‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 241 sur 482 · FISTULES FÉCALES · texte numérisé non relu

FISTULES FÉCALES

Les fistules fécales diffèrent de ce qu'on appelle anus artificiel en ce que leur orifice interne est beaucoup plus petit que leur orifice externe» ce qui fait que le contenu intestinal ne peut se dé?erser qu'en petite quantité au lieu de s'échapper en totalité comme dans Tanus artificiel. De plus» une fistule fécale, bien que quelquefois très courte et directe, forme généralement, comme l'indique son nom, un trajet ou un canal étroit entre son orifice intestinal et l'orifice externe, et même ce trajet peut être long et sinueux, tandis que dans Tanus artificiel, Forifice interne qui comprend une grande partie, sinon la totalité du calibre de l'intestin, est adhérent au péritoine pariétal, de sorte qu'il est situé exactement vis-à-vis de l'orifice cutané. En outre, tandis qu'un anus artificiel s'ouvre toujours à la surface de la peau, il existe au contraire des fistules fécales qui s'ouvrent dans d'autres viscères comme dans le vagin, la vessie, la vésicule biliaire, l'estomac, ou une autre portion du tube intestinal. Cependant il peut arriver que les fistules fécales soient borgnes, c'est-à-dire que lu matière fécale, qui passe par l'orifice intestinal de la fistule, va se répandre dans le tissu cellulaire rétro-péritonéal ou dans la cavité d'un abcès, au lieu de se déverser par une seconde ouverture ; cependant ces cas sont plutôt regardés comme des evtravasations fécales, des abcès fécaux, et nous n'aurons pas à nous en occuper ici.

Il existe une forme de fistule, intermédiaire entre la fistule complète et la fistule borgne, dans laquelle Tintcstin communique avec un abcès et labcès avec la surface, comme dans l'observation de Coupland, que nous avons rapportée en traitant des extravasations rétropéritonéales (1), dans laquelle l'estomac et le côlon descendant communiquaient avec un abcès, situé dans les régions hypochondriaque et lombaire, dont l'ouverture lombaire donnait issue à des matières fécales mélangées de pus. Les fistules fécales peuvent communiquer avec une partie quelconque du petit ou du gros

(1) Page 2«:.

intestin, quelquefois il existe plusieurs orifices intestinaux ou cutanés. J'ai vu trois ou quatre ulcérations du cœcum, qui, en le perforant, donnèrent lieu à la formation du même nombre de trajets fistuleux, et j'ai observé dernièrement un enfant ayant une fistule fécale, consécutive à It rupture d'un abcès, communiquant avec le cMon tranverse, et s'ouvrant à la ligne blanche par deux ouvertures, et plus tard il s'en forma une troisième à côté des deux autres ; mais tous ces trajets se réunissaient en un seul sous la peau. Velpeau rapporte un cas où il y avait cinq oa six ouvertures externes distinctes, et DupuytreD en a publié un à peu près analogue. Gross (I] en parlant de l'orifice externe de l'anus artificiel, dit « qu'au lieu d'une seule ouverture il ea existe parfois plusieurs qui communiquent Fane avec l'autre », et plus loin : « cet état perforé et cribriforme des parties est généralement produit par une infiltration de matières féoJes au milieu des fibres musculaires et du tissu cellulaire de l'abdomen avant que les bords de l'orifice externe ne soient suffisamment protégés par des nouvelles adhérences. Il ne tarde pas & se former un abcès, précédé d'une rougeur érysipélateuse de la peau et suivi de l'écoulement d'une matière purulente presque fétide. »

Causes.

Les fistules fécales sont congénitales et dues à un arrêt de développement, ou non congénitales, et alors résultent de causes pathologiques.

FISTULES COyCÉMTALES

Elles sont dues parfois à la persistance da canal omphalo-mésentérique. C'est là une des rares formes de fistules s'accompagnant d'écoulement fécal ou biliaire. Cooper Forster (2) cite deux cas, et Holmes (3} fait allusion à deux autres dans l'un desquels le liquide écoulé n'était que de la bile pure et dans l'autre un mélange

(\) Gross, Experim, and crit. Inquiry into the nat and Treat. of Wounds of Intest. ^ p. 177.

(î) Fortter, Surgical diseases o/ chUdrtn. Londreit 18C0.

I ;3) Holmes, loc. cit., C« édit.

Page 1