CORPS ÉTRANGERS DE L*ESTOMAG
tribuent à former les matières fécales et Turiae Bont détournés de la voie normale, d'où constipation et anurie. Les matières fécales de ces malades ressemblent dans certains cas à des crottes de brebis et on ne constate qu'une selle en trois, quatre et même douze jours. Le sentiment de la faim se réduit parfois à un sentiment de souffrance. Les vomissements sont exceptionnels.
Pronostic.
n n'est pas rare de Toir des malades vivre plusieurs années avec une fistule gastrique ; dans douze cas sur vingt-cinq que Murchison a réunis, la fistule existait depuis trois ans et daTantage. Le laps de temps pendant lequel un individu peut vivre avec une fistule gastro-cutanée dépend de sa cause; si celleci est due à un cancer, la durée peut en être de trois semaines à quelques mois; mais si elle est due à un ulcère simple ou à une plaie, elle peut durer plusieurs années. Bien que les plaies de l'estomac soient souvent mortelles, la guérison peut se faire cependant avec ou sans fistule. Une fistule traumalique peut durer quelques mois, puis se fermer, ou bien elle peut per- ^ter toute la vie du malade. On a publié des observations de quatre, buit, dix et même cinquante ans de durée. Une fistule causée par un ulcère simple peut se fermer spontanément et pour toujours ou bien se rouvrir au bout d'un certain temps, ou bien elle peut rester ouverte et le patient survivre pendant sept, neuf, douze ou trente ans.
Traitement.
Bien que, dans plusieurs cas, la fistule se soit fermée spontanément, dans deux cas seulement sur les vingt-cinq de Murchison, Focdosion semble avoir été Teffet du traitement. Dans un de ces cas, une fistule qui datait
de dix ans se ferma en obligeant le patient à garder le repos au lit pendant quelques semaines. Dans un autre, on obtint la guérison en rapprochant graduellement les bords au moyen d'une compression exercée par un bandage circulaire ; l'alimentation se faisait par le rectum et on empêchait le contact du contenu stomacal avec la peau.
Le traitement doit remplir les indications suivantes : 1** empêcher autant que possible l'issue des alimenls ingérés. On y arrive en se servant de compresses plates convenables et non d'un tampon qui aurait de la tendance à agrandir l'ouverture ; 2<^ les téguments voisins de la fistule doivent être toujours propres et on doit éviter tout ce qui pourrait les irriter. Pour cela on les lave et on les essuie convenablement et on y applique une pommade à l'oxyde de zinc ou du sel en poudre ; 3® favoriser le processus de granulation et la cicatrisation des bords de la plaie à l'aide de topiques stimulants et les rapprocher autant que possible avec un bandage compressif. Dans le cas d'Alexis Saint-Martin, on n'appliqua, pendant un certain temps, aucune compresse, en raison de lu hernie des tuniques de l'estomac qui eut lieu. Dans aucun cas connu, excepté celui de Middeldorpf (1859), l'intervention chirurgicale n'a réussi. Je ne sais cependant rien qui puisse empêcher d'essayer de clore une fistule gastrique à l'aide d'un lambeau de peau pris sur les parties voisines, la face cutanée tournée en dedans, et bien adaptée à l'orifice dont les bords auront été préalablement avivés. Cependant on ne doit faire cette tentative que lorsque les efforts de la nature ont échoué. Si on pratique cette opération, on facilitera rémission du lambeau en alimentant le patient par le rectum pendant quelques jours. On doit cependant craindre que le contact du suc gastrique ne vienne empêcher la réunion par première intention et d*un autre côté on court le risque de développer une intlammation interstitielle dans les parois de l'estomac.