EGAUX. 3U
tisau cellulaire périrectal, lequel avait été caaaé par une perfaration du rectum due i une ulcération de at muqueuse. Un autre abc6a fécal, circonacrit par des adhérence*, avait été formé, dana lo mfims caa et par le méms procesins, d'ulcération du eûlon, el cet abcès avait établi deux communications aecondaires avec deux anaea de la partie supérieure de l'Iléon (Bg. 1304). Ces ouTertures, quoique Toiilnat étaient situésa fc 30 ceniimètres l'une de l'autre, quand on eut étalé l'iléon.
Situation des alioèa fèoaax.
On peut également classer tes abcès fécaux, selon leur siulation, en deux groupes, l'un intra, l'autre extra-pérltonéal. Les abcès intrapéritonéaux peuvent fiire situés dans une partie quelconque des cavités abdominale et pelvienne ; entre le diaphragme et l'estomac ou le côlon, au milieu des anses de l'intestin grêle, dans le voisinage du cxcum ou de l'S iliaque, dans l'une des fosses iliaques ; dans le bassin : entre le rectum et l'utérus, entre le rectum et la vessie; entre l'utérus et la vessie; dans la région hypogastrique ; entre les organes pelviens situés en bas et les anses intestinales agglutinées et adhérentes aux parties voisines, situées en haut ; enfin entre le péritoine pariétal d'un coté et l'épiploon adhérent, le petit ou le gros intestin ou l'estomac de l'autre côté. En réalité ces abcès circonscrits peuvent se former d'un nombre InHni de façons.
Les abcès extra-péri ton eaux peuvent être situés dans les parois abdominales en avant ou sur les parties latérales de l'abdomen, et peuvent débuter au milieu ou sous la couche musculaire; ou bien ils peuvent être rétro-péritonéaux, comme le sont presque tous ceux qui se développent psr ulcération ou gangrène de l'appendice vermiforme, de même que ceux qui proviennent d'une suppuration simple du tissu cellulaire rétro-péritonéal situé dans le voisinage du rein et ailleurs ; dans d'autres cas, ils débutent sous les aponévroses pelviennes dans le phlegmon péri-utérin, dans les affections des os du bassin, ou comme la conséquence d'une gangrène de l'intestin dans les cas de réduction en masse de la hernie crurale; dans d'autres cas encore, ils s'ouvrent au scrotum ou à la face interne de la cuisse, à la région feselère, au périnée. Des abcès ilio-pelviens peuvent parfois devenir fécaux. Des abcès fécaux k ta fois intra et extra-péri ton eaux peuvent être fécaux primitivement ou le devenir. Les abcès extra-péritonéaui sont probablement les plus communs.
HENRY HORBIS. ~ HAUOIES ET LESIONS DE L'ABDOMEN.
Caases.
Les abcès primiurs résuUeot très someot d'tiDe obstTuclion intestinale donnant lieu h une perforation par ulcération des parois intestinales situées au-dessus du siège de l'obstruction. Parmi les causes bien connues d'abcès primitifs nous citerons le cancer de l'estomac, de l'intestin grêle, du cecum, du cùlon, de l'S iliaque et du rectum, la compression d'une tumeur située dans le voisinage de l'intestin ou d'un corps étranger situé dans sa cavité, l'ulcération produite par des calcula biliaires, les différents étals morbides de l'appendice ctecal, les ulcères simples et tuberculeux de l'intestin, enSn les traumalismes de l'abdomen.
Il est probable que le cancer est la cause la plus Tréquenle, et le néoplasme s'infiltre parron dans les parois de l'abcès.
Il eiiiuit en IBSI, t l'UâpIUl HiddiMex, un cas dîna lequel noe alcintion épilhéliamiteute de l'S iliaque aviit déterminé un ibeès liai qui caDtenait enriron KO grimmei de liquide iioiiltre, fétide. Les lluui TOiaioi ëltient infiltrés de matière cincéreiue al les twrds de l'ulcération inteatinale étalent atteints d'tndnrallon cancéreuie.
Après le cancer, viennent comme fréquence, les directions de l'appendice caiical, et on Irouve souvent des ras où cet appendice ulcéré, perforé, gangrené adhérait à la Tace postérieure du cœcum et était en rapport avec un abcès fécal de la Tosse iliaque droite. Dans d'autres cas, l'appendice CTcal étant descendu le long du canal inguinal dans un sac herniaire auquel il était devenu adhérent, a donné lieu à un ou plusieurs ahcËs fécaux dans le scrotum.
Shin (I), rapporte un caa dana lequel dei ibcéi Bucceigirg «iiienl donné lieu \ une tumeur Krotale très obacure. L.e pus qui l'écoula tout d'abord ëuil norcoal, mais 11 ne tarda pas i devenir stnieui, à être très fétide, puis «pris deilnt d'une caulour orangée pUe. La quantité écoulée fut loujoun abondante, mais parfois augmentait beaucoup sans qu'il y e&t des changements correspondants dans l'état de le tumeur. 11 n'atiit pas do pus dans lea selles ni d'obstacle apporté aux fonctions intestinale!. Le patient mourut au bout d'une année ; on constata une hernie épipioiqne; l'épiploon adhérent au sac enveloppait l'appendice vermiforme qui était sain. Jusqu'à I centimètre de ion extrémité borgne où il était en grande partie détruit par une ulcération et communiquait
(1} Sbaw, Transaeiioni oftlie Palhologkal Soeiely, Londrca, 1. 1, p. 3T8 «t 389.
avec lea Ustnlea acrotale*. Le patient était un vialK lard que l'on crojait atteint d'une affactlon dn taaHcala droit «t, lora de aon entrée fc l'bApltal, U eilMdt un goofleneot irréBDller dn saotnis avec anginaïutlen de volume dn cordon ; mal*, en r^aon 4» Tépalialtaement de la peau et dn Usan cellulaire, m nt ponvalt sentir le leiticule. An boni de peu de tempi, une inflammation phlegmoneoie se développa du* différentes parties dn (onOement et l'alKéa s'aS'
Thotmann (1) a publié une antre obaerration fnn individu qnl, depnia longtemps portait nu Tiawtapi poar ■ noa bemle inguinale dndte commençute >. Tout d^D coup le gooflement augmenta, devint anatble, douloareni, M un abcès se forma k U partis mpérienre du scrotum qui, lorsqu'on l'ouvrit, donna issue k de* gai et k da pas verdltre très fWde. On aecond abcès se forma an-daasoas du pmnler tt fax ouvert cinq aernilnes aprka. An bout de deux auifc un morceau d'oi triangulaire t angles aigui Mrtil par l'oaverture de l'abeèi. La mort arriva par Mita d'antrea canses quelque tempi après, et l'on «utM quela hemis n'était autre chose qu'un appendice (kbI hypertrophié et épaiasl, dont le lommet était of>V* et adhérent an sac herniaire par nne bande de tlM adventice.
Dowse (?) a rapporté un cas d'ahcès fécal prodaRpu l'uleération d'un diverlicnlnm de riléon qol f'itiit Invaginé dans le sac d'une hernie inguinita, ekai an vieiltanl de 71 an*. Cette parUe de l'tléoa MU. i^*rente dan* son aac bemlalre. Il n'y avait pn ée rigna d'étranglement ni de constriction et la parfaratloii avait ceKsinement été produite par une ulcératioiidE la muqueuse. Le malade guérit de son abcèi avec aoe ouverture flstuleuie, mal* mourut troi* m<da iprt* d'une diarrhée profnse.
Les hernies de l'appendice vermiforme uni moins rares qu'on ne le croit ; et lea observations précédentes doivent éveiller l'attention du chirurgien dans les gonflements inOammatoiret douteux ou obscurs du scrotum ou de l'aine.
J'ai vu i troi* repriae* différente*, l'appendice wcal dan* un lac herniaire, *olt aenl, soit, avec fipiploon on le cœcum, et, dan* un cas, celui d'an* femmo de 67 ans, aon aspect était si modlflé qn'oa 1* coupa avec l'épiploon qui l'entourait. On en St eaaulie la ligature que l'on laissa hors de l'anDean et on n'en découvrit la nature véritable qn'aprè* l'opération et k l'aide du microscope. Da étrU' glement a«alt existé pendant cinq jour* «vaut Vopétlon, et k cet endroit l'inteitin était noir et aphacéU. Lia mort arriva tu bout de quarante-boit henres ftt péritonite généralisée.
Dans les cas d'ulcération perforant le cccun en avant ou parc&Ié, il se formera un abcès Intif
(1) Tburnam, Tram. Paih. Soc, vol. I, p. 36». (1) Dowse, rront. Path. Soe. vol., XXVI, p. m.
ABCÈS FÉCAUX. — CAUSES.
néal circonscrit pourvu que des adhé- \ existent, avant que la perforation ne nne, sinon il résultera la mort par épanmt fécal dans la cavité péritonéale. Cepenns abcès, selon toute probabilité, s'ouvrià travers la paroi abdominale dans la I iliaque, à moins, comme cela arrive ly qu'ils ne se dirigent en bas vers le •
M des abcès fécaux produits par gan- OQ ulcération d'une hernie non réduite, mngerons les abcès intra-péritonéaux rét d'une réduction en masse. Si la réduc- Dinplète a été effectué et que des adhé- I aient eu le temps de se former, il se ppera un abcès circonscrit dans le périmais au bout de peu de temps, très élément, il s'ouvrira à Textérieur dans le ige de l'arcade crurale et il en résultera isUile fécale. Quand une hernie a été t 60 masse, l'épanchement se fera tout rd dans le tissu cellulaire, hors du péripariétal ou pelvien ou entre le pubis et éfrose pelvienne.
ma CM, une femme de 48 ans avait été opérée iMnie crurale étranglée; une petite portion de in avait été complètement gangrenée. Dans un DOQX abcès fécal, situé entre le pubis et la soas Taponévrose pelvienne, il existait deux I ialesUnaux, l'un conduisant dans la portion tattin qui pénétrait dans la cavité de Tabcèt, dans celle qui en sortait; toute communicaee la cavité péritonéale était interceptée par lérences formées entre le péritoine pariétal et in ; il n*y avait pas de péritonite généralisée ; la e mourut de collapsus. Dans l'autre cas, un Técal fut consécutif à une hernie étranglée ganp chez une femme enceinte. Il existait un Max abcès fécal, derrière le pubis s'étendant Jusqu'au col de la vessie et séparant ce viscère ijmphyse pubienne. Il existait une ouverture Mase dans l'iléon à 40 centimètres de la valia<ecale, assez large pour admettre un doigt •Uferture à la surface un peu au-dessus et à du pubis, de laquelle irradiaient des trajets IX dans les parois en dehors sur la crête ilia- 1 avant et en bas derrière le pubis. Pas de sis péritonite.
(ancer de l'utérus, de la vessie, du vagin rectum est une cause fréquente d'abcès : intra et exlra-péritonéaux. On les découaéralement à l'autopsie, mais ils donnent irfois à des gonflements circonscrits, sont s par des anses de l'intestin grêle agglutist adhérentes aux parois dans la région astrique.
La compression d'une tumeur pelvienne, en causant une obstruction intestinale, peut déterminer un abcès fécal volumineux dans le tissu cellulaire pelvien, qui peut s'ouvrir à la région fessière en plus d'un endroit. J'ai eu en observation un de ces cas pendant longtemps. Le rectum avait été graduellement ramolli par la pression de fibromes utérins multiples, et quand je vis le patient, il existait une grande distension abdominale, et presque toutes les matières fécales sortaient par l'ouverture fistuleuse fessière. On fit la côlotomic, on vida l'abcès, et le patient vécut pendant deux ans après l'opération, dans un bien-être relatif. Wilks a observé un cas de kyste multiloculaire de l'ovaire gauche du volume d'une tête fœtale, à droite duquel existait un abcès fécal communiquant avec le coccum. Comme on ne trouva aucun état morbide ailleurs, il est bien probable que l'abcès a été causé par Tirritation et l'inflammation développées par la tumeur, mais cela n'est pas certain (i).
Des calculs biliaires peuvent déterminer des abcès intrapéritonéaux, qui sont primitivement fécaux ou qui le deviennent. L'observation suivante en est un exemple, mais comme la patiente a guéri, on ignore avec quelle partie de l'intestin l'abcès communiquait (2) :
One fille do 10 ans, bien portante, qui n'avait eu que des indigestions et des vomisssements bilieux, éprouva, après une de ces attaques, une douleur allant de l'aine droite. Jusqu'en arrière; toute la région du œcum était sensible et le ventre était tympanique ; au bout de quinze Jours, 11 s'était formé en arrière un abcès qu'on ouvrit; on donna issu à des gaz ainsi qu*à du pus fétide, brunâtre et, quatre Jours après, il sortit par la plaie un corps rond, dur, du volume d'une muscade. L*enfant guérit rapidement. Ce corps n*éCait autre chose qu'un nucléus formé de de cholestérine entouré de matières fécales. L'origine biliaire du nucléus n'était donc pas douteuse.
Parfois un abcès fécal peut être évité, quoique l'intestin soit entièrement perforé, par suite de l'adhérence d'un organe voisin aux bords de la perforation. Dans un cas de rétrécissement syphilitique du rectum, il existait une large ulcération au-dessus du point rétréci et à 15 centimètres de l'anus, il y avait une perforation de la largeur d'une pièce de 50 centimes, cependant il n'y eut pas d'épanchement parce que royaire gauche formait la base de l'ulcère.
(1) Wilks, Trans. Pat. Soc, t. VII, p. 281.
(2) Tram. Path. Soc, t. XXVIII, p. 130.
HENRY MORRIS. — MALADIES ET LÉSIONS DE L*ABDOMEN
[iiO
Les abcès fécaux secondaires, c'est-à-dire ceux où un épanchement fécal a lieu dans un abcès déjà existant, peuvent reconnaître différentes causes. Nous en avons parlé aux articles abcès des parois, abcès péritonéaux circonscrits, abcès rétro-péritonéaux, abcès iléo-pelviens(l). Si l'espace me le permettait, je relaterais des cas de chacune de ces variétés d^abcès. Je me bornerai à citer la première observation qui en ait été publiée par César Hawkins (2) :
Un homme de 24 ans tomba d'une hauteur de 6 mètres et se rompit le diaphragme. Le lendemain, il se plaignit d'une douleur tixe, au côté gauche, un peu au-dessous de Thypochondre ; elle s'accompagnait en môme temps d'hématémèse. Jusqu'au neuvième jour, la marche de l'affection était normale, quand il fut pris d'attaques de coUapsus qui devinrent à différents intervalles jusqu'à la dixième semaine, époque où il ressentit des douleurs dans l'abdomen avec constipation ; puis survint de la diarrhée avec selles sanguinolentes. Une pleurésie aiguô se déclara et amena la mort au bout du huitième mois. A Tautopsie, on trouva un kyste volumineux dans la partie inférieure de l'abdomen, au milieu de circonvolutions de l'intestin, contenant du pus et des matières fécales, et communiquant avec la partie inférieure du côlon. Dans la cavité pleurale gauche, on constatait doux épanchements distincts, circonscrits Tun à la parUe supérieure, l'antre à la partie inférieure de la cavité, entre le poumon et le diaphragme ; Il existait une déchirure do 3 centimètres en travers du diaphragme ; cette ouverture faisait communiquer l'abcès pleural inférieur avec un autre situé dans l'abdomen, derrière l'estomac, limité par la rate et le rein, contenant environ un demi-litre de pus. Il existait, en outre^ une déchirure partielle do 15 centimètres environ dans la partie du diaphragme formant les parois de cet abcès.
Dans cette observation, Tapparition de la douleur abdominale, suivie de diarrhée et de passage du sang dans les garde-robes, marque le moment auquel un abcès péritonéal circonscrit s'est ouvert dans le côlon, puis est devenu fécal par Tépanchement de matières fécales dans sa cavité.
Symptômes.
Les abcès fécaux sont trop différents, tant dans leur mode de formation que dans leur marche, pour permettre d*en faire un tableau symptomatique applicable à tous les cas. Beaucoup d'entre eux n'ont absolument rien de commun. On comprendra facilement ce fait, en se
(1) Voy. p. 290.
(2) C. Hawkins, Trans. Pat, Soc, t. I, p. ISO.
rappelant que les abcès primitifs ne sont autre chose qu'une complication d'un état morbide préexistant et que dans les abcès secondaires, l'élément fécal est un simple accident surrenant dans la marche d'un abcès développé par une cause quelconque; de même que dans d'autres conditions, l'ouverture d'un abcès dans une artère, une veine ou une articulation est une complication accidentelle. Aussi est-il aussi inexact de considérer un abcès fécal comme une forme de maladie mi generis, qu'il le serait de classer les autres comme des abcès artériels, des abcès veineux ou des abcès articulaires.
Comme tous les abcès fécaux sont décrits comme abcès intra ou extra péritonéaux, je ren verrai le lecteur aux symptômes des abcès abdominaux.
Cependant nous mentionnerons trois caractères spéciaux aux abcès fécaux, et bien qu'ils ne soient pas toujours présents, ils se montrent généralement à une période quelconque de la maladie.
i ^ Quand les matières fécales, liquides et solides, peuvent pénétrer dans rabcès, les gaz y vont également, aussi, outre la fluctuation, on constate un certain degré de résonnance ou de crépitation emphysémateuse. Lt présence de gaz dans ces abcès se manifeste souvent par l'échappement de bulles d'odeur fétide, dès qu'on ouvre l'abcès. Quand Tabcès est assez superficiel pour qu'on puisse pratiquer la percussion, ou pour qu'il forme une saillie, il sera mat, tant qu'il n'y aura pas de gaz ; mais s'il devient fécal par suite d'une communication avec l'intestin, des gaz y pénètrent.
2^ Quand après les symptômes ordinaires d'un abcès abdominal, on trouve du pus dans les selles, ou une certaine quantité de liquide, ou des garde-robes comme du mastic, ou s'il survient de la diarrhée avec du sang, ou des caillots dans les matières fécales expulsées, on peut conclure à l'existence d'un abcès communiquant avec l'intestin (1). Si, après ou au moment où ces changements s'observent dans les garderobes, une tumeur qui était mate auparavant devient tympanique,le diagnostic devieotpresque une certitude.
3<> Quand un abcès fécal atteint le tissu cellulaire sous-cutané, dans sa marche vers l'extérieur, on constate des signes de phlegmon diffus, plus marqués, s'accompagnant de troubles généraux, et de la dépression bien plus grande que dans les abcès non fécaux. L'indu-
(1) MorriF, The Lancet, 14 juillet 1883.
iU]
ABCÈS FÉCAUX. — TRAITEMENT.
ration des tissus s'accompagne de sensibilité, de douleur et de rougeur de la peau. Quand Fabcès atteint la surface, on peut constater une crépitation diffuse et un empâtement mou. Quelquefois il se forme une large bulle à la surface, et des plaques de la peau deviennent gangreneuses, s'escharifient et laissent une ouverture fistuleuse qui donne issue à du pus et à des matières fécales.
Les symptômes d'un abcès fécal peuvent être la première indication d'une maladie mortelle.
Thnmam (I) rapporte que, dans un cancer médolltire étendu du côlon transverse, les premiers signes de Taffection furent de la douleur, de la pesanteur, et de la sensibilité dans le côté droit de rabdomen. Ces symptômes cédèrent au bout de quinze Jours, et an bout de trois semaines apparut une tumeur circonscrite, du volume d*une orange, juste aa-dessaft de Tombilic. Au bout d'une semaine, elle devint fluctuante et la fluctuation s'accompagnait d'une crépitation emphysémateuse. On ouvrit cette tameur et il en sortit des gaz, du pus fétide et des caillots môles à des matières fécales. Quelques mois après la malade mourait d'un cancer de l'intestin, et an milieu du tissu cancéreux, il y avait une communication fistuleuse avec rabcès.Celui-ri était limité par répiploon et adhérait aux parois, au-dessous do l'ombilic. Une seconde communication entre l'intestin et l'abcès s'était formée au niveau du c«cum.
Pronostic.
Pour les abcès primitifs, le pronostic dépendra surtout de la cause de Tabcès. Pour les abcès secondaires, il est moins favorable. Nous rapportons Tobservation suivante, pour faire voir avec quelle rapidité un abcès fécal, môme de grande dimension, peut cicatriser :
Une femme de 22 ans, quinze Jours après avoir épronvé un frisson et de la douleur dans les régions iliaque et hypogas trique, eut un abcès qui s'ouvrit dans la région lombaire gauche, en donnant issue à 200 grammes de pus fétide. Trois Jours après, 2S0 grammes de matières fécales sortirent par l'indsion en même temps que du pus. En quelques Jours Tabcès se ferma et la femme fut complètement guérie. L'auteur de cette observation dit, a que c'est le seul cas qu'il ait vu, où, quelques Jours après l'ouverture d'un abcès dans les lombes, tout le contenu intestinal soit sorti à travers la plaie, et qu'après cela lin tes tin se soit cicatrisé d'une façon permanente et que la malade ait guéri en trois semaines (2).
(1) Thnrnam, TransactionB of the Pathological Society, Londres, t. 1, p. 265.
(2) briiûh médical Journal^ 22 août 1857, p. 709
Quand un abcès s'ouvre dans Testomac ou l'intestin, c'est souvent un moyen d'assurer la guérison, mais s'il y a échange de contenu et si les matières fécales pénètrent dans l'abcès, cela constitue au contraire une aggravation, même quand il existe une ouverture externe. Dans ces cas, il y a danger, i^ de toxémie; t^ d'épuisement par suite de suppuration prolongée; 3<* quand l'abcès détermine la formation d'une fistule fécale externe et que la communication avec l'intestin se trouve sur un point élevé de ce canal, il y a à craindre l'émaciation et l'inanition, résultant de l'issue du contenu intestinal. Il est encore à redouter que l'abcès ne s'ouvre dans la cavité péritonéale, ou que le pus ne s'étale sur une vaste surface, et ne détruise des organes importants, comme le pancréas, la rate, le rein, le poumon. Cependant, en dehors de l'inanition due à l'issue du contenu intestinal, aucune de ces complications n'est spéciale aux abcès fécaux.
Quelquefois la guérison se fait après la formation d'un trajet fistuleux, long et sinueux, et après que l'abcès s'est ouvert en plusieurs endroits, ou a détruit en partie un muscle tel que le psoas ou l'iliaque. Parfois, la mort arrive très lentement et longtemps après que l'abcès n'est plus qu'une ouverture fistuleuse; dans d'autres cas, la fistule se ferme, puis se rouvre, et il se forme un nouvel abcès sur son trajet. D'autres fois un abcès fécal atteint de grandes dimensions d'une façon insidieuse et silencieuse, puis se rompt tout d'un coup dans le péritoine, en causant une mort subite.
Traitemant.
Au début, le traitement des abcès fécaux ne dififère pas de celui des autres abcès. Dès qu'il y a des signes d'épanchement de matières fécales ou de suppuration, il faut faire une ouverture. Ou emploiera les désinfectants, les irrigations, et Ton changera souvent les pansements. On calmera les douleurs à l'aide des opiacés, et l'on entretiendra les forces avec des toniques, une bonne alimentation et des boissons alcooliques.
Quant à la cause de l'abcès, il faut autant que possible, la faire disparaître ; quand cela est impossible, l'intervention chirurgicale pourra du moins soulager le patient, prolonger la vie ou môme aboutir à l'occlusion de l'abcès. Quand celui-d est dû à une réduction en masse, il faut mettre l'intestin à nu, faire des irrigations antiseptiques, et suturer ensemble les bouts de l'intestin après en avoir enlevé les parties gan-
HENRY MORRIS. — MALilDIES ET LÉSIONS DE L'ABDOMEN.
[il2
grénées. Quand la cause de Tabcès réside dans la présence de Tappendice cœcal dans un sac herniaire, le traitement consiste à enlever la partie malade de l'appendice, puis à fermer par des sutures la partie sectionnée en ayant soin d'invaginer les parois de façon à ne pas faire affronter deux surfaces muqueuses avec les sutures.
Les abcès situés dans la fosse iliaque et se développant par une affection cœcale ou pericœcale, ou par une maladie de TS iliaque, de vront être traités en faisant une ouverture externe de bonne heure. Dans ces cas, il faut se décider ou à laisser le patient mourir, ou à sayer de le soulager par l'opération (i).
HYDATIDES DU MÉSEiNTÈRE ET DE L'ÉPIPLOON.
Ces tumeurs hydatiques surviennent, soit seules, soit en même temps que celles du foie.
Une femme de vingt-cinq ans, qui venait de tomber par une fenêtre, entra à TLôpital avec un certain nombre de fractures. Elle mourut et, à Tautopsie, on trouva une tumeur hydatique du volume d*un petit caillou dana le mésentère. La capsule du kyste était d'une dureté cartilagineuse et le contenu était formé d'une masse caséeuse demi-liquide, de couleur Jaune pâle. Les parois du kyste étaient tapissées intérieurement de plaques calcaires. C'était un cas de guérison spontanée dliydatides du mésentère.
Wickham Legg (2) a publié un cas de kyste hydatique de répiploon.
Ce kyste était rempli de vésicules filles et était adhérent à TS iliaque ; il exisuit en outre trois kystes dans le foie et un autre du volume d'une tète d'enfant entre le rectum et la vossio. La mort fut causée par un ictère prolongé dû à la compression du canal hépatique.
Murchlson a publié deux observations où de nombreux kystes hydatiques s'étaient développés dans le
mésentère, l'épiploon et autres portions da péritoine. Dans un cas l'affection avait débuté par le foie, dans un autre cela est douteux.
Ces tumeurs hydatiques péritonéales, quand elles sont assez volumineuses pour être découvertes, se présentent sous forme de tumeurs lisses, élastiques, indolentes et mobiles. Quand elles sont nombreuses ou isolées, mais de grandes dimensions, il peut y avoir des accès de douleurs abdominales, de vomissements, de dyspnée, de Tascite et autres phénomènes de compression. La tumeur peut être lobulée ou uniforme, selon qu'il existe plusieurs ou une seule tumeur.
Le traitement consistera dans la ponction ou l'enlèvement du kyste par la laparotomie. Quoiqu'il soit impossible d'enlever tous les kystes, quand ils sont nombreux, la ponction permettra toujours de soulager le malade et de prolonger la vie.