l'iode ou le mercure sont donnés à dose notable. La glossile phlegmoneuse et l'inflammation diffuse du tissu conjonctif du cou peuvent donner naissance à l'œdème du larynx, par contiguïté.
Mackensie attribue l'œdème du larynx à une septicémie; il a en effet rencontré cette affection chez des médecins des hôpitaux, des étudiants en médecine, des nourrices, et chez des sujets porteurs de plaies insuffisamment drainées. Il ajoute que dans tous les cas qu'il a observés, il y avait tous les motifs de croire à la septicémie. L'exposition au froid et à l'humidité semble être d'ordinaire la cause déterminante de r<edème du larynx, qu'il soit idiopathique ou symptomatique, et quelle qu'en soit la cause prédisposante. L'œdème aigu symptomatique
(I) Gîbb. Diseases of the throat^ p. ?18. London,
(?) Bœckel, Annales des maladies de Voreille, du larynXf etc., t. I, p. 387.
(3) Barry, Centralzeitung fur Kinder heilkunde^ n« 19, 1879.
(4) RyUnd, op, cit., case IV; Pilcher, An epidemie ofmeasles, p. 5, 1876.
(5) Emmet, Amer, Journ. med. se, juillet 1856; Merklein, France médicale, n» G9, 1883.
(6) Fauvel, Aphonie albuminurique. Roaen, 1863. (Il a montré que Tœdème est souvent le premier symptôme). —Thompson, Saint-George' s hospital Reports, vol. m, p. 302, 1888. — Hayden, Brit. med. Journ, 11 avril 1874, p. 489. Solis Cohen, etc.
(7) Barthez, Gaz. des hôp., no 32, 16 mars 1869, p. 121.
(8) Billard, Traité des maladies des enfants à la mamelle, p. 491, Paris, 1828.
(9) Settier, Mackenzie.
(10) Nélaton, Jtbeille médicale, t. X, p. 27 1 . — Laurie cité par SUllé (Therapeutics, 3« éd., vol. II, p. 783). — Fenwlck, Lancet, 13 nov. 1875, p. 698. — Cohen, DiseO' ses of the throat, etc., p. 446, note.
est extrêmement rare chez les enfants. Sur un total de 255 cas, Sestier en cite 5 chez des enfants de moins de cinq ans, et dont l'un était nouveau-né, et 12 chez des enfants de cinq à quinze ans. Il est beaucoup plus fréquent chez les hommes que chez les femmes, peut-être parce que les premiers sont plus exposés aux changements de température. 11 est aussi plus fréquent chez les sujets alcooliques que chez les sujets sobres, et certains individus y semblent prédisposés, car on a noté des cas d'œdème périodique du larynx (1).
L'œdème se produit aussi traumatiquement après des cautérisations énergiques, ou l'ablation de tumeuVs de la région, quand l'épiglotte, les replis aryténo-épiglottiques ou un cartilage superaryténoïde ont été saisis et contus entre les mors d'une pince.
Symptômes.
L'œdème aigu du larynx évolue parfois d'une façon si soudaine que le sujet périt sans avoir présenté aucun symptôme prémonitoire. Van Swieten raconte le cas d'un homme qui, à table, changea soudainement le timbre de sa voix et mourut un instant après, Morgagni (2) parle d'un médecin dont la voix devint subitement rauque et qui mourut sur-le-champ. Porter (3) cite le fait de deux jeunes gens trouvés morts le matin par suite d'œdème du larynx, sans que personne les ait entendus se plaindre pendant la nuit.
Les manifestations de l'œdème du larynx sont quelquefois si soudaines et si violentes que, même dans un hôpital, le malade en meurt avant qu'aucun secours ait pu lui être porté. H. Roger(4), quand il était interne à l'Hôtel-Dieu, fut appelé auprès d'un infirmier qui mourut subitement de suffocation avant qu'on ait eu le temps d'arriver à la salle voisine, où il se trouvait; et là encore, il n'y avait aucune lésion antérieure, si ce n'est un mal de gorge si peu intense qu'il n'avait pas interrompu le travail auquel se livrait cet homme à l'hôpital.
Ces exemples de mort subite semblent certainement indiquer qu'il y a là une occlusion instantanée de la glotte par spasme des constricteurs ou paralysie des dilatateurs, plutôt qu'un phénomène mécanique dû à l'épanche-
(1) Voir spécialement le cas do Roberts, infra.
(2) Morgagni, De sed. et caus. morborum, cpist. XXII ; cité par Bayle.
(3) Porter, Surgical palhology of larynx and trachea^ p. 82. London, 1837.
(4) Roger inBlache, Dict, de méd., t. XVH, p. â75.