‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 22 sur 482 · ŒDÈME SOUS-GLOTTIQUE DU LARYNX. — DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

ŒDÈME SOUS-GLOTTIQUE DU LARYNX. — DIAGNOSTIC

ment séreux. Il est très probable que l'état œdémateux a existé pendant quelques heures sans qu'on ait pu s'en douter, et que quelque brusque inspiration de poussière ou de salive provoque le spasme fatal.

L'œdème symptomatique du larynx peut être précédé de pyrexie. Le malade éprouve un sentiment de gêne dans le larynx, un besoin de tousser continuellement, pendant deux ou trois jours. Plus fréquemment les symptômes sont soudains, manifestes, et s'aggravent rapidement. Ce sont la douleur locale, qui quelquefois devient intense dans les cas très aigus, une sensation de chaleur et de sécheresse, de constriction ou d'obstruction dans la gorge. Bientôt se produit un stridor inspiratoire, sonore ou sibilant, et qui s'accroît très vite jusqu'à l'apparition d'une apnée asphyxique. La toux se montre sous forme d'efforts volontaires que fait le malade pour débarrasser sa gorge du corps qui semble l'obstruer ; quelquefois il expectore de la salive et du mucus. La voix devient faible, indistincte, puis s'éteint. La dysphagie succède au gonflement de l'épiglotte et se transforme souvent en aphagie. Une déglutition forcée a quelquefois amené la mort immédiate. Le malade est agité, il ne peut dormir, car il craint d'étouffer, et s'il s'endort quelques instants, il est bientôt éveillé en sursaut par des crises paroxystiques de suffocation. Au début, ces crises se calment et laissent au sujet des moments de répit pendant lesquels la respiration est absolument libre; nouvel argument en faveur de Vorigine nerveuse de la dyspnée et du stridor. La gène respiratoire n'existe tout d'abord qu'à l'inspiration ; on l'attribue généralement à l'occlusion de l'entrée du larynx, par les replis tuméfiés, rapprochés et mis en contact par l'action <lu courant atmosphérique. Cette juxtaposition ée la portion supérieure des replis aryténo-épiglottiqoes œdématiés peut être vérifiée au laryngoscope et môme à l'examen direct, dans le cas de plaie pénétrante au niveau de la membrane (hyro- hyoïdienne, quoique les parties inférieures de ces replis soient maintenues séparées dans l'inspiration, par des cartilages aryténoides. Au bout d'un moment, l'expiration elle aussi devient laborieuse, et l'on voit se dérouler les phénomènes physiques ordinaires de l'asphyxie : agitation générale, anxiété, face d'abord congestionnée, puis livide, lèvres et langue bleuâtres, globes oculaires projetés en aTant, respiration courte, pressée* haletante et comme spasmodique; pouls petit, rapide, fréquent. La mort peut se produire dans

ce premier accès ou dans un de ceux qui suivent.

Dans l'œdème aigu, les crises paroxystiques sont d'ordinaire brusques, violentes, et reviennent irrégulièrement à intervalles de quelques heures. Il suffit d'une légère agitation ou d'une émotion pour les ramener. Dans l'œdème chronique, elles ne tardent pas à survenir dès que la dyspnée augmente; le premier accès est suivi d'une période de calme qui peut durer quelques jours, ou même quelques semaines. Les intervalles qui séparent les accès diminuent de plus en plus, jusqu'à ce qu'apparaissent enfin plusieurs crises par jour. Celles de la nuit sont les plus redoutables.

Les signes subjectifs de l'œdème sous-glottique du larynx sont semblables à ceux d'une laryngite aiguë, en y ajoutant les symptômes les moins graves de l'œdème du larynx ordinaire ; mais la dyspnée striduleuse existe aux deux temps de la respiration et s'accompagne d'une raucité plus marquée de la voix. La toux est plus abondante, ainsi que l'expectoration de mucus et quelquefois de matières fibrineuses. 11 n'y a pas dedysphagie, à moins que l'on ail en môme temps affaire à un œdème de l'orifice supérieur du larynx.

Diagnostic.

La langue, le palais, la luette, les amygdales et même le pharynx montrent parfois des signes d'infiltration, surtout quand l'œdème est dû à uneinflammation aiguë ; mais dans bien des cas, ces organes demeurent absolument indemnes. Dans certains cas, l'épiglotte œdématiée se voit sans qu'il soit besoin de déprimer la langue ; d'autres fois cette manœuvre suffit à la rendre apparente. Si l'on abaisse la langue au point de provoquer des efforts de vomissements, les replis aryténo-épiglottiques œdématiés pourront peut-être s'apercevoir.

La dyspnée nettement inspiratoire, avec une liberté relative de l'expiration, doit être regardée comme un symptôme caractéristique, mais non pathognomonique. Selon Billard (1), l'œdème du larynx chez les nouveau-nés, est marqué par un cri spécial, bêlant, voilé. L'exploration digitale décèle promptement l'œdème de l'épiglotte ou des replis aryténo-épiglottiques ; mais on a reconnu que ce procédé entraînait de sérieux phénomènes de suffocation (2). Le toucher extérieur du larynx, d'arrière en avant et de haut et bas, n'amène pas de soulagement de la dys-

(i) Billard, op. cit., p. 489.

(2) Trousseau, Clin. méd. de VHAtel'Dieu. Paris,

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