‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 248 sur 482 · FAUX ANUS DIT ANUS ARTIFIQEL. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

FAUX ANUS DIT ANUS ARTIFIQEL. — TRAITEMENT

3<» Prolapsus des deux orifices. — 11 a été re- i présenté par A. Cooper (1).

Bourgery (2) a également représenté un cas de cette nature et sir W. Lawrence (3) en cite deax cas d'Albinus et de Sabatier.

4<^ LsiKemie est une complication possible dont nous avons déjà parlé.

Traitement

Les deux principales indications sont : d'enleTer Fobstacle causé par Téperon et de fermer Touyerture externe. On peut étudier séparément las moyens palliatifs et les moyens curatlfs.

I. Traitemenê palliatif, — a. La compression par un bandage de façon à permettre Tévacua- Uon périodique de l'intestin ;

6. Tadaptation d'un récipient, dont il existe un grand nombre de modèles ;

e. le procédé de Colomb, qui consiste à établir une communication entre les deux bouts à l'aide d'un tube de caoutchouc de 5 à 6 centimètres de long.

II. Traiiement curatif. — 1° Pour combattre une eompUeation présente ; a, surveiller avec soin le régîmey comme il a été dit pour la fistule; 6, administrer des lavements pour provoquer une évacuation par l'anus ; c, prévenir ou soulager le prolapsus par la position et la pression ; d, empêcher la fermeture prématurée de l'ouverture eiteme, qui déterminerait une obstruction intestinale partielle ou complète.

2? Diminuer ou supprimer robstacle apporté par téperon.

a. Compression de l éperon par le procédé de Desault, qui consiste dans l'introduction dans las deux extrémités de l'intestin de longues tentes pour dilater la partie inférieure de l'intestin et faire disparsdtre la saillie angulaire qui eiiste entre les deux bouts. Desault plaçait également un tampon de charpie dans l'ouverture externe pour empêcher l'issue des matières fécales et administrait des purgatifs et des lavements. Il est arrivé par ces moyens à guérir un matelot. Larrey a obtenu aussi des succès avec ce procédé, ainsi que Scarpa.

La méthode de Dublin consiste dans l'emploi d'un propulseur qu'on introduit dans les deux boats de l'intestin, et qui, tandis qu'il mainteiMÛt la paroi antérieure de l'intestin, contre les

(I) Cooper, On Hemia, V édition, \f partie, planche 2.

(3) Bourgery, voir l'article de Teale dans la Cyclopédia of praiical Surgery^ do Gosteilo, vol. Il, p. 20?.

(3) Lawrence, Treatùe onruptureg^p, 119.

parois abdominales, repoussait l'éperon en arrière en l'éloignant d'elles (1).

b. Perforation de Véperon. — Schmalkalden (2) recommande de passer une ligature à la base de l'éperon et de tirer dessus de façon à couper graduellement les tissus. Physick (3) a employé un procédé analogue. Dupuytren (4), en 1813, passait un séton à la base de l'éperon, lorsqu'il était très proéminent et que les deux bouts de l'intestin étaient parallèles. H augmentait graduellement les dimensions du séton, jusqu'à ce que toute l'épaisseur de l'éperon fût sectionnée. Une libre communication se trouvait ainsi établie entre les deux bouts de l'intestin; mais comme la guérison complète tardait à se faire, il enleva avec des ciseaux certaines portions de l'éperon, ce qui donna lieu à une péritonite, et le malade mourut. Ensuite il abandonna ce mode de traitement. Ce procédé n'est applicable que quand il existe une adhérence complète entre les deux couches séreuses des tuniques formant l'éperon. Quand cela n'existe pas on cause une double perforation de la cavité péritonéale, quand on fait passer l'aiguille et le fil à travers ces tuniques.

c. Destruction de Véperon à Vaide de Ventérotome. — C'est le procédé de Dupuytren. L'entérotome qu'il a préconisé (5) se compose de trois pièces : deux branches qui s'articulent comme celles d'un forceps et une vis qui sert à rapprocher ou à éloigner les manches. La branche mâle pénètre sur l'épaisseur de 2 millimètres dans une rainure de la branche femelle.

Il faut commencer par rechercher l'orifice des deux bouts de l'intestin, et il est souvent difficile de trouver l'inférieur qui peut être plus ou moins éloigné de l'ouverture fistuleuse, dévié ou atrophié. Quelquefois cependant on le découvre assez aisément, en raison du peu d'étendue de la perte de substance. La position de l'intestin reconnue, le sujet couché sur le dos, et la paroi abdominale relâchée, on place, l'une après l'autre, les branches de l'instrument à une profondeur variable, puis on les articule, et on les serre en faisant agir la vis. Le meilleur moyen de prévenir l'inflammation est de porter immédiatement la constriction jusqu'au point

(1) Dublin med. Press, t. XIII, p. 105.

(2) Schmalkaiden, Disssertation inaugurale, Wittemberg, 1798.

(3) Physick, in Dorsey Eléments of surgery, 1813.

(4) Dupuytren, Mémoire sur une méthode nouvelle pour traiterles anus accidentels. (Mém. de CAcad, de méd., 1828, tome I, p. 386.)

(5) Voy. Encycl. de chirurgie, i. II, p. 674, flg. 737.

BENRY HORBIS. — MALADIES ET LÉSIONS DE L'ABDOHEN.

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d'urëter totalement U circutation dans les portions saisies par la pince. Les jours suiTsats, on augmente la pression en imprimant quelques

Fl(. 114&. — Enténtomle, procidi de Dnpnjrtren.

toun de plus h U vis. La figure 2246 reprftsente rintlrument appliqué. La paroi intestinale antérieure a *lé enlevée pour permettre d'aperce-

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Les malades, en général, n'éprouTent que de Taibles douleurs, quelques-uns cependant ont des coliques, des nausées et des Tomlsumenti. On a observé, mais rarement, des péritonites, dont la cause doit être rapportée à des faote* opératoires.

D'abord flié avec force, l'entérolome détient, au bout de quelques jours, plus mobile par suite de la division des tuniques intestinales et se attache vers le huitième jour, en entraînant une bande des parois de l'intestin. Une large communication, bornée de tous cAtés par des adhérences, existe alors entre les bouts adossés ât l'intestin et permet le passage des sobriincet alimentaires. Pour mieux comprendre encore ces détails, il suffit de jeter les yeux sur li figure 2-2i0, indiquant l'état anatomo-pathologique des parties avant l'opération. Les dsoi bouts de l'intestin bi viennent s'ouvrir à l'annstu inguinal d par un orifice fistuleuz e, constitutai l'anus accidentel dont les deux cAtés df aoni formés par la paroi antérieure de l'inleiliD, taudis que la psroi postérieure offre un sngh rentrant a, correspondant k l'éperon, et figure ainsi deui; surfaces c fi susceptibles d'être npprochées et détruites par la pression de l'sntérotome.

Dupujtren rapporte les résultats suivinti obtenus dans 41 opérations pratiquées par loi 0 d'autres : 3 moururent ; 1 par épanchemeol fécal ; 1 par indigestion ; t par péritonite; 9 ooservërent une fistule permanente; 39 îaittil guéris d'une façon complète dans une périoilt variant de deux h six mois. Des coliques, du nausi^es et des vomissements ont été notés dans 3H cas où les patients guérirent, mais la plupart du temps, on n'observa aucun simptdme Krsve- Dans les Irais quarts des cas ainsi opérés, I' fsux anus était causé par une gangrène he^ niaire, dans le dernier quart, par des plaies de l'abdomen avec perte de substance de l'inleslio-

Heimann (I) donne la statistique suivante àe 84 cas de Taux anus traités par la méthode de Dupuylren. Dans 76 cas le résultat a été plus oi) moins favorable : parmi ceux-ci dans 50 cas l'ou" verlure s'est cicatrisée complètement ; dans 26, il restait une petite flsiule que l'on pouvait bieiv fermer avec une compresse, et les malades pou-' valent reprendre leurs travaux, même pénibles- Dans H ci\i, la mort est survenue ; dans I de ce# cas, on uvail pratiqué la résection de rintestin» cutiséculitcment à l'opération. Si l'on retrancha

(I) lleliiiinn, London mtdieal Record, mai ISS-V

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